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OBUTS - 31/12/2009 Imprimer | Envoyer | Réagir

Voeux 2010 de Agbéyomé KODJO (OBUTS): «Non; Maintenant ça suffit !»


Mes chers compatriotes,
Togolaises et Togolais,

L’année 2009 égrène ses dernières heures, et à son rythme, s’approchent les premières lueurs de 2010. En cette période particulière de fêtes de fin d’année, il me paraît indispensable de m’adresser à vous d’abord pour vous féliciter du courage et de la grande dignité dont vous faites preuve en créant dans vos foyers autour de vous, un peu de joie, malgré la situation financière très difficile. Je le sais, ces dernières années et particulièrement 2009, ont été un vrai chemin de croix, où abandonnés de nos gouvernants, nous avons dû nous débrouiller seuls, avec plus ou moins de réussite. Face aux intempéries, à l’augmentation générale des prix des denrées, aux effets induits de la crise financière internationale, seule l’indifférence a été la réponse du gouvernement. Mais jamais vous n’avez perdu le sens de l’honneur et la voie de l’espérance. Soyez-en fiers !

Dans deux mois, notre nation a un rendez-vous important avec son histoire. Nous serons appelés à élire un nouveau président de la République pour les 5 prochaines années. Tous autant que vous êtes, avez une attente spéciale de ce rendez-vous. Il est dans la vie d’une nation comme dans celle des hommes, des moments qui revêtent une importance particulière au regard de l’exigence de choix qu’ils imposent, de la dose de courage qu’ils demandent et du niveau de risque qu’ils comportent. 2010 est un de ces moments, un rendez-vous électoral qui peut nous ouvrir le chemin des lendemains meilleurs ou nous fermer pour longtemps encore les portes de la délivrance. Mais bonne nouvelle : tout est entre nos mains ! C’est à nous qu’il revient de faire le choix et nous pouvons faire le choix du progrès et de la justice si nous le voulons.

Ce choix est simple même s’il emporte des conséquences cruciales. Le 28 février 2010, chacun de vous, en âge de voter, devra clairement dire s’il souhaite voir se poursuivre l’asservissement de notre nation ou si au contraire, il désire voir le changement qui libère le peuple togolais. La question qui est posée le 28 février est : êtes vous pour ou contre la corruption, la gabegie, l’impunité érigées en mode de gouvernance ? Êtes-vous pour ou contre le fait qu’une minorité confisque tous les pouvoirs et les utilise pour s’enrichir et appauvrir la majorité ? Etes-vous pour ou contre le fait que le Togo s’inscrive dans une logique dynastique dans laquelle, après le père, le fils passe sa vie au pouvoir et transmette les rennes au petit fils ? Êtes-vous pour ou contre le fait que le Togo avance dans l’histoire, à contre-sens, marchant à reculons sur le chemin du progrès, en regardant sans sursaut d’orgueil, les pays voisins opérer des choix qui concourent au bonheur de leur peuple ? Êtes-vous pour ou contre le fait que la démocratie et l’Etat de droit demeurent des vœux pieux sous nos cieux alors qu’ils fleurissent partout ailleurs autour de nous ?

Mes chers compatriotes,
Togolaises, et Togolais

Votre réponse aura la forme d’un bulletin de vote. C’est en votre âme et conscience qu’il faudra la donner. C’est à cet instant précis, que votre liberté de conscience concourt au plus haut point à l’expression de la souveraineté populaire. Ce n’est pas tout d’espérer le changement, encore faut il agir en hommes et femmes du changement. L’alternance n’est pas qu’un désir, c’est un acte délibéré. C’est entre nos mains de voter le changement, de voter notre désapprobation d’un système inique qui verrouille notre avenir, c’est entre nos mains de dire « non ; Maintenant ca suffit ! ».

Mais le vote quel que massif et pertinent soit-il ne sera que le début de notre bataille. Habituellement les tenants du pouvoir n’acceptent pas facilement leur défaite.

Mais le peuple qui croit en la justesse de son combat doit se battre pour le respect de sa volonté. Il est une vérité historique qui ne se dément pas : pour rester debout, il faut se redresser, relever la tête et affronter son destin. Debout comme un seul homme, sans nous laisser timorés par les souvenirs des violences passées, il nous faudra, arracher notre indépendance de l’obscurantisme domestique, 50 ans après l’avoir conquise de l’impérialisme étranger.

