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TETE GODWIN - 28/04/2013 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo : Il y a 55 le peuple togolais imposa son droit à l'indépendance (27 Avril 1958–27 Avril 2013)


« Nous avons été balayés. Ce fut, à la grande surprise de nos vainqueurs, un véritable raz-de-marée ». Dr. Robert Ajavon

« Les faits sont les faits ; hors d’eux tout est chimère ». Jean Bidault


Drôlement surpris par l’éblouissante victoire des patriotes togolais authentiques aux élections du 10 décembre 1946, qui portèrent le Député Martin Aku au Palais Bourbon à Paris, les Colonialistes français sursautèrent et jurèrent que ces patriotes du Comité de l’Unité Togolaise (CUT) ne devraient plus jamais, au grand jamais gagner des élections au Togo tant que ce territoire serait sous leur mandat. Et ils tinrent parole ! Pourquoi ? Parce que, aussi petit soit-il, si le Togo leur tombait de la gueule à l’époque, tout leur empire colonial allait leur échapper du coup !!!

Ainsi donc, après la mémorable date du 10 décembre 1946, les authentiques nationalistes togolais n’allaient effectivement plus jamais gagner quelques élections que ce fussent. Et ce, jusqu’au 27 Avril 1958. À telle enseigne qu’à partir d’un certain temps, ces nationalistes ne se préoccupaient même plus du tout de scrutin chez nous…(Soit dit au passage, c’est exactement ce même type de verrouillage de processus électoral que nous vivons sur la Terre de nos Aïeux depuis le 13 Janvier 1963 : date de l’ignoble assassinat du Père de la Nation togolaise, j’ai nommé Sylvanus Kwami Epiphanio Olympio).

Et pourquoi donc le cercle vicieux aura été brisé le 27 Avril 1958 ? Il fut rompu en cette date grâce à l’intervention directe de l’Organisation des Nations Unies. En vertu d’un Accord du 13 décembre 1946 qui fit du Togo un territoire sous tutelle de l’ONU et confié à l’administration de la France.
Et comment cela se passa-t-il concrètement ? C’est ce que nous allons rappeler dans les lignes qui suivent ici, en vol d’oiseau.

1. Du référendum des Nations Unies au Togo « britannique » à celui des Français au Togo sous leur mandat (1956)

Le 09 mai 1956, à l’approche de l’indépendance de la Gold-Coast prévue pour le 06 mars 1957, et sous la vive pression du Dr. Kwame (Francis) Nkrumah et de la Grande Bretagne, les Nations-Unies qui, jusque-là favorisaient la réunification des deux Togo intensément revendiquée par les authentiques patriotes de chez nous (CUT, JUVENTO et MPT), décidèrent maintenant d’organiser un référendum d’auto-détermination au Togo britannique. Objectif ? Savoir si les populations de cette partie du Togo « allemand » souhaitaient se fondre dans la Gold-Coast appelée à devenir indépendante (sous l’appellation du Ghana), ou rester en l’état jusqu’à une hypothétique indépendance du Togo « français ».

Les résultats de cette consultation populaire furent interprétés selon le principe démocratique au premier degré, à savoir « un homme une voix ». Or, les principales ethnies du Togo britannique, hormis les Ewé, avaient de tout temps lorgné vers la Gold-Coast où étaient enracinées leurs chefferies traditionnelles respectives… Elles optèrent ainsi, sauf les Ewé, pour leur intégration dans le Ghana indépendant… Voilà la raison pour laquelle tout le Togo britannique sera intégré dans le Ghana à compter du 06 mars 1957.
Et, au vu de cet état de choses, la France imposa au Togo sous son administration, en date du 28 Octobre 1956, un fallacieux référendum. En vertu d’un décret N° 56-848 du 24 août 1956 portant création d’un nouveau statut du territoire du Togo sous mandat français. Et ce, conformément à une loi N° 55 – 426 du 16 avril 1955 dite Loi Gaston Defferre.
Ce référendum servit de faire-valoir pour nous infliger une « République Autonome du Togo » baptisée « Zotonomie Zinterne » par l’ironie populaire togolaise toujours éminemment corrosive.

La Zotonomie Zinterne étant radicalement rejetée par l’écrasante majorité des Togolais, les Nations-Unies durent finir par envoyer dans le pays, en mai/juin 1957, une mission de son évaluation sur le terrain concret. Ce fut la mission Charles King qui induisit la décision de l’ONU de préconiser, sous sa supervision, la tenue d’élections au Togo sous administration française. Pour la mise en place d’une Assemblée Nationale habilitée à maintenir le territoire dans le giron de la France où à proclamer l’indépendance de notre Togo actuel. Il s’était donc agi, de fait, d’élections législatives/référendum !!!
À cet effet, une mission fut constituée et placée sous la houlette du Haïtien Max H. Dorsinville. À cet égard, notre aîné François Amorin était très ami à M. Amadou Mahtar M’BOW – qui deviendra Directeur Général de l’UNESCO. L’épouse de M’BOW est Haïtienne et parentée aux dirigeants de son pays à l’époque… Ces relations amicales et familiales furent mises à contribution pour amener… Max H. Dorsinville à faire vraiment… de son mieux… quant à sa mission en terre togolaise (d’où partirent bon nombre des ancêtres du Peuple haïtien…) Car, s’il est vrai que Dorsinville ne devrait pas outrepasser les termes de référence de son mandat : consultation, supervision (et non organisation), nul ne peut, sans mauvaise foi, nier que le Haïtien Max H. Dorsinville aura, très intelligemment, tout mis en œuvre pour valablement et efficacement aider le peuple togolais à accéder à son indépendance… Poursuivons donc.

2. Le jour du scrutin : le 27 avril 1958

Voici virtuellement quinze bonnes années que les patriotes togolais radicaux luttent bec et ongles. Leur rêve visant la réunification des Ewé s’est terminé en queue de poisson ; celui portant sur la reconstitution du Togo tel que créé par les Allemands s’est évanoui comme une bulle de savon. Il ne leur reste plus que l’indépendance du Togo sous administration française, indépendance à laquelle ils tiennent comme à la prunelle de leurs yeux.

À cette fin, ils forment, de facto, un front uni sans faille : une union immaculée. Ils implorent les ancêtres défunts sacralisés auxquels ils consentent volontiers des sacrifices…

Ainsi donc, pour ces patriotes, le 27 avril 1958 (le 110e anniversaire de la seconde abolition de l’esclavage dans les possessions coloniales françaises) paraît un enjeu véritablement capital. Pour eux, le 27 avril 1958 ne saurait être autre chose que le jour « J » : le Jour de leur vie, le Jour de leur raison d’être, le Jour où il est espéré qu’un soleil autre… se lève sur la Terre de nos Aïeux, le Jour de l’Ablodé…

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