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L'AUTEUR - 02/08/2016 Imprimer | Envoyer | Réagir

Le togo est à tâtons


Il existe toujours un marché politique très lucratif au Togo : c’est le grand marché de la diversion. Tout y passe, tout s’y retrouve et tous s’y exercent, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Togo. La diversion est ainsi pratiquée à ciel ouvert; la diversion reste de ce fait bien connue, et identifiable dans tous ses accoutrements et ses hiéroglyphes devenus déchiffrables au commun des citoyens : patapa, invouloir, irrespect, mauvaise foi, forum, statue, ateliers, réussites, manipulations, découpages, fraudes, dissimulations, humiliations, contrevérités, menteries, violences, etc. Ténèbres partout? Vigilance et action : « L’Afrique n’a pas besoin des hommes forts, mais des institutions fortes. » Car aujourd’hui, au Togo, il faut être absolument démocrate. Rien de moins!

La non-démocratie ne saurait générer l’émergence ou encore l’illusion du développement dans le contexte togolais, d’autant plus que de nos jours, le seul respect des lois ne permet même plus d’avancer dans la gestion d’un pays. Et, c’est sans oublier qu’au Togo, la gouvernance ne s’est jamais sentie redevable de quoi que ce soit devant qui que ce soit. Au Togo, il faut donc aller au-delà des lois, abandonner la diversion, retourner à la République en ajoutant mieux : Audace, Dignité, Éthique, Confiance et Sacrifice. Au regard de son histoire, sans sacrifice, nul ne peut mériter le Togo et encore moins prétendre le diriger ou le faire émerger.

Ainsi, tous les avatars de la diversion existent rien que pour retarder, inutilement, l’avènement de la démocratie au Togo; le Togo, un pays dont l’autre nom est Liberté, même si on l’oublie souvent. La diversion est donc tout le contraire de ce que constitue la volonté inaltérable du Peuple togolais à sortir de sa situation devenue ridiculement intenable, après le passage de tous les autres pays voisins à la démocratie : Ghana, Bénin et Burkina Faso. Toutes ces déviations et diversions sont donc entreprises pour fuir la noblesse de servir ses concitoyens à son propre détriment, parfois, sans foncer comme des rapaces sur les avantages matériels, les ressources budgétaires de l’État togolais ou les crédits et subventions disponibles auprès des organisations diverses.

Faure Gnassingbé, chef de file de la diversion politique

Dans ce secteur florissant de la diversion, plusieurs font carrière rentable avec une indigence et une pauvreté d’esprit anhistorique difficile à cacher. D’entre ces personnes, naturellement le chef d’État togolais, Faure Gnassingbé qui n’a jamais sacrifié quoi que ce soit pour mériter le Togo, savoir le gouverner en toute légitimité, et y éviter la diversion. Chef de file de l’invouloir démocratique, Faure Gnassingbé met tout en œuvre pour perpétuer le pire des conseils politiques qui ait pu exister, la moins inspirée des recommandations qu’un père puisse donner à son fils: quelque chose qui ressemble à « Ne laissez jamais le pouvoir vous échapper, sinon vous ne le retrouverez jamais! » C’est le désolant portrait de l’état d’esprit, impécunieux et indigent, qui s’était accaparé du Togo, a confisqué tout le pays et certaines de ses intelligences, et qui se débat en diversion afin de s’octroyer une certaine virginité, à défaut de rebrousser chemin vers la démocratie, la justice et le Grand Pardon, bien avant d’arriver à la réconciliation.

