Mercredi 26 Avril 2017

Contactez-nous

Recherche :

Actualités

A la une

Editorial

Societe

Regions

Diaspora

Carnet

Politique

Economie

Sante

Education

Culture

Sports

Afrique

International

Repères

Opinions-debats

Revues de presse

Interviews

Portraits

Annonces

Emplois

Immobilier

Divers

Services

Archives

Newsletters

Abonnement

Publicite

Espace reserve

Qui sommes-nous ?

LTG - 20/09/2008 Imprimer | Envoyer | Réagir

Le boa qui avale sa queue (LIVRE)


Le boa qui avale sa queue ou l’autodestruction de l’Afrique et ses conséquences


Issaka Herman Traoré, auteur du roman Le boa qui avale sa queue, publié aux Editions l’Harmattan dans la collection « Ecrire l’Afrique », est né en 1973 au Burkina Faso plus exactement à Fada N’gourma. C’est un homme touche-à-tout : il est à la fois consultant indépendant, membre de plusieurs réseaux d’évaluation, journaliste indépendant, activiste et alter mondialiste.

Dans ce livre, toute l’histoire de Koudjougou, principal personnage de l’ouvrage, se passe dans un pays imaginaire, la République du Haram dont les habitants se nomment haramistes. Ce pays situé dans la région des savanes en Afrique a pour capitale Fallah. Les Margou qui parlent le margou et auxquels appartient Koudjougou (principal personnage de l’ouvrage) sont l’un des peuples composant la partie orientale du Haram. En langue margou, tambipwalo signifie un grand prêtre, un grand initié, c’est-à-dire un dépositaire des savoirs ancestraux; lyuaba veut dire courroie de transmission entre le monde invisible et les mortels, un art divinatoire qui interprète des dessins sur le sable. Enfin, pour clore cet aperçu lexicologique, les bayulis désignent les jaloux qui ne pensent qu’à détruire leurs semblables.

Comme on va le voir, le roman se divise en quatre grands chapitres et aborde des thèmes tragiques tels que le quotidien ponctué de haine et de jalousie. Par ailleurs, le régime politique du Haram est une « démocratie cotonnière » caractérisé par les assassinats politiques, les bradages économiques et le népotisme érigé en système de gouvernance. Le Haram dirigé par le despote Somboa, c’est aussi la république des juges corrompus et des juges acquis à sa cause. Le despote Soamboa n’a pas hésité par jalousie (bayulis) à assassiner froidement son cousin Babilibilé pour prendre sa place à la tête de l’Etat. De même, l’assassinat politique de l’enquêteur Kampougbaro n’a pas fini d’indigner les citoyens de Haram. Sa dernière enquête a eu trait à une affaire dans laquelle, Ibrahim le beau frère de Soamboa, était impliqué. Et c’est cette dernière affaire qui allait lui coûter la vie. Kampougbaro fut abattu et brûlé dans son véhicule à l’aide d’acide et de carburant.

En bref, l’auteur fait de façon implacable le procès de la gestion de l’Afrique par ses propres dirigeants. A ce propos, le titre du livre en dit long ainsi que le dernier chapitre. En effet, au lieu de se contenter de dénoncer, Issaka Herman Traoré parle aussi des conséquences néfastes de cette mauvaise gestion de l’Afrique. A titre d’exemples les guerres civiles, les génocides, la jalousie, la méchanceté… Ces maux dont souffrent les populations africaines sont causés par les Africains eux-mêmes. La métaphore du boa qui mange sa propre queue a été bien vue et adaptée à la situation de l’Afrique.

Donc, l’Afrique est la première responsable de sa destruction. Généralement, lors des grands colloques internationaux pour diagnostiquer le mal de l’Afrique, la première pierre est jetée à l’Occident. Evidemment, en tant qu’altermondialiste, l’auteur ne sous-estime pas le rôle des puissances étrangères dans les maux dont souffre l’Afrique. C’est là que ce livre contrairement à biens d’auteurs trouve son originalité.

