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L'AUTEUR - 20/09/2018 Imprimer | Envoyer | Réagir

Elections au Togo : Vers un nouveau Haut Ogooué à la togolaise ?


Des extraits du rapport de la Mission d’expertise électorale de l’UE sur la présidentielle du 25 avril 2015 circulent sur les réseaux sociaux depuis quelques jours.

Il est important de faire remarquer que Synergie-Togo fait ce type d'analyse depuis le cycle de conférence qui s’est tenu à Paris de février à octobre 2009, soit avant l’élection présidentielle de 2010. La systématisation, à chaque élection depuis 2010 de l’analyse du taux d'enrôlement, du taux de participation et des résultats des différents candidats par préfecture fait suite au triptyque « Mieux voter, Bien compter, Vrai restituer » au cours duquel l’association a décortiqué, pour chacune des trois phase clés du processus électoral, les réformes et améliorations à apporter en vue de créer les conditions de la tenue d’élections libres, transparentes et démocratiques au Togo. Les mises à jour de ces analyses, pour les élections présidentielles de 2010 et 2015 ainsi que pour l’élection législative de 2013 ont régulièrement fait l’objet de publication de Synergie-Togo, sous forme de communiqué et de notes de situation publiés sur le site internet de l’association et adressés aux décideurs nationaux et internationaux, ainsi qu’à la presse.

A leur demande, nous avions transmis les fichiers Excel sur lesquels nous fondons nos estimations de population totale, de population en âge de voter de corps électoral « raisonnable » et donc d’anomalies de taux d’enrôlement aux responsables des desk Togo au Quai d'Orsay (en 2013) et à l’EEAS (Union Européenne en 2014. C’est dire si ces instances, de même que la délégation de l’UE au Togo, savent précisément comment les élections se passent au Togo.

La mission d’expertise de l'UE n’a fait que décrire ce que le système Gnassingbé a réussi à institutionnaliser depuis les élections calamiteuses de 2005 à savoir le saupoudrage sur plusieurs préfectures, de la multiplication d’un taux d’enrôlement exorbitants, par un taux de participation qui monte en flèche par rapport à la moyenne nationale et par des suffrages pharaoniques attribués aux candidats RPT-UNIR. Il ne reste ensuite plus à faire générer par le logiciel « Succes » du sieur Clément Aganahi, des faux résultats par CELI qui sont produits par une fabrique de faux PV de CELI localisée à Lomé. Les comptables connaissent bien le fonctionnement de la balance carrée qui permet de justifier à posteriori, les résultats que le système Gnassingbé souhaite s’attribuer.

Et si parfois la balance carrée ne tourne pas tout à fait rond, la Cour Constitutionnelle veille au grain et publiera les résultats définitifs autant de fois qu’il faudra pour que les chiffres bouclent. Par exemple, savez-vous que la Cour Constitutionnelle a publié les résultats de l'élection présidentielle de 2015 7 fois de suite ? La dernière correction avait pour but de retirer les 7 spécimens qui s'étaient retrouvés dans l'une des urnes vérifiées.

Et comme par miracle, nous cherchons en vain depuis 2 mois, le site de la Cour Constitutionnelle du Togo où nous allions auparavant consulter les décisions et chercher les résultats officiels des élections. Il a simplement disparu des radars, Google, les liens qui orientaient vers la Cour affichent tous le message « ce site est inaccessible ». Il reviendra certainement sous peu, toiletté et débarrassé des preuves de la forfaiture de cette juridiction qui a perdu son indépendance depuis la réforme constitutionnelle de 2002 et toute crédibilité depuis que Kofi Souza a fait dire à son Président sur le portail national Republic of Togo que la page de l’APG est tournée avec l’élection législative de 2013.

Cela fait donc longtemps que le syndrome du Haut Ogooué sévissait au Togo, et que Synergie-Togo le dénonçait en vain. Ce que les Gabonais ont réussi à faire en 2016 a consisté à garantir une ferme présence dans les bureaux de vote et à mettre en place un système sophistiqué et inviolable de collecte et de compilation des résultats de tous les bureaux de vote, ce qui a contraint les partisans d’Ali Bongo à concentrer la fraude sur une seule province le Haut Ogooué.

Les activistes Gabonais avaient fait des copies d'écran de la page Wikipedia qui donnait la population du Haut Ogooué. Et brutalement, pendant que les résultats de cette province étaient aux abonnés absents pendant plusieurs jours, ils ont vu la population de cette province doublée comme par miracle. Et autre miracle, les résultats tel que publiés par le ministère de l’Intérieur, faisait état d'un taux de participation de 99,93 % dans le haut Ogooué, avec 95,47 % des suffrages attribué au président Ali Bongo.

Ce que les Gabonais ont contraint Ali Bongo à faire de manière grossière sur une seule province, ne l’a pas certes pas empêché de se maintenir au pouvoir jusqu’à présent. Mais l’Union Européenne, Mo Ibrahim … tout le monde sait que Ali Bongo n’a pas gagné les élections de 2016.

Pour Synergie-Togo comme pour le peuple togolais, il est désormais clair, que le système RPT-UNIR ne peut pas organiser des élections pour les perdre. Et comme il est hors de question de laisser Faure Gnassingbé s’attribuer les 4/5 des sièges qu’il veut à l’assemblée nationale, chaque togolais sait donc précisément ce qui lui reste à faire.

Brigitte Ameganvi
Ancienne Présidente de Synergie-Togo
Respectueuse de la limitation des mandats

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