En 1789 des paysans sans culottes du tiers état français excédés par la misère que les impôts royaux leur infligeaient, se sont redressés, pour exiger l’égalité et la démocratie. Ces paysans sans aucun moyen, sont venus à bout d’une monarchie pluriséculaire et des ses soutiens extérieurs. C’est au prix de ce combat courageux et victorieux, que la France est aujourd’hui une démocratie républicaine, à qui est attachée la fierté d’être la patrie des droits de l’homme. S’ils ont pu le faire, nous aussi nous pouvons le faire.

En 1958, nos ascendants ont démontré avec vaillance que le peuple peut triompher de la tyrannie, de l’oppression. Ils ont obtenu l’ablode dans les formes et les conditions qu’ils exigeaient. S’ils ont pu le faire, nous aussi nous pouvons le faire.
Plus récemment, les peuples du Benin et du Ghana, ont réussi à recouvrer leur liberté à travers une démocratie apaisée et une alternance désormais rituelle. Or, l’histoire précoloniale et les pratiques socio culturelles montrent bien que les peuples du Togo sont frères de ceux de ces pays, au-delà des frontières artificielles. C’est dire que par la foi et le combat de notre peuple, la nation Togolaise aussi peut se délivrer du joug de l’oppression.

Telle est en tout cas la conviction d’OBUTS qui comme vous le savez, s’engage dans cette bataille électorale, avec une seule ambition : redonner au Togo son honneur et sa fierté. Je souhaite de tout cœur, que vous fassiez confiance au programme que notre formation politique propose pour redresser le Pays. Je porterai personnellement les couleurs de mon parti et vous garantie que je serai comptable de chaque voix donnée à Obuts. Nous mettrons tout, absolument tout, en œuvre afin que 2010 ne s’inscrive pas sur la longue liste des rendez-vous manqués. Je ne vous trahirai pas. Je ne vous mentirai pas, je ne vous abandonnerai pas.

J’invite tout particulièrement les organisations syndicales et toutes les associations professionnelles, à se mobiliser autour de nous pour exiger et obtenir le changement. Sous le régime actuel, vos revendications, même les plus légitimes n’ont trouvé que des réponses insignifiantes, sans doute parce que la priorité des dirigeants n’est pas l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Je m’engage, à donner aux syndicats et aux associations professionnelles les moyens nécessaires pour remplir pleinement leur mission de défense des intérêts des travailleurs. Je serai vigilant afin que les syndicats disposent de toute leur indépendance vis-à-vis des formations politiques pour éviter que la recherche du mieux être des travailleurs ne soit instrumentalisée par des velléités politiques, d’où qu’elles viennent. Je ferai instaurer un cadre permanent de dialogue tripartite entre le syndicat, le patronat et le gouvernement fondé sur le respect mutuel et la sincérité réciproque. Il aura pour rôle de fluidifier les relations autour du travail en permettant que tous les sujets touchant à ces relations et au monde du travail en général, puissent être anticipés, débattus sans tabou, dans une optique constructive. L’objectif est d’éviter autant que faire se peut, que le syndicalisme dans le Togo nouveau, ne se réduise à la contestation pouvant conduire aux blocages préjudiciables aux efforts que nous sommes tenus d’entreprendre pour relancer l’économie de notre pays et assurer à tous nos compatriotes de meilleures conditions de vie. Je suis pour un syndicalisme fort, indépendant qui s’inscrit dans le dialogue constructif.

Mes Chers Compatriotes
Mesdames, Messieurs

Ma conviction, est que si chaque fille et chaque fils de notre nation se mobilise, et apporte sa contribution déterminée, du niveau où il se trouve, nous parviendrons à faire bouger notre destin collectif. Un peu idéaliste me diriez-vous ?

Pas du tout : je sais précisément où se trouvent vos craintes. C’est pour cela que je voudrais m’adresser à nos frères et sœurs militaires et membres des forces de sécurité, et de l’ordre.

La nation est une entité indivise et plurielle : les civils comme les militaires en sont des membres à part entière. Tous doivent rechercher le bienêtre collectif car lorsque ça va mal, ça va mal pour tout le monde. La misère, la pauvreté des systèmes de soin ou d’éducation, le chômage touchent de près ou de loin tous les citoyens qu’ils soient civils ou militaires.

La démocratie pour laquelle, une grande partie de la nation se bat ne fera de mal à personne. L’alternance politique ne pénalisera en rien les armées. Au contraire, elle permettra de redéfinir les conditions dans lesquelles chaque corps de métier peut travailler librement et obtenir le juste salaire de son effort.

