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ODDH - 01/01/2001 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo : Déclaration liminaire des ODDH lors de la marche de protestation du 11 février 2012


LES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME

ACAT-TOGO, ATDH, ATDPDH, CACIT, CTDDH, LTDH, JDHO, NDH-TOGO


Mesdames et messieurs les représentants des institutions nationales et internationales,

Mesdames et messieurs les représentants des partis politiques,

Mesdames et messieurs les représentants des syndicats,

Chers amis victimes de la torture par l’Agence Nationale de Renseignement (ANR),

Chères amis victimes de la saisie illégale des fonds par l’ANR,

Chères amis victimes des expropriations illégales des terrains,

Chères populations togolaises, victimes de violations systématiques de vos droits civils et politiques, économiques et sociaux culturels,

Chers amis de la presse,

Chers amis défenseurs des droits de l’homme,

Mesdames et messieurs, chers invités,

La synergie des Organisation de Défense des Droits de l’Homme : l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, branche togolaise (ACAT-TOGO), l’Association Togolaise des Droits de l’Homme (ATDH), l’Association Togolaise pour la Défense et la Promotion des Droits Humains (ATDPDH), le Collectif des Associations Contre l’impunité au Togo (CACIT), la Coalition Togolaise des Défenseurs des Droits de l’Homme (CTDDH), l’association Journalistes pour les Droits de l’Homme (JDHO), la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) et l’association Nouveau Droits de l’Homme, Section togolaise (NDH-TOGO)vous remercie pour votre disponibilité et votre engagement à ses côtés pour la défense effective de tous les droits de tous les togolais quelque soit leur rang.

En effet, après la grande marche des ODDH le 12 janvier 2012, une plate-forme revendicative a été adressée au chef de l’Etat togolais pour l’inviter à prendre des mesures idoines et urgentes en vue de satisfaire aux différentes doléances des organisations de défense des droits de l’homme.

La plate-forme revendicative a été également envoyée aux institutions internationales et aux médias.

Mesdames et messieurs, chers invités,

À ce jour, le constat est amer. Le chef de l’Etat Faure Gnassingbé et tout le gouvernement n’ont daigné répondre à nos doléances. Ce silence assourdissant des plus hautes autorités du pays dénote du peu d’intérêts qu’elles accordent à la question fondamentale du respect des droits humains, alors même que le Togo a ratifié presque tous les instruments internationaux en la matière et de surcroît siège au Conseil de Sécurité des Nations-Unies.

A ce silence viennent s’ajouter le refus obstiné de l’ARTP et de la HAAC de procéder à la réouverture de la Radio X-SOLAIRE, ainsi que la non publication par la CNDH du rapport d’enquête sur les allégations de torture dans l’affaire de complot contre la sûreté intérieure de l’Etat togolais.

Les ODDH soussignées, estiment que la recrudescence de ces traitements vils et rétrogrades, consistant à infliger à des personnes des souffrances particulièrement aiguës pour leur faire extorquer des aveux, conjuguée avec l’impunité, constituent une entrave grave à l’enracinement de l’Etat de droit, au développement et par conséquent à l’épanouissement normal de la personne humaine en général et du citoyen togolais en particulier.

Contrairement aux autorités togolaises, les institutions internationales accréditées dans notre pays, qui démontrent quoi qu’il en soit leur attachement aux valeurs universelles des droits humains, n’ont ménagé aucun effort pour nous recevoir et échanger avec nous sur nos préoccupations et voir dans quelle mesure être aux côtés des organisations de défense des droits humains. La synergie leur renouvelle à cette occasion toute sa gratitude.

La synergie des ODDH rappelle à juste titre et à dessein le paragraphe 3 de la DUDH du 10 décembre 1948 :

« Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’Homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ».

Chers invités,

C’est le lieu de faire observer que la synergie des ODDH est choquée par des interprétations alambiquées de certains médias togolais qui les assimilent aux politiques.

La synergie tient à rappeler aux togolais dans leur diversité que nous ne voulons pas le pouvoir et aucun de nous n’est candidat à aucune élection et n’est désireux de briguer un poste ministériel ou quelque chose dans le genre.

