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LIBERTE HEBDO - 18/06/2011 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo: Le domicile de Jean-Pierre Fabre transformé en champ de bataille


La marche du FRAC pour exiger le retour à l’Assemblée nationale des neuf (9) députés de l’ANC et l’abandon du projet de modification de certaines dispositions de la Constitution a été sévèrement réprimée par les forces de sécurité dès le lieu de départ. Une répression qui a amené certains jeunes à ériger des barricades et brûler des pneus.

Le Font républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) regroupant l’ANC, l’ADDI, le PSR et Sursaut-Togo, et le Parti des Travailleurs ont appelé à une manifestation pacifique hier jeudi pour dire non au tripatouillage de la Constitution et exiger le retour des 9 députés ANC à l’Assemblée nationale. Ainsi, une importante foule a pris d’assaut très tôt le matin le lieu du rassemblement à Bè-Kondjindji, surtout qu’il n’y avait aucune déclaration officielle interdisant la tenue de la manifestation. Alors que les manifestants attendaient l’arrivée de leurs leaders pour s’ébranler, les éléments de la Police ont subitement commencé à les charger. Grenades lacrymogènes et balles en caoutchouc sont directement tirés sur la foule. C’était le sauve-qui-peut.

Remontés contre cette répression, des jeunes se sont organisés pour dresser des barricades et brûler des pneus. Certains ont décidé de répliquer à la violence aveugle des forces de l’ordre par des jets de pierres. Ce face-à-face entre manifestants et policiers a duré toute la journée d’hier avant de connaître une accalmie vers 16 heures GMT

Après le quartier Bè, les forces de police ont aussi pris d’assaut le quartier de Nyékonakpoé-Kodjoviakopé où habite Jean-Pierre Fabre, le leader du FRAC. La maison du « vainqueur malheureux » de la dernière élection présidentielle est littéralement prise d’assaut par les forces de l’ordre qui ont tiré dans la cours et le salon du président de l’ANC, plusieurs grenades lacrymogènes. Les jeunes du quartier n’ont non plus échappé à cette descente punitive. Nombre d’entre eux ont été tabassés par les policiers qui ne font aucune distinction entre enfants et adultes.

On signale plusieurs blessés graves et une vingtaine d’arrestations dans les rangs des militants du FRAC.

Olivier A.

LIBERTE N° 990 du vendredi 17 juin 2011

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