Source L'AUTEUR - 25/10/2017

Togo : Lettre ouverte de TETE Godwin au Président Emmanuel Macron

LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE MONSIEUR EMMANUEL MACRON, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

L'Humanité progressiste va-t-elle laisser Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé commettre un génocide au Togo ? !

Par Godwin TÉTÉ

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
[Constitution française de l'an 1, 24 juin 1793, article 35.]

Au petit matin du funeste dimanche 13 janvier 1963, au grand dans de tous les Peuples africains, le tirailleur Gnassingbé Eyadéma – de retour des guerres du Viêtnam et d'Algérie – déclara qu'il venait d'abattre froidement le Père de la Nation togolaise : Sylvanus Kwami Epiphanio Olympio. Puis, de fil en aiguillé, il s'empara du pouvoir d'État au Togo le 14 avril 1967. Et, en dépit de toutes les tentatives des démocrates togolais pour mettre fin à son despotisme obscur, celui-ci allait durer jusqu'au 05 février 2005 : date du décès de Gnassingbé Eyadéma.

Alors que le Peuple togolais se mit à se réjouit et à aspirer à un avenir meilleur, un quarteron d'officiers militaires se pointa à la Télévision et présenta Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé (fils de Gnassingbé Eyadéma) comme le nouveau Chef d'État du Togo. Il s'ensuivit un énorme Tohu-bohu. Pratiquement tous les Chefs d'État africains, pour une fois, furent unanimes à rejeter une monarchisation sur notre continent. Le Président du Nigeria, Olasegun Obasaujo, alla jusqu'à obtenir de l'Assemblée nationale de son pays l'autorisation d'envoyer des troupes au Togo en vue d'y ramener l'ordre républicain le cas échéant... Le Secrétaire général de l'Union Africaine : Monsieur Alfa Oumar Konaré remua ciel et terre pour empêcher cette monarchisation de la République togolaise.

Mais, à partir du moment où Monsieur le Président Jacques Chirac leva la voix pour exiger la mise de Faure Essozimna Gnassingbé au pouvoir d'État — parce que, disait-il, son père était son ami — le monde entier s'aligna sur son bon vouloir...

On est dès lors en droit, Monsieur le Président, d'affirmer que c'est bel et bien lui qui nous a imposé Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé comme Chef d'État au Togo.

La résistance pacifique du Peuple togolais à cette accession au pouvoir d'État nous coûta, selon respectivement les Nations Unies et la La ligue Togolaise des Droits de l'Homme (LTDH), 500 (cinq cents) et 800 (huit cents) vies humaines, des milliers de blessés, ainsi que plus de 100.000 (cent mille) réfugiés dans les pays avoisinants.

En matière de développement humain, tout ira de misérabilisme en misérabilisme...

Voilà pourquoi, à compter d'août 2017, le Peuple concerné, de guerre lasse, s'est lancé dans une farouche insurrection. Alors, le régime éyadémao-gnassingbéen a remis en branle sa STRATÉGIE DE LA TERREUR à présent bien huilée ! À telle enseigne que, si nous n'y prenions garde, nous risquerions d'assister, impuissants, à un VÉRITABLE GÉNOCIDE (!!!) de la part de ce régime.

Excellence Monsieur le Président, puisque, en dernière analyse, il apparait que c'est Monsieur Jacques Chirac qui a imposé Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé à la tête du Togo, et en vertu du principe de la continuité de l'État, j'ose prendre la liberté de vous supplier de bien vouloir user de toute votre influence pour qu'il CÈDE, sans délai, en douceur, sans verser outre mesure le sang du brave et pacifiste Peuple togolais.

Je vous en remercie infiniment par anticipation, et vous prie d'accepter, Excellence Monsieur le Président, les assurances de ma très haute considération.

Paris, le 20 octobre 2017

Godwin TÉTÉ Togolais et Français
Ancien fonctionnaire international des Nations Unies
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