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LETOGOLAIS.COM - 28/04/2008 Imprimer | Envoyer | Réagir

Le 27 avril au TOGO: les vérités d’Atsutsé AGBOBLI*


Interview réalisée par la rédacion letogolais.com le 27/04/2008

LETOGOLAIS.COM : Qu’évoque pour vous, le 27 avril ?

Atsutsè Kokouvi AGBOBLI : Pour quelqu’un qui a fêté, le 23 avril dernier, ses soixante et sept ans révolus, qui a commencé à s’intéresser à la politique à l’âge de douze ans à l’ombre de son père, qui à sa d’une manière a participé à la lutte pour l’indépendance de son pays, le Togo, le 27 avril est et reste une date fétiche pour deux raisons essentielles que toute Togolaise et tout Togolais ne saurait négliger.
D’abord, le 27 avril 1958 est la date anniversaire de la tenue des élections législatives anticipées tenant lieu de référendum d’autodétermination pour le peuple du Togo sous tutelle de l’Organisation des Nations unies et administré par la France.
A cette occasion, le peuple togolais tout entier sans distinction ethnique et régionale a vaincu le colonialisme français en choisissant l’indépendance totale et il a ouvert ainsi la voie à l’émancipation des possessions coloniales de la France en Afrique noire, comme l’avait prévu Sourou Migan Apithy, le député commun au Dahomey et au Togo en 1945 et prévenu en ce sens par écrit le ministre français des Colonies de l’époque.
Les gouvernants français étaient eux-mêmes si conscients de l’enjeu de ces élections qu’ils y avaient mis tous les moyens pour assurer la victoire de leurs suppôts togolais.
Ensuite, le 27 avril évoque la date de proclamation de l’indépendance togolaise, le 27 avril 1960. Une date choisie de commun accord entre le gouvernement nationaliste du premier ministre Sylvanus Olympio et les représentants attitrés de la France, la Puissance administrante au Togo jusqu’à cette date.
C’était un évènement qu’il fallait voir, tant il était marqué par une allégresse générale chez les populations sans distinction aucune.
Pour en arriver là, les deux années du 27avril 158 au 27 avril 1960 furent consacrées à la préparation politique et l’organisation matérielle de la proclamation de l’indépendance et, ce jour du 27 avril 1960, le peuple togolais avait fait la fête.
Ayant eu la chance d’avoir été choisi avec une cinquantaine de jeunes gens, garçons et filles, pour servir comme hôtes et hôtesses d’accueil et guider les délégations étrangères, j’étais aux premières loges et je peux témoigner que la fête fut belle voire grandiose.


LTG : Avez-vous un hommage particulier à rendre à l’un des glorieux combattants de l’indépendance togolaise ?

A.K.A. : Un hommage mérité au peuple togolais tout entier sans distinction ethnique, sexuelle, régionale, religieuse et socioprofessionnelle pour s’être battu sans relâche pour l’indépendance.
Comme le savaient et le reconnaissent aujourd’hui les gouvernants et historiens français les plus honnêtes. Et, comme le peuple fut mobilisé pour mener cette rude et dure bataille pour l’indépendance, il faut aussi rendre hommage aux combattants de la liberté et héros de l’indépendance togolaise. Ces derniers sont nettement plus nombreux que la trentaine de personnes désignées par la direction du Comité de l’Unité Togolaise (CUT) sous l’appellation en éwé de « Ablodè Kalènwo » soit en français les « Héros de l’indépendance ».
En effet, du Sud au Nord et de l’Est à l’Ouest c’est des profondeurs du Togo tout entier que des esprits éveillés, dans les villes et villages se battus contre toute forme de domination coloniale.
Et une étude scientifique des bases sociales du nationalisme togolais démontrent que ce sont les paysans, exploitants directs de leur terre, les artisans et commerçants ainsi que les membres des professions libérales qui étaient des nationalistes sincères et convaincus : ils étaient libres et vivaient de leur travail.
Par contre, les bases sociales des partis favorables au colonisateur étaient constituées principalement par des agents de l’administration, obligés de le faire pour s’assurer leur gagne-pain.
De plus, parmi ces nombreux combattants de la liberté et héros de l’indépendance au Togo, il faut une mention spéciale de « Père de l’indépendance togolaise » à Sylvanus Olympio : sans avoir, de son seul et unique chef, arraché l’indépendance du Togo, il avait incarné à partir de janvier 1951, à la fois le combat pour la réunification et l’indépendance des deux Togo placés sous mandat des Nations unies et celui de l’indépendance du Togo français sans jamais transiger que le principe de la reconstitution du Togo dans les frontières de protectorat allemand.
A ce sujet, il faut rappeler que l’indépendance du seul Togo administré par la France est un accident, pire un avatar du combat des Togolais pour leur réunification dans le cadre du territoire togolais tel qu’il avait été constitué par les conquérants allemands.
Et, il faut aussi le dire voire le proclamer que les nationalistes pan-togolais dont les idéaux de combat s’imposèrent au début du mois de 1951 après le rejet par l’Assemblée générale des Nations unies pour irrecevabilité et inapplicabilité de la requête des Ewés pour leur unification sous une administration commune n’ont jamais lutté pour l’indépendance de l’un et de l’autre des deux Togo.
D’ailleurs, de part et d’autre de la frontière délimitant les zones britannique et française du Togo allemand, les populations avaient ressenti avec beaucoup d’amertume l’intégration à la Gold Coast pour constituer le Ghana du Togo administré par les Britanniques et l’indépendance du seule Togo sous administration française.


