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FABBI KOUASSI - 17/03/2014 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo : Logo Dossouvi ou le parcours tumultueux d’un héros


Par Fabbi Kouassi

L’un des héros du 05 octobre 1990, mouvement révolutionnaire qui a failli emporter le régime dictatorial de Gnassingbé père, Logo Hilaire Dossouvi vient de tirer sa révérence. Il est bien connu avec son compagnon Doglo Agbélenko de la génération 1990 comme les meneurs, de la vague révolutionnaire qui a déferlé dans tout Lomé et atteint tout le pays comme une trainée de poudre. « Le printemps togolais des années 1990 » a failli couté cher à Gnassingbé Eyadema n’eut été le manque de vision et de leadership éclairé pour achever l’œuvre héroïque de ces jeunes étudiants dont les noms resteront gravés dans les annales du Togo comme ceux qui ont œuvré pour la dignité, la liberté et la justice. Mais, Logo Dossouvi comme beaucoup de ses ainés a fini par collaborer avec la dictature notamment sous Gnassingbé fils. Une décision qui entachera son courage et sa bravoure. Un constat néanmoins, les togolais à l’annonce de son décès en gardent d’abord et surtout le souvenir, d’une icône, d’un héros.

Il n’est pas anodin de rappeler que Logo Dossouvi et son compagnon Doglo Agbélenko, et tous les autres étudiants de l’époque ont été le fer de lance de la révolution au Togo dans les années 1990.

En effet, ils ont été arrêtés pour avoir distribuer des tracts hostiles au régime de Gnassingbé Eyadema. Un crime sous un régime de dictature où « même les nouveaux nés sont sensés milités dans le parti présidentiel ». Le procès pour leur condamnation devrait se dérouler le 5 octobre 1990 à Lomé après une première comparution au palais de justice le 21 septembre de la même année. La seconde comparution a donc eu lieu en ce mémorable 05 octobre 1990, et c’est à l’issue de ce simulacre de jugement comme le Togo des Gnassingbé sait en organiser pour faire taire quiconque ose se mettre en travers de la dictature que la situation a dégénéré. La justice est prise d’assaut par des jeunes qui scandaient « à bas le RPT », « à bas le 13 janvier », « vive le 27 avril », « vive la démocratie » ; ils chantaient également l’hymne, « la terre de nos aïeux » ; longtemps mis sous éteignoir au nom du règne de la pensée unique.

Les prévenus seront acquittés mais les manifestants qui ont envahit le palais de justice ont été sérieusement molestés comme de coutume, il s’en suit une révolte générale qui s’empara de Lomé la capitale et de plusieurs villes de l’intérieur du pays. Les symboles du pouvoir ont été pris pour cibles, les photos à l’effigie de Gnassingbé Eyadema brulées de même que les véhicules de l’administration. On dénombre plusieurs blessés et des décès dont Kouassivi Akpé Jean-Marie Tété-Adjalogo, jeune étudiant de 25 ans, préparant une double maîtrise en maths physiques.

Il faut souligner qu’au cours de leur détention, Logo Dossouvi et Doglo Agbélenko ont subi des traitements cruels inhumains ou dégradants selon la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) créée en juillet 1990 et présidée à l’époque par maître Joseph Kokou Koffigoh. La LTDH s’est jointe à l’époque à la CNDH de maitre Yaovi Agboyibo pour confirmer et dénoncer que les personnes arrêtées avaient été torturées par des coups de fouet et des décharges électriques.

Contraint à l’exil les deux étudiants quittent le pays. Hilaire Logo Dossouvi se réfugie au Canada de nombreuses années avant de rentrer au bercail. Au lendemain de la signature de l’Accord Politique Global (APG) qui propose la formation d’un gouvernement d’union, son mentor le professeur Léopold Messan Gnininvi devient ministre des affaires étrangères et l’intègre ainsi dans son cabinet. Houleuses collaborations, détérioration des relations entre l’ancien secrétaire général de la CDPA et l’icône du 05 octobre.

