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CDPA - 21/08/2017 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo : Pour Brigitte Adjamagbo(CDPA) « OUI le temps pour tergiverser est derrière nous »


Togo : Pour Brigitte Adjamagbo(CDPA) « le temps pour tergiverser est derrière nous »

Lors de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) a tenu le dimanche 20 aout à Atakpamé la Secrétaire générale, Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson a lancé un appel d’union à toutes les forces démocratiques pour abbattre la dictature qui perdure au Togo depuis plus de 50 ans.


Déclaration

Je suis très heureuse de vous retrouver, mais mon plaisir est étouffé par la violence programmée et exécutée par le pouvoir d’Etat contre nos frères et sœurs, dont le seul tort est de vouloir marcher pacifiquement pour dire à ceux qui volent nos votes, que trop c’est trop. Mon cœur est meurtri ! Je l’ai dit dans le message que j’ai envoyé hier à notre frère Tikpi Atchadam. Pendant cinquante ans, les forces dictatoriales et prédatrices nous ont tout pris et mis le Togo en panne.

Professeur Goeh Akué a largement expliqué comment ce régime cinquantenaire s’est appliqué à créer des problèmes sociaux qui ne cessent de s’amplifier ; comment il a tué notre école, cette fierté africaine ; comment il a transformé en mouroir la plupart de nos formations sanitaires où le courage du personnel soignant ne suffit plus. En un mot il nous a dit comment ce système a plongé les togolais et les togolaises dans la misère noire et la pauvreté et a fait du Togo, la terre de nos aïeuls, la risée du monde.

Pascal Adoko nous a dit pourquoi nous devons revenir sur la constitution de 1992 et faire ensemble et consensuellement les réformes que nous impose l’accord politique global signé depuis 2006, 11 ans aujourd’hui. Il vous a également dit pourquoi nous devons mener à bien la décentralisation et aller aux élections locales justes et transparentes.

Population de l’Ogou
Avant de revenir sur les dramatiques évènements d’hier qui se poursuivent encore aujourd’hui, permettez-moi d’ajouter que le régime cinquantenaire, dans l’anéantissement du Togo, n’a épargné aucune localité y compris l’Ogou.

Il pose des actes ou encourage dans plusieurs préfectures des problèmes fonciersqui divisent les communautés. Dans l’Ogou, après Djéréhouyè, c’est la lettre du ministre de l’administration territoriale, des collectivités locales et de la décentralisation, se fondant sur un décret flou de déclaration d’utilité publique qui ordonne à la CEB d’élargir la zone de préemption du réservoir du Barrage de Nangbéto de cinq kilomètres à dix kilomètres. Aussitôt dit, aussitôt fait ; des topographes sont envoyés pour délimiter ce nouveau périmètre du barrage de Nangbéto ; rétrécissant la surface de terres cultivables. Ce régime veut que nos agriculteurs dans la zone aillent cultiver où ?

Ce régime par son silence encourage aussi la pratique de la pêche dans le Barrage de Nagbétopar certains privilégiés au détriment des natifs de la localité ; c’est aussi une injustice
Je ne peux pas passer sous silence la question de l’engrais, qui est vendu et livré sans difficulté aucune à certains agriculteurs alors que d’autres doivent faire les pieds et des mains pour l’acheter.

Je fais observer aussi qu’alors que de nombreux bas-fonds au Togo et spécialement dans l’Ogou sont des opportunités pour développer l’agriculture et régler un tant soit peu la question de l’emploi en milieu rural, ce régime cinquantenaire préfère distribuer des houes ici, parlant de développement à la base, mais laissant les paysans arracher très péniblement leur revenu de terres pauvres. Pendant ce temps ce régime ne sait pas quoi faire de l’argent que FIDA nous a octroyé pour développer l’entreprenariat agricole, au point que ce dernier menace de rapatrier ses fonds. Comment comprendre ceci ?Sinon maintenir nos pauvres agriculteurs et nos jeunes dans la misère afin d’en faire du bétail électoral.

Population de l’Ogou

Ce régime cinquantenaire a aussi politisé à outrance nos fêtes traditionnelles

Tenez ! La période des évala, ce rite d’initiation si cher et à juste titre auxkabyè est devenueune foire où les sociétés de la place sont obligées d’exposer, une période privilégiée de rencontre où les hommes d’affaires et tous ceux qui ont des ambitions politiques doiventse faire remarquer.
Mais pire : la prouesse intrinsèque des jeunes lutteurs est balayée par des entorses aux règles coutumières. Les vainqueurs doivent impérativement venir du canton du chef de l’Etat. Fatigués de ces arrangements qui datent du feu Eyadéma,les kabyès ont avec raison, fermement protesté à Yadè-Bohou puis à Pya, obligeant le Chef d’Etat à vider les lieux.