Voilà que la diversion et la déviation ne peuvent plus prospérer au Togo. Il va falloir que le pouvoir présidentiel togolais, Faure Gnassingbé, accepte de faire face à la réalité. Beaucoup trop de mal a été fait au Peuple togolais par ceux-là mêmes qui sont restés au pouvoir depuis cinquante ans et confisquent le pays en voulant y gommer leurs propres forfaits avec désinvolture, irrespect et violence. Le vivre ensemble ne peut se réaliser que par un retour à la République, c’est-à-dire la démocratie : « il reste au Peuple togolais un traumatisme d’un retour légitime à la République ». Des frontières invisibles existeront au Togo aussi longtemps que la Vérité et la Justice ne seront authentiques. Le Togo en est arrivé à ce point qu’il faut sortir de la complaisance et nommer ses carences qui sont loin d’être des fictions inventées par l’opposition togolaise ou tout autre membre de la Diaspora togolaise qui ne connaîtrait pas les réalités du Togo. Le régime en place au Togo, ancien, est en lui-même anachronique, et ce n’est pas la faute de l’opposition togolaise si les tenants du pouvoir n’envisagent jamais de devoir le quitter, et agir ouvertement en conséquence de cette inéluctable éventualité.

Même la Notre-Dame-de-la-Réconciliation elle-même, celle dont la piété politique n’a jamais convaincu personne au Togo, a ainsi cru devoir rebâtir toute une cathédrale de discussions, les mêmes, pour constater ce que tout le monde savait déjà : la diversion ne marche plus. Et seule, presque en catimini, elle s’en est allée présenter les résultats à Faure Gnassingbé qui savait aussi déjà tout. Mais, cette fois encore, et une fois de plus, la République n’était pas au rendez-vous : un Rapport public remis privément, comme dans toute république bananière. Remettre un Rapport de cette importance à son commanditaire n’empêche pas que les populations en soient informées –si tant est qu’une noble ambition en soit associée, et, quelles que fussent les critiques subies par l’initiative depuis sa naissance. Au Togo, aucune occasion n’est prise pour parfaire l’acte politique; l’acte politique est resté diversion à toute occasion. Cette désinvolte arrogance-politique jamais maturée doit s’arrêter au Togo!

Tout boycotter sauf les élections, même frauduleuses

Le rêve démocratique togolais n’est nullement une illusion. C’est indubitablement un devoir et une question de dignité humaine. Désormais, cet objectif de réconciliation par la démocratie en vue du développement du Togo ne sera réalisé par Faure Gnassingbé. Pourquoi? Qui connaît le Togo, son histoire et sa destinée inévitablement démocratique doit être très surpris, sans s’en étonner, qu’en 2016 une statue puisse être érigée par Faure Gnassingbé à son père, Gnassingbé Eyadema dans l’espace public. Un père reste un père. Certains en ont eu de merveilleux. Si tous ceux-là doivent ériger des statues à leurs pères, le Togo en serait un peu trop rempli. La retenue parfois peut être vertu! Véritablement, le Togo doit être à tâtons, à reculons même pour que celui qui prétend diriger le pays ne puisse s’astreindre à aucun sacrifice pour être au diapason de la réalité de ce pays, ne serait-ce que d’une partie des Togolaises et des Togolais. Dès lors, il devient un devoir républicain de ne plus faire confiance, aucunement, et à raison, au pouvoir présidentiel togolais dans toutes ses tentatives de déviation démocratique. L’institution « Président de la République » s’est auto disqualifiée au Togo qu’elle n’évoque que le sommeil au sommet, le silence en soi, l’ignorance en instance.

Les réformes républicaines, et rien que les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales réalisées de manière consensuelle selon l’esprit et la lettre des divers dialogues et accords politiques; c’est bien pour cela qu’il faut tout boycotter au Togo, les diversions, les ateliers, les invitations à la fête nationale, etc. Boycotter tout, sauf l’essentiel : les élections. Malgré leur caractère frauduleux permanent, les conséquences d’une désertion des élections sont devenues énormes au Togo, le pays, dont l’autre appellation, demeure, ne l’oublions pas, l’Absurdistan. Absurdistan : un pays créé un zéro janvier, pour des intérêts privés aimant la falsification de la réalité, le travestissement des faits et un attachement calculateur à tous les agrégats de la diversion.

En Absurdistan, là où la honte et encore moins les vertus politiques n’existent plus, là où l’amalgame et la fausseté s’allient pour régner et asservir, le boycottage des élections a déjà coûté au Peuple togolais sa Constitution. Une telle erreur ne peut et ne doit plus se renouveler. Nul démocrate togolais, moindrement sérieux et politiquement aguerri, ne peut plus se permettre de risquer aussi gros que la désertion électorale, et laisser de nouveau le champ libre à d’autres forfaits politiques irréparables.