Pour nous ODDH, groupes de pression et intercesseurs entre les populations et les pouvoirs publics, c’est le sacerdoce, c’est une question de conviction et aucun sacrifice ne sera trop grand. Nos ODDH ont répudié la peur de la prison et de l’isolement, la peur de l’oppression et de la torture, la peur de la pauvreté et de l’échec pour faire courageusement face aux menaces, aux intimidations, voire à la répression afin de hâter l’explosion de la vérité, de la justice et de la paix.

Elles ont chéri l’idéal d’une société togolaise libre et démocratique dans laquelle tous les citoyens vivraient en harmonie et avec des chances égales.

Les ODDH sont du côté des peuples pour un travail typiquement citoyen : le jour et la nuit, le soleil et la pluie les trouveront toujours prêtes à répondre aux besoins de ces peuples. Le riche et le pauvre, le bien-portant et le malade, le jeune et le vieux, le patron comme le serviteur auront toujours les mêmes accès à nos services. Nous en appelons à la conscience de tous et de chacun.

Et pour paraphraser Emile Zola dans une lettre adressée le 13 janvier 1898 à FÉLIX FAURE, alors Président de la République française, nos ODDH accusent :


Puisqu'ils ont osé, nous oserons nous aussi. La vérité, nous la dirons, car nous avons promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. Notre devoir est de parler, nous ne voulons pas être complices. Nos nuits seraient hantées par le spectre de l'innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu'il n'a pas commis…Quant aux gens que nous accusons, nous ne les connaissons pas, nous ne les avons jamais vus, nous n'avons contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour nous que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l'acte que nous accomplissons ici n'est qu'un moyen révolutionnaire pour hâter l'explosion de la vérité et de la justice. Nous n'avons qu'une passion, celle de la lumière, au nom de des populations togolaises qui ont tant souffert et qui ont droit au bonheur. Notre protestation enflammée n'est que le cri de nos âmes.

Nous travaillons pour Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, pour ses enfants, pour les dignitaires actuels, leurs enfants et pour tous les togolais sans distinction aucune.

L’histoire passée et récente du monde et de notre pays nous prouve à suffisance que tout peut arriver à tout le monde si nous ne détruisons pas et combattons le cycle infernal, vicieux et récurrent des violations des droits humains dans notre cher pays, le Togo car comme l‘a dit le Père Joseph WRESINSKI « Là où les hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré »

Les droits de l’Homme et la démocratie sont une affaire de tous contre personne. Ayons présent à l’esprit cet avertissement inoubliable du théologien allemand Martin Niemoller :

« En Allemagne, ils ont d’abord arrêté les communistes, et je n’ai pas protesté parce que je n’étais pas communiste. Ils ont ensuite arrêté les syndicalistes, et je n’ai rien dit parce que je n’étais pas syndicaliste. Ils ont ensuite arrêté les catholiques, et je n’ai rien dit parce que j’étais protestant. Puis ils sont venus m’arrêter, et ce jour-là, il ne restait plus personne pour protester ».

Si nous n’élevons pas la voix, individuellement et collectivement, aujourd’hui et à chaque fois que notre conscience est mise au défi par l’inhumanité et l’intolérance, nous n’aurons pas fait notre devoir pour nous-mêmes ou pour les générations futures.

Il y a quelques années, encore, « on disait en vain à feu GNASSINGBE Eyadema que la démocratie n’était pas contre lui mais pour protéger lui et ses enfants ». Force est de constater aujourd’hui que la roue de l’histoire a tourné : qui l’eût cru qu’aujourd’hui, son fils, Kpatcha GNASSINGBE serait actuellement en prison en violation flagrante des textes de la République ?

Au-delà de la position sociale de Kpatcha GNASSINGBE, d’autres citoyens togolais comme DONTEMA, KASSIKI, PALI, SEYDOU-OUGBAKITI, AMAH Poko etc … et AZANLEKO Narcisse, ASSIMA Kokou sont victimes du non-respect des lois de la République et de la justice de deux poids deux mesures. C’est le cas aussi pêle-mêle du journaliste Eugène ATTIGAN-AMETI dans une ténébreuse histoire de trafic de drogue dont la procédure est viciée du début jusqu’à sa lourde condamnation.

