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LE PAYS - 02/09/2011 Imprimer | Envoyer | Réagir

Procès de Kpatcha au Togo : Le droit sera-t-il dit ?


L’actualité devait être dominée hier 1er septembre 2011 au Togo par le procès de Kpatcha Gnassingbé, frère consanguin du chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé, accusé, avec 32 autres personnes, de complot et de tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat. En termes plus clairs, il est reproché à cet ancien ministre de la Défense et à ses compagnons d’avoir voulu perpétrer, en avril 2009, un coup d’Etat.

Après plus de deux années d’instruction au cours desquelles ils sont détenus au secret et à titre préventif, l’heure est venue pour eux de s’expliquer devant la justice et publiquement, sur ce qui leur est reproché et pour lequel chacun d’eux encourt une condamnation à la perpétuité s’il est reconnu coupable. Comme il fallait s’y attendre dans ce genre de procès, l’audience a été renvoyée au 6 septembre prochain. Le renvoi n’a pas été concédé suite à des débats de procédure comme c’est souvent le cas, mais pour permettre à un avocat de l’accusé emblématique Kpatcha, qui s’est constitué à l’audience, de « prendre connaissance du dossier ».

Les vraies choses n’ont pas encore commencé et c’est à se demander, d’ailleurs, si elles le seront vraiment le 6 septembre. Les éternels débats procéduriers ne manqueront pas. Les conseils des accusés, comme on peut l’entrevoir, ne se priveront pas à travers des joutes oratoires, de demander l’abandon des charges contre leurs clients pour non-respect scrupuleux de la procédure au cours de l’instruction et pour violation de leurs droits. Par exemple, il faut s’attendre à ce que soit évoqué le non-respect du statut de député de Kpatcha qui est détenu sans que son immunité parlementaire, sauf omission de notre part, n’ait été levée. En face, leurs confrères tenteront de démontrer le contraire avec des arguments pour convaincre la Cour. Mais en attendant le 6 septembre, on peut relever que la tenue de ce procès mérite d’être saluée. Certes, il a un soubassement de rivalités familiales pour le pouvoir qui déborde dans le domaine public. Mais le procès se présente comme une tribune de règlement de comptes civilisé. En d’autre temps, il n’est pas évident que cette affaire grave sous nos tropiques, parce que touchant à la sûreté de l’Etat, soit confiée à la justice. On l’aurait réglée autrement et laisser les défenseurs des droits de l’Homme jaser. A ce niveau, on note tout de même une rupture avec le passé même si l’on ne peut s’empêcher de se demander si « ce traitement de faveur » n’est pas dû à la présence parmi les présumés putschistes de deux demi-frères du chef de l’Etat. En effet, en plus de l’honorable Kpatcha, un autre de la nombreuse fratrie Eyadéma, qui se prénomme Essolizam, est du lot des présumés conjurés.

Certes, la voie judiciaire a été privilégiée pour tirer au clair cette affaire de coup d’Etat présumé. Mais on ne peut s’empêcher d’avoir des craintes par rapport à un procès équitable de ceux qu’on accuse d’avoir voulu remettre en cause de façon brutale l’ordre démocratique. Les parodies de justice n’ont malheureusement pas disparu du continent africain malgré l’indépendance de la justice dont on nous parle tant depuis les années 90. Les affaires touchant les chefs d’Etat sont généralement traitées avec zèle par des magistrats acquis. C’est dire que dans des dossiers sensibles comme celui de Kpatcha et compagnie, il faut redouter une instrumentalisation de la justice par les puissants du moment pour régler des comptes sans s’exposer d’une manière quelconque. La crainte est grande au regard de la qualité de frère consanguin du chef de l’Etat qui, au lieu d’être une bonne couverture, constitue ici un talon d’Achille vu les relations exécrables entre les célèbres frères. La justice togolaise a du pain sur la planche. Comme le disciple Saint Thomas, on attend de voir avant de croire à quoi que ce soit dans cette affaire familiale devenue une affaire d’Etat.

Par Séni DABO — Le Pays

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