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L'AUTEUR - 05/10/2017 Imprimer | Envoyer | Réagir

La sale guerre au Togo


Pour atteindre de grands objectifs, nous devons oser de grandes choses.
Carl von Clausewitz, De la guerre



LA SALE GUERRE AU TOGO

Le peuple togolais vit depuis plus de 50 ans sous la férule d’un clan constitué en régime politique dictatorial qui s’appréhende comme une monarchie héréditaire déguisée en République. A l’ombre tutélaire d’une armée tribale érigée en garde prétorienne le régime est prompt à réprimer, à assassiner, à embastiller et à étouffer toute velléité de contestation de l’ordre d’airain établi.

Ainsi va le Togo et ses 7,5 millions d’âmes sous un ordre dictatorial tourné vers la satisfaction des intérêts mafieux de ses protecteurs extérieurs et le pillage interne à tour de bras des ressources disponibles pour le développement de la nation. Pour l’oligarchie mafieuse, arrogante et médiocre le pouvoir de l'Etat est un butin. L’intérêt du peuple est passé depuis longtemps par pertes et profits. Les gouvernants n’en font qu’une guigne. Maltraité, martyrisé, sous alimenté et abonné au mal-vivre et au mal-être, le peuple togolais a fini par accepter sous la conduite du PNP de M. Atchadam depuis le 19 août 2017 l’évidence de la guerre véritable dont il est l’objet depuis 50 ans et dont les effets l’ont ruiné et désespéré.

UNE GUERRE ASYMETRIQUE IMPOSEE AU PEUPLE

Il faut le reconnaître, la dictature régnante au Togo livre une véritable guerre asymétrique à son peuple depuis 50 ans. Une guerre meurtrière, servie par des moyens colossaux et des armes redoutables tournées contre le peuple et financées par le contribuable lui-même.

Il s’agit de la guerre la plus sale qui soit. Celle que l’on fait à son peuple et qui repose sur la délation, la filature, le meurtre et la torture de tous ordres et en toute impunité.

Le peuple gouvernable pour ses dirigeants autoproclamés à la suite d’élections factices ne saurait être qu’un peuple aphone, terrorisé et intimidé. Son seul apport ne saurait être que l’offrande de sa résignation, de son labeur, de sa santé et de son sang. Son honneur devrait être piétiné sans qu’il puisse se rebeller et le prince doit avoir un droit absolu de vie et de mort sur les sujets togolais.

Ce peuple, longtemps tenu sous l’éteignoir, s’est relevé. Il demande désormais des comptes. Il veut recouvrer sa liberté et sa dignité. Il ne veut plus ployer, courber l’échine, pleurer ses enfants fauchés par brassées entières. Le Togo veut revenir à la normalité démocratique, renouer avec l’espoir d’un avenir radieux pour le bonheur de tous ses enfants.

Le peuple assis, s’est mis debout. Inattendûment debout ce 19 août 2017 et ne compte plus se rasseoir sans rentrer dans son droit, sans retrouver sa constitution de 1992 et surtout sans avoir la maîtrise de sa souveraineté qu’il délègue à ses fils les plus méritants pendant une durée limitée dans la temps. Bref, le peuple veut retrouver sa fonction de peuple, ses prérogatives et le plein exercice de ses droits. Il veut vivre et désormais ne plus mourir des mains de certains de ses fils assoiffés de pouvoir, cupides et prompts à le blesser de toutes les façons.

Le peuple togolais accepte à présent la guerre que certains de ses enfants lui ont déclarée. Qu’il a feint longtemps de ne pas voir puisqu’il n’a jamais voulu se la voir imposée. Le Togo dans sa vertu de mère nourricière n’a pas voulu rentrer dans le cercle infernal et forcément dévastateur de la mort en maraude que ses enfants égarés lui ont toujours proposé. Cette sagesse légendaire a toujours été interprétée par ces fils de perdition comme une autorisation à piller et une licence au crime. Les caciques du pouvoir vacillant en place à Lomé II sont encore et toujours dans la même logique guerrière. Messieurs Tchao et Trimua ne font que reprendre en écho le seul langage, celui de la violence, de la guerre et du sang, que connaisse la dictature du Togo.

Le peuple a dit Oui. Il accepte le combat, le cœur déchiré, il rentre néanmoins dans la guerre que lui livre certains de ces enfants, pour les sauver tous, y compris les renégats. Il accepte à présent la guerre sans l’avoir choisie. De guerre lasse face à l’entêtement obstiné des fossoyeurs de la nation, il se ceint les reins. Il va vaincre, car aucun de ses fils ne peut la vaincre. Il rentre dans l’arène, mais à ses conditions. Il refuse de se laisser imposer le choix des moyens. C’est donc par la force de ses entrailles, la clameur de ses enfants dociles aux mains nues et à la voix claire qu’il compte ramener la liberté et la prospérité pour tous. Le pacifisme au cœur et la vérité en ceinture. Les provocations et les tentatives désespérées de le faire rentrer dans le cercle de la violence ne l’intéressent pas. Il sait, lui, le prix du sang et la nécessité de rompre les liens délétères et morganatiques de certains de ces enfant avec les marchands d’illusion et de mort qui rôdent et charognent les fils désunis.

DE LA NECESSITE D’ALLER AU BOUT

Aujourd’hui, le peuple debout dans tous les coins du pays n’a plus le droit de s’asseoir, de reculer, de se résigner sans parvenir à ses fins ultimes : ramener le bonheur et la prospérité pour tous ses enfants. Chers togolais, l’heure de la victoire a sonné. Les enfants de la nation se sont enrégimenté et ont porté sous tous les cieux et auprès de toutes les institutions internationales les légitimes doléances du peuple martyr.
Il s’agit maintenant, plus nombreux encore, d’aller plus loin, plus fort, plus haut jusqu’à la victoire finale. Arrêter enfin la révolution des bas-fonds, rentrer de plain-pied dans la guerre et marcher résolument sur les institutions. Le peuple a accepté le combat. Il a accepté la guerre et il sait qu’aucune guerre ne se gagne sans stratégie et sans prises de guerre qui constituent autant de places fortes et de positions à défendre et à élargir. Le peuple est souverain. Le Togo appartient au peuple togolais. Il ne fait que rentrer dans ses droits et retrouver ses titres de propriété dont on l’a si indûment frustrés et pendant si longtemps.

Ne pas faiblir. Ne pas reculer. Le souffle qui retombe et l’ardeur qui faiblit préparent un avenir funeste et de sombres lendemains de vengeances, d’assassinats ciblés et de meurtres, de représailles dont les villes de Mango, Bafilo et Sokodé ne sont que de pâles préfigurations. Les exilés d’une telle satrapie « offensée » se compteront encore par milliers et les ténèbres de notre cher pays s’épaissiront un peu plus.

Alors debout ! Chers frères et sœurs, mère patrie nous appelle. L’heure n’est plus aux tergiversations et aux calculs d’apothicaire. Le sang innocent a trop coulé. Le malheur a trop frappé ce peuple laborieux. La vie a trop souvent déserté notre verte prairie. Nos sourires lumineux et clairs se sont trop souvent évanouis. La faim nous a trop longtemps taraudé. Et notre pitance incertaine nous a trop souvent emporté.

Que ces paroles du deutéronome 30, 19 sonnent dans nos cœurs et nous confortent : « Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance ». Dieu même combat le bon combat de la vie à nos cotés. De qui aurions-nous peur ?


Jean-Baptiste KOMI


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