C’est également le cas de l’homme d’affaires togolais Sow Bertin AGBA, Directeur Général d’OPS Security, dans une obscure affaire d’escroquerie internationale sans tête ni queue et toutes ces personnes sus-mentionnées ont été victimes des pires formes de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants alors que notre pays.

Pire encore, il y a lieu de noter que malgré le fait que Dame ATTISSOU Afiavi épouse AGBA et son beau-frère Cyril Abalo AGBA n’aient été mêlés ni de près, ni de loin à la commission de la prétendue infraction reprochée à leur époux et frère ont vu leurs documents de voyage confisqués par l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) en violation flagrante du principe sacro- saint de la personnalité des délits et des crimes.

Poursuivant sa basse besogne, l’ANR a également confisqué illégalement les documents de voyage de Dame HUNT Soké épouse Kpatcha GNASSINGBE alors que cette dernière n’est mêlée ni de près ni de loin à la commission de l’infraction que l’on a reprochée à son mari.

Le cas du Directeur Général de ReDeMaRe, SAMA Essohamlon, arrêté comme un vulgaire bandit et jeté en prison pendant plus d’une année ne nous laisse pas insensibles. Son seul crime est d’avoir inventé un modèle économique et social pour améliorer le quotidien des togolais.

Et pendant que ce dernier croupissait en prison, l’ancien Premier Ministre Kwassi Klutse, promoteur de la microfinance « Investir Dans l’Humain » (IDH) était libre de tout mouvement alors qu’il est notoirement avéré que les épargnants de cette structure ont été escroqués et abusés de leur confiance. Leurs cris stridents n’a pu arrêter la justice de deux poids deux mesures.

Le Samedi 12 Novembre 2011, le nommé OURO KOURA Koumaï, militaire à la retraite, a été enlevé à Agbalépodogan, soupçonné de faire partie du réseau des présumés auteurs de meurtres sur les jeunes filles. Il a été gardé à la Brigade de Recherches ANTI-GANG à l’insue de sa famille qui, après quelques jours de recherches infructueuses, commence par organiser son deuil. Dix (10) jours plus tard, sa femme aura des nouvelles de lui et entreprit de lui rendre visite. Mais par deux fois, elle n’a pu avoir accès à son mari. Elle n’aura accès à lui que le Samedi 26 Novembre 2011, soit deux semaines plus tard, grâce à l’intervention du Président de la LTDH qui a accompagné la femme du susnommé à la Brigade ANTI-GANG. Le Dimanche, 27 Novembre 2011, le sieur OURO KOURA Koumaï a été mis en liberté sans autre forme de procès.

Les responsables de l’UNET, mouvement estudiantin de l’Université de Kara, continuent par faire l’objet de traques jours et nuits, de menaces d’enlèvement, voire de morts.

D’humbles citoyens togolais et étrangers sont arbitrairement et sans autre forme de procès, dépossédés de leurs biens (argent, terrains, marchandises)…

Quant au milieu carcéral, il est fortement surpeuplé. Les prisons sont devenues des mouroirs, des camps de concentration où la déshumanisation est totale en violation flagrante des dispositions de l’article 16 de notre Constitution qui prescrit que « Tout prévenu ou détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa dignité, sa santé physique et mentale et qui aide à sa réinsertion sociale ».

Des statistiques relevées au 12 décembre 2011, date à laquelle la LTDH a rendu public son rapport thématique, sont inquiétantes : la prison civile de Vogan est surpeuplée à 135% ; celle de Dapaong est surpeuplée à 190% ; celle d’Aného à 207% ; celle d’Atakpamé à 220% ; celle de Notsé à 269% ; celle de Lomé à 295%, celle de Tsévié bas le record avec une surpopulation excédentaire de 407%.