Laisser à son triste sort après les législatives de 2007, Logo Dossouvi réussi néanmoins à se faire caser dans un petit bureau de l’Agence Togolaise de Presse (ATOP).

Déjà un pied dans le régime qu’il a pourtant combattu toute sa jeunesse, il eut le « toupet » de mettre sur pied le Fan Club Faure Essozimna Gnassingbé. Sans doute une trouvaille pour se mettre à l’abri du besoin mais au finish il n’en a récolté que de critiques acerbes de la part de l’opinion ; dédain, indifférence et humiliation du coté du pouvoir. « J’aurais dû rester au Canada, nous avait il confié dans une interview en 2009 ».

Un baron du système lui confia au détour d’une conversation que la plupart des apparatchiks du régime ne lui ont jamais pardonné d’avoir été l’un des meneurs d’une révolution inédite qui a presque emporté le pouvoir de Gnassingbé 1er. C’est ainsi que malgré les consignes que donnait Gnassingbé 2 pour que les ressources financières puissent lui parvenir pour le bon fonctionnement de son association, seule une infime partie lui était remise, le gros lot est souvent détourné par les « arnaqueurs-maisons ».

Hilaire Logo Dossouvi est malheureusement la preuve d’un engagement inachevée, d’une conviction entachée et d’une fin de vie peu glorieuse pour un personnage sensé être l’exemple de courage et de bravoure en guise de fierté pour une jeunesse en perdition et qui a besoin de ces figures pour donner sens à la vie et à la défense des causes nobles.

Hormis le père de l’indépendance Sylvanus Olympio et ses compagnons de lutte , qui restent l’exemple d’une fierté nationale et d’une fidélité à une cause, les combattants de la liberté, d’un Togo autre finissent toujours à la table de l’oppresseur sans avoir obtenu gain de cause, compromettant dangereusement l’espoir d’une jeunesse sans repère ou qui n’a de repère que des leaders certes, très futés aussi, mais qui finissent d’une piètre manière, aux côtés d’une dictature qui dure, perdure en l’absence de meneurs convaincus avec une vision et un idéal pour lequel ils sont prêt à y laisser s’il le faut leur vie.

Logo Dossouvi s’en est allé dans la tristesse, la solitude et la souffrance. De nos recoupements, il ressort que l’icône du 05 octobre aurait même perdu la vue. Du moins selon le témoignage d’une de nos sources qui l’a rencontré quelques mois avant sa mort au palais de justice de Lomé. Ce palais de justice que Logo Dossouvi connaissait si bien il ne pouvait s’y perdre, puisque c’est de là qu’est parti le mouvement révolutionnaire du 05 octobre qui a contaminé tout le pays. Ce palais de justice où il comparaissait en ce 05 octobre 1990 pour y être jugé marqua le début d’un grand tournant dans l’histoire du Togo et Logo Dossouvi ne pouvait se perdre en ce lieu. Notre source éberluée lui demanda s’il se perdait et Logo Dossouvi de lui confier qu’il a depuis quelque temps une sorte de voile sur les yeux qui l’empêche de voir. Notre source prise de pitié le conduit au bureau du juge avec lequel il avait rendez vous pour une affaire privée. Logo Dossouvi termine donc son parcours sur terre non comme le héros qu’il est mais comme un homme ordinaire.

Puisse le bon sens éclairer tous les combattants de la liberté et de la justice qui ont pris le chemin d’un parcours tumultueux ou qui, au sens figuré, ont un voile qui leur cache la vue de trouver le moyen de s’en débarrasser et comprennent que les générations présentes et futures ont besoin de leurs yeux pour voir le présent et l’avenir.

La fidélité dans le combat est ce qui manque le plus à tous ceux qui se réclament des forces de changement dans ce petit rectangle de pays et sur le noir continent. « La fidélité à ses convictions est nécessaire à la démocratie ». Disait à raison Jean-Pierre Chevènement.

Hilaire Logo malgré ce parcours tumultueux, mérite comme tous les autres héros pour un Togo l’or de l’humanité que son nom soit écrit en lettres d’or. Puisse Dieu l’accueillir et lui accorder enfin le repos éternel.


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