Source TRIBUNE LIBRE - 08/05/2017

Togo : Lettre ouverte à Gilchrist Olympio à propos de l'insalubre CHU Sylvanus Olympio de Lomé

Mr Gilchrist Olympio et Cher parent,

J’ai milité à vos côtés pendant longtemps dans l’UFC. Mais vous avez pris une autre voie à un moment donné pour soi-disant enterrer la hache de guerre et aider le gouvernement à développer le pays,et faire les réformes nécessaires. C’est une décision qui vous honore, mais que moi je n’ai pas apprécié parce que je n’y croyais pas du tout. J’ai donc décroché. Aujourd’hui les faits me donnent raison. Depuis cette date il n’y a pas eu un grand changement ; sauf la voirie qui s’améliore, mais je ne sais pas si la réfection des routes se fait pour améliorer le quotidien des togolais ou pour simplement accueillir les conférences internationales, si c’est le cas il n’y a pas de cohérence. Dans tous les cas c’est un acquis. Il va falloir maintenant les entretenir.
Lors de la célébration du 57ème anniversaire de l’indépendance du Togo, je vous ai vu avec le chef de l’Etat, les dignitaires du pays, et des invités, inaugurer une exposition à la mémoire du père de l’indépendance, feu le Président Sylvanus Olympio.

C’était très émouvant de se replonger dans l’histoire pour voir ce digne fils du Togo, ce visionnaire qui a tant lutté pour l’indépendance de notre chère patrie. Ce patriote qui a été sauvagement abattu comme un chien sur un trottoir à quelques mètres de sa résidence à l’aube du 13 Janvier 1963.

Cher Gilchrist Olympio, cher Brother Gil, il y a au Togo sur la terre de nos aïeux et donc à Lomé précisément un hôpital qui porte ce nom prestigieux : SYLVANUS OLYMPIO.

Ce que j’aurais aimé voir, c’est un bloc opératoire flambant neuf.
Ce que j’aurais aimé voir, ce sont des lits d’hôpitaux neufs en nombre suffisant prêts à accueillir des malades.
Ce que j’aurais aimé voir, ce sont des chambres refaites.
Ce que j’aurais aimé voir, ce sont des toilettes dignes de ce nom pour satisfaire les besoins des malades.
Ce que j’aurais aimé voir, c’est une pharmacie avec des médicaments de premiers soins pour ce CHU,
Ce que j’aurais aimé voir, ce sont des appareils radiologiques prêts à fonctionner et non des nids de cafards.
Ce que j’aurais aimé voir, cher Gilchrist Olympio c’est une morgue capable de recevoir dignement la dépouille des personnes que le Seigneur a rappelé auprès de lui. A ce propos, au décès de ma propre mère, paix à son âme. Je voulais à mon retour aller voir son corps dans cette morgue, il a fallu enjamber des corps alignés à même le sol pour accéder à son casier. Une fois arrivé et le tiroir ouvert, quelle surprise ! Deux corps disposés tête-bêche. C’était trop dur, nous étions en Mars 1998. Depuis les choses n’ont pas changé.

L’étranger qui débarque à Lomé rentre dans une aérogare très accueillante neuve avec des infrastructures nouvelles, c’est beau, c’est joli, c’est une belle vitrine pour notre pays. Mais notre étranger pour aller à son hôtel il prend un taxi et par malheur fait un accident de la circulation. Où va-t-on l’amener ? Au CHU Sylvanus Olympio. Et là-bas ? Imaginez vous-même la suite.

Usez de votre influence si vous en avez encore sur ce régime pour la réfection de cet hôpital. Ce ne sont pas les moyens qui manquent, tous les togolais le savent. Le pouvoir et ses affidés gaspillent l’argent à d’autres fins, et c’est déplorable. Ils préfèrent prendre l’avion pour aller se faire soigner à l’étranger. Mon souhait cher Gilchrist Olympio c’est de vous voir pour le 60ème anniversaire de l’indépendance du Togo avec le Président de la République quel qu’il soit, couper le ruban inaugurant cet hôpital refait et flambant neuf. Mais trois ans c’est trop long. Beaucoup de vies vont encore passer à trépas dans cet hôpital, car il faut le dire et c’est triste ; cet endroit n’est pas un lieu de soin. C’est UN MOUROIR.

Mais si ce n’est pas possible de faire la réfection de cet hôpital, cher Gilchrist Olympio, cher Brother Gil, de grâce faites enlever ce nom à cet hôpital. Il n’est pas digne de le porter dans cet état.
Recevez tout de même mes salutations fraternelles.

Jérémie AMEGASHIE

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