Depuis que le drame politique du refus de la démocratie se poursuit sou l’égide de Faure Gnassingbé, depuis toutes les péripéties des dialogues politiques devenus un « Piège sans fin », depuis les tragédies des répressions innommables de citoyens par une armée clanique digne d’un #ÉtatPatapa, aussi longtemps que l’ensemble de la réalité togolaise sera niée par une clique d’assoiffés de pouvoir entourés de véreux adowuinon de l’intérieur comme de l’extérieur, tous incapables d’être du côté de l’histoire, aussi longtemps que les Rapports seront truqués et infidèles en plus de servir à conforter l’inaction politique et la peur démocratique, il est véritablement un devoir républicain de ne plus faire le jeu du pouvoir présidentiel togolais.

« Notre salut ne viendra pas d’un sauveur autoproclamé »

Les démocrates togolais de partout ainsi que l’opposition démocratique au Togo doivent converger pour dérouler leur plan de match vers la démocratie. La Diaspora togolaise, républicaine, doit clairement être du côté de l’opposition démocratique, contrairement à la segmentation fallacieuse, nouvellement trouvée, et qui fonderait la Diaspora sur le militantisme, le silence, l’accointance au régime. De grâce, arrêtez de falsifier la réalité togolaise en détachant la Diaspora togolaise des préoccupations légitimes des autres Togolais qui eux, ne seraient que d’une légitime obédience binaire : pouvoir ou opposition. Vous n’avez rien compris de la Diaspora togolaise. C’est bien pour cela que cette Diaspora doit reprendre son flambeau et redynamiser ses actions : #ToGoYeYe MILAWOE. Il n’y a aucun mal, aucune honte, aucune peur à choisir le camp de la démocratie, et avoir un parti pris clair et sans équivoque pour la dignité humaine. Il est même trop tard de renoncer à la démocratie au Togo, où que l’on se trouve au Togo ou dans sa Diaspora.

Pourquoi continuer à subir et à accepter l’indignité humaine et la honte récurrentes imposées au moyen d’une constante diversion? C’est à croire que le président Obama a parlé pour les Togolaises et les Togolais le 27 juillet 2016 à Philadelphie, la ville symbolique de la naissance de la fédération américaine, la toute première capitale des États-Unis d’ailleurs, là où chacun a délaissé ses intérêts personnels et étatiques pour bâtir et miser sur une nouvelle nation : « Nous ne sommes pas un peuple fragile. Nous ne sommes pas un peuple monstrueux. Notre salut ne viendra pas d’un sauveur autoproclamé, promettant que lui seul peut rétablir l'ordre, aussi longtemps que nous faisons les choses à sa seule façon. Nous ne sommes pas à la recherche d’un autocrate » (We are not a fragile people. We’re not a frightful people. Our power doesn’t come from self-declared savior promising that he alone can restore order as long as we do things his way. We don’t look to be ruled). Oui, le Togo n’est pas à la recherche d’un autocrate qui ferait tout à sa seule manière distractive et peu républicaine. Bien au contraire, le changement fait partie de l’évolution; et, de partout, les humains l’ont compris assez tôt. Après tant d’années d’autocratie, qui voudrait-on encore insulter au Togo en y continuant la diversion?

Le Togo n’a pas besoin d’être aussi longtemps pris en otage par un régime d’une autre époque, par une nomenklatura narcissique dévoilée ou déguisée. Un tel Togo va inévitablement à tâtons, à reculons même; un Togo privé des seuls ingrédients qui font le développement : la dignité, la fierté et l’enthousiasme des citoyens, de tous les citoyens. La longue période de noirceur qui règne au Togo ne doit nullement pousser les uns et les autres au désespoir et au déshonneur. Car, il existe toujours une certitude révélée au Togo, depuis sa naissance : ce Togo sera libre ou ne sera pas! Ensemble, restons insoumis devant l’inacceptable.

Par Pierre S. Adjété
Québec, Canada

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