Source TRIBUNE LIBRE - 19/08/2017

Togo : Peuple togolais ! disons courageusement NON à Faure Gnassingbé

Par Godwin Tété

« Quand on refuse on dit non » Ahmadou Kourouma

Gnassingbé Eyadéma, c'est l’homme qui, manipulé, instrumentalisé par la Françafrique foccartiste, proclama haut et fort avoir, au petit matin du funeste dimanche 13 janvier 1963, froidement, impunément abattu Sylvanus Kwami Epiphanio Olympio : Père de la Nation togolaise!

Porté au pouvoir d'État par cette même Françafrique en 1967, cet homme aura régné 24 (vingt-quatre) bonnes années sur la Terre de nos aïeux. D'une main d'acier, sans partage. En 1991, il sera contraint par notre Peuple à lui concéder une historique, mémorable Conférence Nationale Souveraine (CNS): 08 juillet/28 août 1991. L'objectif et la décision premiers, fondamentaux de ces Assises le résument ainsi: INSTITUER AU TOGO, À JAMAIS (!), UN ÉTAT DE DRIOT (!!!) ET TOUT CE QUE CELUI-CI IMPLIQUE, COMPORTE...

Mais, le 03 décembre de cette même année 1991, Gnassingbé Eyadéma attaqua la primature de Joseph Kokou Koffigoh, à coups d'armes lourdes de guerre – d'armes des plus sophistiquées, des plus modernes... Et, de la sorte, il mit fin, de facto, au nouveau processus de démocratisation accouché de ladite Conférence Nationale Souveraine.

Le 31 décembre 2002, par le truchement d'une soi-disant Assemblée nationale monocolore, univoque: à vrai dire une simple caisse de résonance acquise à sa «cause», le tristement célèbre «timonier» modifia la Constitution de notre IVe République en y gommant la limitation du nombre des mandats présidentiels, en y réduisant l'élection présidentielle à un seul tour, etc. Ce faisant, Gnassingbé Eyadéma asséna le coup de grâce au processus de démocratisation inauguré par notre Loi fondamentale plébiscitée par notre Peuple à 99,17% (!!!) en date de 27 septembre 1992.

Le 05 février 2005, suite aux décès de Gnassingbé Eyadéma, des «officiers» de l'armée prétorienne du Togo, par le biais d'un coup d'État à la fois militaire, constitutionnel et électoral - et en cela soutenus par Jacques Chirac - nous imposèrent le fils du «timonier»: Faure Essozimna Gnassingbé comme chef d'État. Avec une perte de 500 (cinq cents) à 800 (huit cents) vies humaines, suivie d'un exode massif de nos concitoyens...

Cela allait nous conduire à l'APG (Accord Politique Global) paraphé à Quagadougou (Burkina Faso) le 19 août 2006 et signé à Lomé le lendemain 20 du même mois. Avec, comme but principal, crucial, la Résurrection (!!!) de la Constitution de notre IVe République telle que née de notre CNS, c'est - à -dire la RÉINSTITUTION DE L'ÉTAT DE DROIT (!!!) SUR LA TERRE DE NOS AÏEUX…

Alors, au bout de 11 (onze) longues années (!) de diversion, de fuite en avant, de dilatoire, de supercherie, de coup de force permanent, voici que Faure Gnassingbé envoie sillonner tout le territoire togolais une équipe baptisée «HCRRUN» changée de nous extorquer (!) un «oui» visant une réforme qui lui permettrait de demeurer aux rêves du pouvoir d'État indéfiniment!

Mais, Peuple togolais (!), puisque nous ne sommes point des masochistes…, répondons du tac aux tac à Faure Gnassingbé. Par exemple, les États-Unis d'Amérique qui, dès lors naissance en 1787, adoptèrent la limitation du nombre des mandats présidentiels à deux, s'avèrent de nos jours la plus grande puissance du monde… Par ailleurs, les tenants du RTP/UNIR nous rabâchent les oreilles que, faute de moyens financiers, on ne saurait se payer le «luxe» d'élection présidentielle à deux tours. Mais si Faure Gnassingbé était si sincèrement préoccupé, si patriotiquement soucieux des finances du Togo, pourquoi, comme le montre le tableau ci-après, le budget de sa présidence connaît-il un accroissement annuel aussi spectaculaire depuis 2013?! Pourquoi les «FAT» (Forces Armées Togolaises) prétoriennes et relativement pléthoriques (!) reçoivent-elles une part de lion aussi notoire du Budget national, cependant que notre pays n'est nullement menacé par un ennemi extérieur ?! Pourquoi La Santé Publique, L'Éducation Nationale et l'Agriculture se retrouvent-elles aussi visiblement (!) négligées ?!


Tableau : évolution de dépenses publiques sectorielles de 2013 à 2017 en milliards de FCFA
Accroissement en % en 2017 par rapport à 2013

ANNÉES
Dépenses Sectoriels en Milliards 2013 2014 2015 2016 2017 %
Hôtel du président de la république 3,329 3,830 4,662 4,994 8,068 142,35
Ministère de la défense 35,769 42,492 41,797 48,637 51,914 45,13
Ministère de la santé 35,410 45,838 44,047 50,729 57,459 62,26
Ministère de l'enseignement
primaire et secondaire 42,824 51,915 87,811 95,704 101,994 138,17
Ministère de l'enseignement
technique et de la formation professionnelle 6,611 7,268 9,134 9,695 10,207 54,39
Ministère de l'agriculture 29,01 36,560 21,917 76,613 51,091 76,11
Ministère de l'enseignement supérieur 21,613 23,675 21,422 24,978 25,574 18,32
Budget total/an 694,02 829,87 803,719 1002,162 1218,72 75,60

SOURCE : Les prévisions des budgets de l'Etat gestion 2014; 2015; 2016 et 2017

PEUPLE TOGOLAIS ! GLOBALEMENT (!), DISONS NON (!!!)À FAURE ESSOZIMNA GNASSINGBÉ

Paris, le 14 août 2017
Godwin Tété

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