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JACOB ATAYI - 28/03/2009 Imprimer | Envoyer | Réagir

La cité, la vertu et la raison dans le processus démocratique et la République


«Il est paradoxal que le discours postmoderne vante la démocratie tout en justifiant le machiavélisme le plus grossier» Edgar Quinet.

Dans le langage de nos ancêtres, le mot vertu revenait souvent. Peut-on aujourd’hui donner à ce mot une nouvelle force à la vertu dans la république? Il y a au Togo et en Afrique d’aujourd’hui, un déficit de République qui cède le pas, du terrain dans la construction de la démocratie et de l’état de droit. Ce processus est le résultat de l’usure du pouvoir d’une élite qui a abandonné l’attitude originelle d’une république. L’idée républicaine d’un gouvernement est exigeante. Elle tire non pas seulement sa légitimité de la volonté populaire, mais au contraire de la méthode démocratique, du principe républicain, qui sait que la majorité peut se tromper et rend possible la multiplicité des prises de paroles, en interdisant la domination d’un seul discours, renvoie le jugement de la confrontation des opinions du citoyen dans les médias, où des endroits comme agora au temps des grands philosophes grecs. Seule l’idée républicaine de la politique permet de refuser toute tentative hégémonique. Elle est fondée sur le respect strict des opinions et des citoyens. Ce ne sont pas l’histoire, ni les traditions ou la volonté de quelques-uns qui peuvent légitimer les pratiques d’hommes libres, mais le contrat toujours renouvelé entre des êtres raisonnables. Le citoyen est un être de raison, il faut un effort de conscient pour le devenir. La volonté de chacun et de tous sous-entend l’idée républicaine et confère un sens au projet d’universalité. Le système délibératif que met en place la république est celui qui institutionnalise le processus délibératif de la communauté.

La politique est l’ensemble des discours qui sont posés par et à tous. Ces questions sont en permanence politiques et non métaphysiques. Ce n’est pas le comment «bien penser», mais le comment «bien vivre». L’impératif républicain n’est pas de le faire, mais l’être en tant que groupe humain. En fait, ce que la politique met en jeu et publiquement, c’est le dispositif où les délibérations entre ce qu’on doit être et ce qu’on est, énoncent la question politique par excellence: qu’est-ce qui est possible? C’est la production des possibles, de scénarios pour mieux bâtir des stratégies d’action. Ce travail cognitif est en république un énorme effort collectif, d’imagination. Car il faut choisir après avoir défini ce qu’on veut et celui qui peut répondre le moins mal au moment présent à ce que doit être. Enfin, il faut trouver les arguments, le jeu rhétorique pour persuader et réfuter l’autre scénario. Il importe de dire très clairement, les idéaux et les concepts éthiques qui sont importants en politique en tant qu’homme d’état qui réussit, c’est un artiste soucieux des nuances de l’humeur du public, essayant de deviner la tactique de ses adversaires, obligé de travailler harassement et d’unifier son camp par des compromis et des concessions.

La légitimité de la république se trouve dans ce dispositif délibératif complexe et collectif. Elle est fragile, car le dispositif est essentiellement discursif, donc contradictoire. C’est la raison pour laquelle Danton le 25 septembre 1792, définit la république comme étant «une et indivisible». La raison cimente le dispositif républicain. Elle permet d’agir en fonction de l’intérêt.

Une autre source de cohésion est indispensable, la vertu: Cette une notion qui permet de crédibiliser le projet républicain à toutes les époques. La perte de probité inéluctablement entraine la chute des républiques. La vertu c’est le ressort dont parlait Montesquieu. Les politiques grecs qui vivaient dans le gouvernement populaire, ne reconnaissaient d’autre force qui pût les soutenir que celle de la vertu. Les paroles de celles et de ceux qui alertaient les républicains des dangers du manque de vertu sont encore d’actualité, écoutons-les.
Cicéron, disait: «ne perdez jamais de vue, si dans une cité on n’a pas équilibré avec une juste mesure les droits, les fonctions et les devoirs, de telle sorte que les magistrats aient assez de pouvoir, le conseil des grands assez d’autorité, et le peuple assez de liberté, on ne peut s’attendre à ce que l’ordre étable soit immuable».
Le projet commun c’est la réussite de la république togolaise et la réussite de la fédération africaine dans un ensemble de projets démocratiques et économiques où seront protéger les citoyens tout en créant espace de production de la richesse pour le bien être moral et matériel des citoyens et des groupes.

Conclusion:

Gardons nous de penser que les armes forment la république, la grandeur d’une république en dehors de l’équité, un esprit libre dégagé de passions et de l’opulence des particuliers: «nous vantons les richesses, nous chérissons l’oisiveté, nous ne distinguons pas les bons des méchants, seule l’ambition possède toutes les récompenses de la vertu». Il ne faut s’étonner que lorsque nous consultons chacun de nos intérêts particuliers, ici de l’argent, là de la faveur, il ne reste rien de la république.


Jacob Ata-Ayi
France

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