Or si l’on peut trouver l’une des causes de cette surpopulation dans l’accroissement de la délinquance, il faut aussi et surtout compter avec l’exiguïté des prisons, le nombre insuffisant des prisons, les dépôts systématiques, parfois fantaisistes auxquels se livrent les magistrats du parquet, les longues détentions préventives, la lenteur des procédures d’instruction et de jugement, les arrestations arbitraires et les détentions abusives…

La conséquence directe de cette surpopulation reste l’insalubrité qui y règne, la promiscuité, la recrudescence des décès dans les prisons. Six décès ont été déjà signalés en ce début d’année 2012 dont AKPALI Kossi décédé le 1er janvier 2012 au cabanon du CHU de Lomé, PALAWIYA Piniwé décédé le 10 janvier 2012 au cabanon du CHU de Lomé, SALAKO Koffi décédé le 04 février 2012 au cabanon du CHU de Lomé, ASSIBA Francis décédé le 07 février 2012 au cabanon du CHU de Lomé. Tous ces détenus cités sont à l’agonie avant d’être transférés au cabanon qui est devenu une sorte de morgue pour les prisonniers.

Les exemples sont légions et nous rappelle qu’au Togo tous les citoyens sont en danger, des plus nantis au plus pauvres. Pour cela, tout ça suffit et il faut que ça cesse.

Au vu de ce constat, la synergie des ODDH se refuse de continuer par jouer le rôle de sapeur-pompier ou de médecin après la mort. Elle entend jouer pleinement en toute responsabilité, de façon citoyenne et inlassable sa partition en s’attaquant au mal à la racine que constituent les violations récurrentes et systématiques des droits humains sur la terre de nos aïeux. La question que nous devons nous poser, est de savoir :

Qu’est-ce qui motivent tant les autorités togolaises à s’engager sur la voie des violations des textes de la République et celle des droits humains? Quelles sont les raisons qui sous-tendent ce réflexe de la classe dirigeante du pays à violer constamment les droits de l’homme ? Autant de questions mesdames et messieurs que nous laissons à votre appréciation.

Au niveau des DESC, les gouvernants n’ont cessé de tourner les fonctionnaires en bourrique. Des promesses tenues ça et là restent purement et encore un véritable leurre. La désinvolture est totale.

Les richesses nationales sont impunément détournées et concentrées entre les mains de la minorité dirigeante, pendant que tout le peuple croupit dans une misère effroyable.

Comme le disait Le MAHATMA MOHANDAS GANDHI, artisan de la non-violence, « Nul homme qui aime son pays ne peut l’aider à progresser s’il ose négliger le moindre de ses compatriotes. Dans ce cas, l’action non violente conduit inéluctablement à descendre dans la rue pour manifester publiquement sa volonté de combattre l’injustice ».

Comme le Tunisien, l’Egyptien, le Libyen, le citoyen togolais aspire à la liberté ;

Il veut vivre dignement ;

Il veut de bonnes écoles et de la nourriture pour les enfants ;

Il veut des hôpitaux dignes pour soigner les malades ;

Il veut être respecté ;

Il revendique une gouvernance limpide qui ne confonde pas l’intérêt privé avec l’intérêt général ;

Et, plus que tout, il veut la justice et la paix car nous avons encore en mémoire cette affirmation de René Samuel CASSIN, l’un de la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme selon laquelle « Il n’y aura pas de paix dans le monde tant que les Droits de l’Homme seront violés en quelque partie de la planète »

Chaque citoyen togolais veut comprendre les choix politiques et économiques qui sont faits en son nom. Il s’insurge contre la manipulation et la corruption ;

C’est pourquoi il est plus que jamais temps de se lever comme un seul homme pour dire : Ça suffit !

Nous réitérons le caractère sacré et universel des droits humains, et soutenons sans ambages que le noble combat de la promotion, de la protection et de la défense des droits de l’homme n’est contre personne. C’est une vraie quête permanente et courageuse, un défi de tous contre personne.

Quant aux élections, la position des ODDH est plus que claire : pour l’heure, les élections ne sont pas la solution aux problèmes togolais. Les ODDH ne sont pas prêtes à accompagner et à accepter un processus électoral fait à la va-vite, vicié à l’avance et dont le but est de voler le suffrage des Togolais.

Car en effet, aux termes des dispositions de l’article 21 de la DUDH :

« 1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.

2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.

3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote ».