Mais avant la préfecture de la Kozah, il y a eu la préfecture des Lacs, où après la perturbation de plusieurs éditions des cérémonies de Kpessso, pour de sombres desseins politiqueson a pris deux pierres sacrées en guise d’oracle pour la même communauté Guin.

La politisation de nos fêtes traditionnelles est pire que ébola ; elle n’a pas épargné la préfecture de l’Ogou où fête des ignames (ondootchou ou té san) a connu le sort que vous savez tous.

Population de l’Ogou

Il n’y a pas que nos fêtes traditionnelles qui sont dévoyées ; ce système cinquantenaireaaussi dévalorisé notre chefferie traditionnellebanalisant nos vénérables représentants.

Ce système inique afait d’eux des auxiliaires de l’administrationvoir des valets des autorités politiques, alors que la loi est très claire : nos chefs sont les gardiens des us et coutumes. Quand nos chefs osent s’exprimer pour dire ce qu’ils pensent, les intimidations et autres menaces pleuvent.

Tenez dans notre préfecture l’Ogou, parce que des chefs ont osé protester contre la décoration à l’ordre national de deux présumés assassins, on déclenche la machine à broyer les contestataires pour les invectiver, les stigmatiser et comble de l’ironie les accuser d’être des relais de « madame Adjamagbode la Cdpa » ; parce que moi AlémaGboguiAdjamagbo Johnson j’ai signé avant ces chefs une lettre ouverte écrite au chef de l’Etat.

Population de l’Ogou

Le recrutement dans notre armée nationale même si elle se fait dans toutes les préfectures continue de se faire sur une base politico ethnique. Sur l’effectif recruté dans l’Ogou, combien sont ifé, woudou, kabyès, cotocoli etc. Je mets au défi le chef d’État-major de nous faire un bilan pour démentir mes propos.

Par ailleurs, les conflits entre allogènes et autochtonesne cessent de s’amplifier aussi dans nos localités. Ce pouvoir cinquantenaire n’arrête pas de distiller dans des communautés qui ont toujours vécu ensemble, des germes de discorde. Son cynisme s’est encore révélé ces derniers mois à Lama Tessi dans le Tchaoudjo, à Djéréhouyè et Fin Digue dans l’Ogou.

Que fait ce pouvoir de notre tradition qu’on prétend revaloriser ? Quand un chef allogène vivant sur une terre étrangère arriverait à mourir, quelles cérémonies funéraires lui seraient-ilréservé et où serait-il enterré ?surla terre d’accueil ou dans celle du village d’origine ?

Il est inadmissible d’imposer à une communauté autochtone un chef issu d’une communauté allogène sous prétexte que les membres de ce dernier sont plus nombreux. Pour résoudre cette question la Cdpa ne cesse de dire : organiser les élections locales où sur la base de la loi de la majorité, les populations choisiront leur maire qui cohabitera en bon intelligence avec les chefs de cantons ou de villages qui composent la commune.

Permettez ici d’ouvrir une parenthèse pour préciser que tout togolais doit se sentir à l’aise partout au Togo dès qu’il respecte les us et coutumes de sa terre d’accueil sans pour autant s’aliéner les siens. Pour la paix sociale entre les communautés il faut une cohabitation harmonieuse et le respect mutuel.

Par contre nous n’admettrons jamais, alors au grand jamais l’impunité des actes de violation des droits des populations et toute exaction.

Nous n’encouragerons jamais, je dis bien jamais la chasse aux sorcières, le régionalisme, la xénophobie et je ne sais quelles autres bêtises ?

Nous voulons et souhaitons au Togo, la paix sociale, condition nécessaire pour un développement humain durable.

Mes sœurs, mes frères ;

Nous ne comprenons pas et n’acceptions pas justement que le Chef de l’Etat, puisse décorer et inscrire à l’ordre national le major Kouloum et son homme de main, pour service rendu à la nation.

Quel service ont-ils rendu à la nation ? Quel service qu’on nous le dise ! Diviser les allogènes et les autochtones dans la région des plateaux ou bien semez la discorde entre les communautés, même dans leur propre camp Rpt/Unir ?

Voilà un exemple d’impunité qui conduit certainsdans ce pays à se croire intouchable et à se croire au-dessus des lois et de l’autorité publique.

Sinon comment comprendre que dans le problème foncier de Djéréhouyè dans l’Ogou, les populations allogènes refusent d’obtempérer aux ordres du préfet de l’Ogou, de l’officier commandant la compagnie de gendarmerie des plateaux, du chef canton de Houdou ; mais s’exécutent rapidement quand le major Kouloum, un sous-officier de gendarmerie à la retraite arrive le dernier, comme il en a l’habitude et leur demande de se calmer ?Est-on encore en République ?

