Source LETOGOLAIS.COM - 15/12/2019

Togo : Point sur les candidatures aux présidentielles « verrouillées » par le pouvoir

Prévues pour Février 2020 au Togo, les élections présidentielles menacent d’enrayer la machine à candidatures. En sus de postulants rompus à ce rendez-vous, les togolais observent avec un amusement non-feint la liste des prétendants à la magistrature suprême s’étirer. Alors que la candidature de Faure Gnassingbé l’actuel chef de l’Etat ne fait plus l’ombre d’un doute, voici un premier tour de piste succinct » des « prétendants » à une compétition courue d’avance.

-Jean-Pierre Fabre : déjà candidat en 2010 et en 2015, il se remet cette fois-ci dans les starting-blocks, officiellement pour « poursuivre la lutte commune de libération du Togo et du peuple togolais ».Après avoir boudé les législatives de décembre 2018, le Président national de l’Alliance nationale pour le changement(ANC) est actuellement maire d’une commune de la capitale Lomé. Arrivé second lors du dernier scrutin présidentiel en 2015, il a été crédité de 35,19% derrière Faure Gnassingbé. L’ex chef de file de l’opposition est revenu de ses illusions de rallier ses colistiers à sa candidature et a dû se résoudre à quitter la C14, une coalition de partis politiques à la suite de nombreuses divergences.

-Gerry Taama : le président du Nouvel engagement togolais(NET) en est sa deuxième tentative. Opposant autoproclamé quand ça l’arrange, il se singularise assez régulièrement par un discours acerbe contre une classe politique jugée trop radicale. L’ancien officier de l’armée togolaise brandit ses 1,03% acquis lors de l’exercice précédent comme un signe fort de son entrée par effraction sur la scène politique togolaise…actuellement député à l’Assemblée nationale, il n’a pas hésité à annoncer avant tout le monde sa candidature aux prochaines élections. Juste pour la forme ou comme il le prétend lui-même « pour mobiliser des moyens » ?

-Agbéyomé Kodjo : L’ancien président de l’Assemblée nationale, puis premier ministre de l’ère Eyadéma( père de l’actuel locataire de de la présidence togolaise), d’autres paramètres entrent en ligne de compte dans l’algorithme politique togolais : des relents de souffre laissés sur son chemin de Damas et une propension à jouer au ventilateur par moments sont généralement évoqués pour justifier sa mise à l’index. Il s’est déjà frotté au testeur présidentiel en 2010 avec un score de 0,9% au final. Une pilule qui a eu du mal à passer et qu’il espère dissoudre dans un nouvel essai.

-Ekoué Kpodar : Le Président de CODITOGO, une association de la diaspora togolaise, totalement inconnu au bataillon, cet ancien de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest(BCEAO) et du FMI jouit pour le moment de la mansuétude avec laquelle on accueille les nouveaux venus. Ses premières déclarations candides trahissent cependant une méconnaissance totale de ce qui fait justement la complexité du paysage politique togolais.

A ces annonces de candidature, s’ajoutent une dizaine d’autres d’illustres inconnus et qui sont jugées plutôt fantaisistes par une opinion togolaise peu coutumière de cette ambiance de cour de récréation. En attendant la validation de ces candidatures par la cour constitutionnelle, Faure Gnassingbé devrait confirmer la sienne « avant les fêtes de fin d’année » selon une source proche de la présidence togolaise. Avec d’autres postulants en perspective provenant des rangs de l’opposition et de la société civile, la liste des prétendants à la magistrature suprême pourrait facilement dépasser la vingtaine pour des élections présidentielles sans suspens. Le dispositif électoral ne laisse planer aucun doute sur l’issue d’un scrutin organisé autour d’un objectif affiché : la conservation du pouvoir dans le giron des Gnassingbé et la reconduction de Faure Gnassingbé.

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