Sur le plan littéraire, l’utilisation de nombreux proverbes s’avère être quelque chose de très enrichissant pour la jeunesse africaine en rapport et avec la sagesse africaine. Le recours aux proverbes, aux rites ancestraux et aux aspects des croyances spirituelles africaines invite à s’approprier la religion négro africaine et à la pratiquer dans le contexte de la mondialisation. Car un peuple sans identité se perd et meurt dans le marigot des alligators.


Note de lecture par Maurice Mouta Wakilou Gligli



Bruxelles, le 15 septembre 2008

POUR COMMANDER
Le boa qui avale sa queue
Issaka Herman Traoré
Collection «Ecrire l’Afrique» Editions l’Harmattan.2007

Imprimer | Envoyer par email | Réagir à cet article

Page précédente
DERNIERES DEPECHES
Togo : Jean-Pierre Fabre dit NIET à Faure Gnassingbé
Ouverture vendredi à Yaoundé d’une réunion des pays de la zone franc
Togo : 35 milliards de francs CFA de bons de trésors vont être émis sur le marché de l’UEMOA
Togo : Un nouveau Cahier des charges pour Togocel pour améliorer ses réseaux G2/G3
Espace CEDEAO: Le Togo s’oppose à la limitation des mandats présidentiels à deux !
Togo: l’OIF rend son rapport sur l’organisation de l’élection du 25 avril
Présidentielle au Togo: dix jours pour régler les derniers problèmes
Togo: Présidentielle reportée au 25 avril à cause du fichier électoral bidonné ?
Togo: les fonctionnaires en grève
L’élection au Togo s’invite en justice à Bruxelles
Les autres dépêches...



OPINIONS-DEBATS

TOGO: JE DIS BRAVO, PRINCE GNASSINGBé! NON SEULEMENT PAR IRONIE...
En refusant de signer le protocole des chefs d'État portant limitation du nombre des mandats présidentiels à deux, protocole qui a cependant recueilli l'accord de 8 chefs d'État sur 10, Gnassingbé n'a rien révélé de neuf, ni de sa personnalité, ni de ses intentions que nous, je veux dire un certain nombre de Togolais, ignorerions. Je dis bravo ! non seulement par ironie, mais aussi parce qu’il aurait pu user d’hypocrisie et de la fourberie qu’on lui connaît et signer le protocole, pour n’en jamais tenir compte, comme tant d’autres fois. Par Sénouvo Agbota ZINSOU


PORTRAITS

TOGO-RéPRESSIONS MILITAIRES : QUI A TUé ALABI NADJINOUDINE ?

INTERVIEWS

LAURENT BIGOT, DIPLOMATE LIMOGé POUR AVOIR PRéDIT LA CHUTE DE COMPAORé
C’était il y a deux ans, en juillet 2012 : le diplomate français Laurent Bigot a fait scandale en annonçant la chute de Blaise Compaoré. Après le Burkina Faso, y aura-t-il d’autres pays où la jeunesse se révoltera ? Le cas du Togo nous vient immédiatement à l’esprit. Le clan Gnassingbé, ça fait près de 47 ans qu’il est au pouvoir.


REVUES DE PRESSE

FAURE GNASSINGBé: LE DIALOGUE à LA BOUCHE, LES ARMES ET GOURDINS CLOUTéS EN MAINS
De père en fils, le régime des Gnassingbé, ce clan qui a pris en otage le peuple togolais, n’a pas changé. Ni dans sa nature, ni dans ses méthodes de conservation du pouvoir à tout prix. Et pourtant, au lendemain du décès d’Eyadéma, suivi quelques heures plus tard de l’installation de Faure Gnassingbé au pouvoir par un quarteron d’officiers, et surtout après la parenthèse de sang de 2005, un brin d’espoir était né auprès d’une frange de la population. A raison, étant donné l’extrême jeunesse du successeur du vieux dictateur au pouvoir et plus encore de son discours sur sa volonté de trancher avec l’ère ancienne.


DOSSIERS

Togo: Les forces armées togolaises et le dispositif sécuritaire de contrôle (1&2)

La constitution togolaise (1)

La constitution togolaise (2)

La constitution togolaise (3)