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LTG - 17/08/2008 Imprimer | Envoyer | Réagir

Vanessa Worou : La chanteuse d’une nouvelle génération


par Ekoué Satchivi

Elle est la nouvelle coqueluche de la scène musicale togolaise. Choriste de studios et de spectacles pendant une décennie, Vanessa Worou a prêté sa suave voix à tous les genres musicaux. Finalement repérée et soutenue par un diplomate européen en poste à Lomé, elle se décida à se lancer véritablement dans le show-biz.

A son actif, juste un premier album, Eké (Réveil) en langue Mina. Sortie en juin 2007, cette auto -production de 14 titres est actuellement bien diffusée dans de nombreuses stations radio et télévision. Découvrons ensemble, celle que les connaisseurs s’empressent déjà de comparer à sa devancière, Bella Bellow, prématurément disparue en décembre 1973 dans un accident de la circulation.

Vanessa Worou a toujours caressé le rêve de devenir artiste de la chanson, enregistrer des disques, parader sur les grandes scènes, se faire un nom. En se fixant un tel objectif, elle a justement compris l’exigence du métier : Ne pas se prendre trop la tête, mais se battre pour mériter sa place. Forcer la chance et non l’attendre.

Aînée d’une famille de trois filles et d’un garçon, Worou Akouavi Akpédzé à l’Etat –civil, a vu le jour à Lomé le 07 mars 1979. Toute petite, elle adorait déjà chanter. Plus tard en 1997, elle intègre l’orchestre Young Melodie Voices du Lycée d’Agbalépogan à Lomé, puis la chorale « Amitié » dirigée par Firmin Amenyo, un professeur de musique qui l’initie au chant classique. L’année suivante, elle participe au sein de la chorale « Le chœur des Anges » à la réalisation d’albums de cantiques religieux. Feu Venance Agbayissah, un fécond ingénieur du son qui travaillait à l’époque au studio Colibri à Lomé, lui permet de faire les premiers chœurs modernes. Et sa rencontre d’avec deux autres ingénieurs du son, notamment Rodrigue Bellow et Placide Adogli, va lui donner de nouvelles opportunités.


La Marseillaise comme une incroyable opportunité

Le 14 juillet 2004, Vanessa Worou s’offre une chance que beaucoup n’ont jamais eue. Accompagnée par le pianiste Franck Gbédémah, elle exécute avec brio «La Marseillaise» et «Terre de nos Aïeux», les hymnes nationaux de la France et du Togo devant une forte assistance réunie à la Résidence de l’Ambassadeur de France à Lomé. Epaté, l’Ambassadeur Alain Holleville, alors en poste à Lomé et son épouse Catherine, lui apportent le soutien nécessaire.

Bien avant cette prouesse, Vanessa Worou travaillait patiemment et consciencieusement pour réaliser ses objectifs. Elle finit par gagner la confiance des connaisseurs. On l’aperçoit dans les studios, concerts et spectacles ; sollicitée par de nombreux artistes togolais comme feue Julie Akofa Akoussah, Dee Kwarel, Sika Nella, les Frères Assou et Sêvi, Laurence Montcho, Fifi Rafiatou, King Mensah… En tant qu’interprète, elle est allée jusqu’à inscrire en février 2004 sa voix sur le volume 4 de « Bénin-Passion », un projet musical de Jean-Luc Aplogan, ancien correspondant de RFI au Bénin. Sous le titre : « Les sucrées de Bella Bellow », Vanessa Worou a repris avec doigté, quelques titres de son idole.

Depuis 2005, elle est musicalement suivie par le franco –togolais David Coquerel, maître de chant et responsable du centre de musique « La Belle Mélodie » à Lomé.

Accompagnée par son groupe musical Afrik’Er Célest, (Les Airs Célestes d’Afrique), l’ancienne choriste rend public le 03 juin 2007, son premier album, « Eké » ( Réveil ) conçu entièrement en Mina, un dialecte parlé sur la côte togolaise avec quelques mots en Français. Réalisé sous le style Afro-variétés, (symbiose du folklore national togolais avec des touches jazz et blues sur fond classique), l’artiste y aborde des thèmes simples ; Dieu, la nature, la vie, le travail, l’amour….
Sans se lasser, on peut y savourer Woè Egbé, Kankandodzi (Assurance en Dieu), Hova (Don reçu et cultivé), Egnadé (Soutien aux projets artistiques), Afrika, Ayé, Boubé ( Je continue de marcher), D’autres cieux et lieux ( A la recherche des vertus perdues), Zando (Quand vient la nuit), Némifon, A toi, ma voix ( Ode à Dieu), Pahiya, Souhoé, Agnigban ( Nous sommes étrangers ici-bas).


Vanessa Worou, une nouvelle Bella Bellow?

Vanessa Worou a reçu tous les éloges de son auditoire après son premier concert live donné le 13 juin 2008 au Centre culturel français de Lomé. Pour les uns, la jeune chanteuse a toutes les chances à elle de devenir l’une des grandes attractions sur le plan musical. Allant plus loin, les autres l’ont comparée à Bella Bellow, car son tout premier album porte les signes d’une originalité certaine. Et lorsqu’on interroge Vanessa Worou sur cette comparaison avec la mythique Bella Bellow ; elle répond sans détour : « Lorsqu’elle excellait, je n’étais pas encore née. Elle est aujourd’hui ma référence, mais je ne fais que suivre ma voix. Je veux tout simplement être moi-même ».

D’origine Ifé comme Georgette Nafiatou Adjoavi (Bella Bellow) et Fifi Rafiatou, deux grands noms de la musique togolaise ; Vanessa Worou est reconnaissante à toute la presse togolaise, notamment aux techniciens et animateurs radio et télévision pour la promotion de son premier album. Il n’est pas du tout aisé d’être chanteuse. Mais la passion aidant, elle pense y arriver. La chanteuse d’une nouvelle génération qui donne aussi des cours d’éveil et d’initiation musicale, promet de présenter un « Togo jamais vu » sur le plan artistique ; et exhorte les décideurs à investir dans la culture. /

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