Mais force est de constater qu’à quelques mois seulement des échéances électorales, le cadre électorale (notamment un fichier électoral crédible, un découpage électoral honnête, une Commission Electorale véritablement indépendante, des techniques sincères et transparentes de transmission des résultats de vote…) n’est pas encore clairement défini.

Le peuple togolais a marre du cycle infernal : élections – contestations – répression – dialogue – élections…

Sur ce point, les ODDH attirent l’attention de la communauté internationale qui ne doit ni cautionner, ni encourager à l’organisation des élections dans un environnement politique caractérisé par un flou total.

Elles soutiennent avec vigueur que l’argument tiré d’un prétendu vide institutionnel ne saurait prévaloir sur la volonté populaire ainsi que sur le droit sacré et inaliénable des togolais à voir respecter le verdict des urnes.

Somme toute, une transition servira à assainir l’environnement social et politique et à fixer de manière sincère, concertée et consensuel un cadre électoral crédible.

Sur la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC)
Les ODDH font observer que le Samedi, 25 Juin 2011, Monsieur Biossey Kokou TOUZOUN, alors membre du Bureau politique du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), parti au pouvoir, a été désigné, avec certains autres, tous aussi membres de certaines formations politiques de l’opposition, respectivement comme président et membres de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) en stricte violation de la loi.

Or aux termes des dispositions de l’article premier de la Loi organique N° 2004-021 portant création de la HAAC, institution constitutionnelle chargée de réguler le paysage médiatique :

« La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), ci-après dénommée Haute Autorité, est une institution indépendante vis-à-vis des autorités administratives, de tout pouvoir politique, de tout parti politique, de toute association et de tout groupe de pression. »
Cette disposition capitale, ayant pour but premier de restituer à l’institution sa pleine et entière neutralité et partant sa crédibilité, se trouve enfreinte avec flagrance, vu la présidence et la composition de cette institution de régulation et de protection de la liberté de presse et d’expression.

Il est donc à craindre que minée par les politiques comme c’est le cas d’ailleurs, cette institution ne remplisse la mission qui est la sienne, alors que notre pays regorge encore de personnalités d’une intégrité et d’une probité morale avérées.

En conséquence, les ODDH ont demandé, le 18 Janvier 2012, à travers une lettre ouverte au président de la République, de prendre les dispositions urgentes qui s’imposent, en sa qualité de garant du bon fonctionnement des institutions de la République, notamment en relevant de leurs fonctions Monsieur Biossey Kokou TOZOUN et tous les autres membres de la HAAC appartenant à des formations politiques.

A ce jour, rien n’est fait et le silence totale : le chien aboie, la caravane passe ! Drôle de nos institutions !

Citoyenne togolaise, citoyen togolais,

Que tu sois autorité, cadre, travailleur dans la fonction publique, travailleur dans le secteur informel, cultivateur, étudiant, jeune, vieux, homme, femme, musulman, chrétien, animiste ; qui que tu sois, tu as l’impérieux devoir citoyen de sauver le Togo en disant en patriote :

Le silence coupable de Faure Gnassingbé et de son gouvernement face aux revendications légitimes des ODDH, ça suffit !

La torture, ça suffit !

L’impunité sous toutes ses formes, ça suffit !

La gabegie et le pillage des ressources du pays par une minorité, ça suffit !

La saisie illégale et la confiscation des fonds appartenant à des tiers, ça suffit !

L’expropriation des terres sans préalable et juste indemnisation, ça suffit !

L’instrumentalisation de la justice, ça suffit !

La surpopulation et la déshumanisation du milieu carcéral, ça suffit !

La vie chère, ça suffit !

Les violations systématiques des droits des citoyens togolais, ça suffit !
Car enfin, ça suffit, et nous avons l’impérieux devoir citoyen de sauver le Togo !

Dans cette optique, les ODDH lance un appel pressant aux partis politiques à agir désormais en synergie pour faire respecter les DH et l’expression du suffrage par l’assainissement de l’environnement sociopolitique, seuls gage de l’enracinement de l’Etat de droit, de l’avènement de la démocratie et de l’épanouissement des populations.

Fait à Lomé, le 11 Février 2012,
Les ODDH

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