On est encore en République quand les bureaux de la préfecture de l’Ogou sont parfois transportés dans la maison de ce sous-officier de gendarmerie à la retraite ? Il faut croire finalement que Major Kouloum est le gouverneur de fait de la région des plateaux.

Distingués invités ;
Population de l’Ogou ;
Camarades militants de la Cdpa.

Tout ceci est révoltant et les populations sont fatiguées.

C’est pourquoi vous avez saisis l’opportunité du passage de la commission Awa Nana pour pour lui cracher la vérité ; lui dire que vous voulez des réformes et en finir avec ce régime.
C’est pourquoi nos frères et sœurs de différentes localités sont encore sortis ce 19 août 2017 pour marcher pacifiquement pour dire : assez ! Remettez-nous en place notre constitution de 1992 et nous allons nous charger de vous faire partir.

La seule réponse que le pouvoir connait quand il a peur est la violence. Vous l’avez tous appris Il a fait tirer sur les populations qui manifestaient pacifiquement. Une fois encore on déplore des morts inutiles, 5 selon le président du PNP et 2 selon le ministre de la sécurité ; des blessés ; des personnes arrêtées. On intimide les responsables du PNP qui a appelé à la marche.

La violence d’Etat planifiée s’est quasiment déroulée comme l’avait annoncé le ministre de la Sécurité sur les antennes de la radio privée Victoire fm, alors que celui-ci est censé assurer la protection des marcheurs.

Je m’incline devant la mémoire des personnes tuées et présente mes condoléances aux familles en deuil.

Pour nous c’est le chef d’Etat qui faisait la fête au Rwanda pendant que son pays brûle, qui est responsable de cette situation car il ne dit et ne fait rien de tangibles pour punir des faits similaires ayant précédé cette dernière répression.

Aujourd’hui, le Togo est toujours en criseet avec une situation explosive qui ne cesse de s’amplifier depuis quelques jours.

Dans ce contexte historique et politique, il est illusoire de croire qu’un parti à lui seul peut faire face à ce régime cinquantenaire porté à bout de bras par des officiers de notre armée.

A la Cdpa, c’est notre crédo depuis 1992. C’est bien ce qui à motivé l’appel de Tchékpo « démocratie d’abord, multipartisme après ».

Ayons aussi le courage de le reconnaître et de le dire, nos égos ont pris le pas sur l’intérêt commun et c’est là une des sources de nos échecs.

Aujourd’hui le constat est clair : nos petites ambitions ne riment plus avec le salut du Togo. Nous devons réagir et vite, avant qu’il ne soit trop tard.

Concrètement, nous devons très vite, je dis extrêmement vite fédérernos énergies et initiatives. C’est un passage obligé, sinon c’est un suicide collectif qui nous attend.

Pour la Cdpa,c’est le moment ou jamais d’opérer la jonction entre toutes les forces démocratiques pour faire face à ce régime cinquantenaire dont la gouvernance n’a apporté que pauvreté, précarité, dénuement et violation constante de droits humains fondamentaux. Il nous faut mobiliser de Djankassé à Cinkassé.

Il est temps que les partis politiques sans calcul s’entendent sur un minimum pour cette mobilisation.

Il est temps que la société civile joue aussi sa partition qui est de mobiliser partout ;
Il est temps que les médias encouragent plutôt les synergies positivesdes forces démocratiques et arrêtent de monter en tête d’épingle la moindre dissension en leur au sein ;

La population doit surmonter sa peur après cette répression farouche et se préparer à se mettre en rang de bataille pour dire ce président là, ce système cinquantenaire là, il faut qu’ils partent et ils partiront.

En un mot il va falloir ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard

Oui le temps pour tergiverser est derrière nous.

Il faut définir vite, très vite une plateforme d’entente minimale pour la mobilisation générale du peuple. Personnellement et en concert au sein de CAP 2015 nous allons nous employer à cette fin.

Au total, 50 ans après notre accession à la souveraineté internationale, la situation chaotique de notre pays interpelle tout le monde et particulièrement les formations politiques. Elle interpelle toutes les filles et tous les fils de notre pays. De gros nuages sont à l’horizon. Il ne serait pas raisonnable d’attendre l’orage avant de chercher refuge. Evitons à notre peuple ce qui peut s’apparenter à un suicide collectif. Des initiatives hardies sont prises il faut les consolider avant qu’il ne soit trop tard.

Nous sommes condamnés à vaincre ensemble…

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