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DOHNANI - 16/11/2009 Imprimer | Envoyer | Réagir

La problématique de la présidentielles de 2010 (1)


LA PROBLEMATIQUE DE LA PRESIDENTIELLE DE FEVRIER 2010 AU TOGO

Trois fois déjà, depuis la nouvelle mode qu’est une plus grande démocratisation des états africains qui fait l’écho du fameux discours de la Baule, il a été organisé des élections présidentielles au Togo. Autant de fois déjà, les attentes des uns et des autres sont restées inassouvies.

L’un des paris majeurs de l’élection présidentielle de 2010 est sans nul doute celui de résorber la fracture systémique de plus en plus béante, que le TOGO, à l’instar de presque tous les états africains, n’a cessé de connaître durant tant d’années de micmac politicien.

Ce pari a pour enjeu de clarifier le « système » politique qui pourrait être la nôtre, en ne perdant jamais de vue les moyens authentiques qui aideraient dans son application. Le constat actuel est de loin en défaveur de cet état de fait.

Il n’y a aucun intérêt ici à revenir sur les événements qui ont jalonné l’histoire récente ou lointaine de ce pays, des plus douloureux aux plus incompréhensibles, en passant par les ambigus et encore les plus inadmissibles… !

L’élection présidentielle de Février 2010 doit donc servir de nouveau départ pour une nouvelle ère républicaine au Togo. Elle doit permettre à ce pays qui aura ainsi vécu cinquante ans d’indépendance sans jamais avoir pu décider du sort qui devrait être le sien, de s’afficher en tant que nation définitivement tournée vers l’avenir.

C’est du moins, ce qui pourra permettre d’éviter le chaos tant annoncé. Il y va de l’engagement des uns et des autres. Il y va surtout de celui du pouvoir, afin qu’il ne soit plus entaché de cette espèce de peste vénielle qui est la résultante de plusieurs années de gestion du pouvoir dans laquelle nombre de togolais ne se retrouvent aucunement.

L’état chronique de frustration et la condition d’éternel désabusé que l’on peut remarquer chez les populations togolaises aujourd’hui, répondent à la déclinaison qui est faite du paradigme « changement » auquel elles ne sont pas arrivées à attribuer, tout au moins pas encore, une orientation répondant à leurs attentes légitimes. La crainte étant de faire du surplace encore et toujours en se demandant jusques à quand cela durerait.

Ces populations méritent donc en effet qu’un changement visible, dont la traçabilité est dénuée de toute équivoque dans leur quotidien soit enfin advenu réalité.

Qu’est-ce donc que ce changement ?

L’objet même du changement est invariablement celui de toute nation, c’est-à-dire celui de vouloir vivre ensemble autour d’un projet commun qui requiert l’adhésion d’une majorité dans le souci de susciter chez les plus réticents, le désir d’appartenir aussi audit projet.

Loin d’une utopie, c’est bien ainsi que se définit une nation afin de se donner les moyens de s’affirmer en tant que telle. Les exemples sont légions dans l’histoire des hommes. Que de fois la nation n’a-t-elle été au prix du sang et de rêves non assouvis ! Elle reste cependant le socle sur lequel se dressent les peuples pour se réclamer d’un processus sociétal ambitieux.
La nation togolaise ne saurait être privée de cette vision.

C’est donc justement parce que la perspective d’une telle vision ne semble pas s’inscrire dans le système que le pouvoir a toujours incarné, que le changement devient la condition pour que naisse enfin une nation togolaise.
Tous les togolais veulent le changement, dit-on !

Il y a ceux qui veulent un changement parce que le régime en place est népotique ; nous ne sommes quand même pas dans une dynastie, mais plutôt dans une république, aussi bananière fusse-t-elle !

Viennent ensuite ceux qui estiment que c’est le bilan économique qui laisse à désirer et que l’espoir de tout homme moderne d’être au fait de l’avancé des sociétés du monde contemporain n’est point permis aux togolais. Au détriment du bien-être des jeunes populations, la gabegie a été établie comme méthode de gouvernance.

On peut aussi relever ceux pour qui le changement est synonyme de cessation de l’arbitraire et de l’impunité pour que ces incongruités ne soient plus érigées en privilège. Il en va du nécessaire besoin de toutes les forces vives pour jeter les bases d’une véritable nation togolaise.

Autrement, on s’évertuera à perpétuer des pratiques qui ne cesseront d’éloigner les générations entre elles et d’entretenir un inconfort qui viendrait à bout de toute volonté de cohésion. Le déshonneur serait de participer, d’une manière ou d’une autre, à cet échec !

Le changement peut être entendu par certains comme étant tout simplement le besoin que les mêmes choses soient faites par d’autres, même à compétences égales, pour peu que le style des uns ne convient pas à une majorité. Le choix des peuples ne se fait toujours suivant des critères prévisibles.
Il ne saurait y avoir aucune autre considération si ce n’est seulement une observance en toute objectivité de l’inadaptabilité des compétences indéniables reconnues, au demeurant aux détenteurs du pouvoir.

Enfin, le changement peut se décliner vers une radicale rupture entre ce qui est illégitimement établi pour nettoyer de fond en comble la classe politique, quelle qu’elle soit, parce que ne répondant en rien aux aspirations des différentes générations qui sont le capital garanti du TOGO d’aujourd’hui et de demain.

Cette radicalité doit être envisageable dans la mesure où l’élection annoncée de Février 2010 viendrait à laisser comme un arrière-goût de réchauffé, une espèce de déjà-vu dans l’opinion nationale ; où les mêmes recettes sont resservies, malgré les brillants essais de justification ça et là pour adoucir l’onde de choc. Les générations togolaises ne font pas du surplace. Elles aimeraient certainement que les politiques suivent, afin de combler le décalage qui s’installe au fil des ans. Tout ceci devient lassant !

Au regard de ce qui précède, le changement nous oblige donc en tant qu’enjeu unique et irréversible de l’échéance prochaine au TOGO. Il est non seulement souhaitable qu’il en soit ainsi, mais il est surtout important que ce soit à la régulière, devrait-on dire.

Pour ce faire, trois préalables s’imposent : l’intelligence des acteurs politiques, l’adhésion à une pratique collective et l’égoïsme d’un particularisme retrouvé.

La classe politique togolaise offre un spectacle des moins plaisants depuis que le peuple lui a souverainement confié de garantir un lendemain meilleur après plusieurs décennies d’immobilisme outrageant.

A suivre…

par Kofi L.M. DOHNANI

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