Moi personnellement je ne suis pas d’accord avec le fait que les militaires, les gendarmes ou les policiers soient si mal payés, si mal entretenus dans notre pays. Vous avez fait le serment de défendre et protéger la nation jusqu’au sacrifice suprême. C’est un devoir pour la nation, de vous offrir des conditions de vie décente, un salaire qui vous permette d’assurer l’éducation de vos enfants et le bonheur de vos familles. C’est pour cette raison que je m’engage, parmi les 21 premières mesures que je prendrai si je suis élu, à appliquer le statut des forces armées qui a été voté par la conférence nationale. Tout cela pour vous dire que le changement démocratique ne pourra pas se faire si vous ne choisissez pas le camp du peuple. C’est ensemble, côte à côte, que nous devons libérer notre nation ; c’est ensemble avec vous que nous allons bâtir un avenir prospère pour tous.

D’ailleurs, dans le Togo nouveau, j’ai une mission de pointe à vous confier. Comme vous le savez, les ennemis qui menacent notre intégrité territoriale aujourd’hui, ce ne sont plus des terroristes armés jusqu’aux dents. Notre seul et véritable ennemi, c’est notre incapacité à maîtriser notre avenir collectif, à maîtriser les technologies du futur, à maîtriser les techniques nouvelles qui permettent d’améliorer notre agriculture, notre système de santé publique, à acquérir des procédés d’aménagement des villes nouvelles, à développer le génie hydraulique et énergétique. Notre ennemi c’est de ne pas savoir comment sera l’avenir et comment nous devons nous organiser aujourd’hui pour rester des hommes indépendants et libres demain. Ce qu’il faut défendre plus que tout, c’est l’intégrité de notre devenir. Tout cela passera par la recherche et la prospective. Et c’est à l’armée togolaise que je veux confier cette mission d’élite parce que je sais que vous êtes capables de la réussir mieux que quiconque. Chers frères, membres des forces de l’ordre et de sécurité, il est venu le moment de choisir entre une minorité qui vous méprise et compromet l’avenir de vos enfants, et le mouvement populaire de libération qui s’engage à vous donner toute votre place dans le Togo nouveau. Je compte sur vous pour opérer le choix de la paix et de la démocratie.

Je sais qu’il y a des éléments isolés qui ternissent la réputation de l’armée et qui pour des raisons inavouées seront prêts à faire les basses besognes. J’invite tous ces éléments à revenir à la raison. Dans tous les cas, l’impunité est terminée. Il faut juste à voir à l’esprit que les auteurs des exactions contre les civils au Kossovo, en Bosnie, au Rwanda au Liberia en Centrafrique et en RDC été arrêtés et transférés vers les tribunaux internationaux, séparés à vie de leur femme et de leurs enfants, pour répondre de leurs actes. J’ai dores et déjà fait constituer un collège d’avocats prêt à engager des poursuites individuelles contre les auteurs que nous avons les moyens d’identifier. La période ou des assassins se promènent dans les villages et se ventent publiquement de leur crime est terminée.
Mais j’ai bel espoir que l’armée dans son ensemble apportera son soutien à l’alternance que le peuple désire. « Valeur, Discipline », telle est votre devise, je vous donnerai le moyen de mettre votre discipline et vos valeurs véritablement, au service du Togo de demain.

Chers compatriotes,
Togolaises et Togolais

C’est sur ces mots que je veux partager avec vous mon rêve. Je fais le rêve que le 27 avril 2010, 50 ans après l’indépendance, les Togolais à la faveur de la première élection démocratique et transparente, ont choisi un président d’avenir, et que tous les enfants de notre nation, militaires, hommes d’églises, enseignants, commerçants, médecins et personnels soignants, agriculteurs, tous, de blanc vêtus, ré allument le flambeau de la liberté, et se font le serment mutuel, de vivre ensemble dans la paix, de bâtir dans l’union et la solidarité un Togo prospère.

Je forme le vœu que cette année 2009 soit la dernière que les Togolais traversent sous le joug de la tristesse et de l’indigence. Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2010, qu’elle voie toutes vos espérances s’accomplir pleinement ! Que la vertu, l’humilité et la prospérité inondent les monts et les vallées de notre cher Togo.

Vive la LIBERTE
Vive la Démocratie
Vive le Togo


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