LTG : Selon vous quel est le véritable esprit de l’Ablodè ?

A.K.A. : Il faut remonter à l’étymologie du mot Ablodè pour comprendre son sens réel. Selon les sages éwés, Ablodè vient d’Ablomé, la paillote sous laquelle se rassemblent les représentants attitrés des populations résidentes pour débattre en toute liberté des problèmes du village.
A ce titre, c’est l’équivalent de l’agora, la place où dans la Grèce Ancienne les gens se réunissaient pour discuter en toute liberté des questions politiques, économiques et religieuses concernant la cité.
De Ablomé, l’on passa à Ablodé qui signifie liberté et qui se trouve dans la Bible traduite en éwé par les Allemands. Selon d’aucun ce terme Ablodè aurait été suggéré comme slogan pour le CUT par le pasteur Samuel Ataklo alors que pour d’autres, il revient à Emile Sanvee Ablodevi, homme politique ayant vécu pendant sa jeunesse à Kpalimé, dans le Kloto, futur député et Nana Quam-Dessou XIV à Aného récemment décédé de l’avoir fait adopter par les nationalistes.
A ce titre, il signifie à la fois liberté absolue, libération de toute domination étrangère et indépendance totale.
Mot magique, chargé de toute la mystique et de toute la symbolique qui accompagne le combat libérateur du peuple togolais, Ablodè comme slogan est d’une force de résonance extraordinaire qui sert de ralliement aux nationalistes togolais dans leur lutte de libération de leur pays.


LTG : Cette conception de la lutte était-elle moderne ?

A.K.A. : A chaque peuple et à chaque époque son combat. Territoires sous tutelle de la Société des Nations (SDN) de 1919-1946 puis sous mandat de l’ONU de 1946 à 1960 et partagé entre le Royaume-Uni et la France pour être administré pour le compte de la communauté internationale, les deux Togo d’abord ensemble et, puis, le Togo seul administré par les Français avaient conçu leur lutte pour l’indépendance en cherchant à profiter de leur statut particulier.
Ce statut imposait aux deux Puissances administrantes de gérer leur territoire non comme leur possession coloniale mais selon textes de loi et des règlements administratifs particuliers conformes aux termes du mandat.
Juste dans sa conception de lutte non armée et de mobilisation constante des populations, le combat des Togolais pour leur libération devait en principe déboucher sur la réunification et l’indépendance du Togo dans ses frontières allemandes. Une alternative inacceptable aussi bien pour les Britanniques et les Français.
Néanmoins, ce sont principalement les Britanniques fermement soutenu par les autres nations anglo-saxonnes et peu désireux de voir leur échapper l’ancien protectorat allemand notamment le Togo Occidental potentiellement assez riche et déjà administré comme une partie intégrante de la Gold Coast, qui usèrent de toutes les armes de la perfidie et de la manipulation pour imposer, le 9 mai 1956, un référendum d’autodétermination mal ficelé aux populations de leur Togo.
Un évènement qui obligea leurs rivaux français a précipité l’évolution institutionnelle de leur Togo avec l’octroi de l’autonomie, le 30 août 1956, dans le but de couper l’herbe sous les pieds des nationalistes du CUT et de la JUVENTO.
Ainsi, aux circonstances particulières des méthodes de combat particulières et il faut savoir gré aux chefs du mouvement nationaliste togolais d’avoir arraché l’indépendance sans effusion de sang.


LTG : Des négationnistes mènent actuellement une campagne contre la symbolique de notre lutte pour l’indépendance. Avez-vous des mises en garde particulières à formuler à leur endroit ?

A.K.A. : Il y a quelque chose de révoltant à voir des gens qui n’ont pas participé au combat héroïque mené pour l’indépendance de notre pays, apparaître dans le panthéon des héros de l’indépendance togolaise.
A ceux qui cherchent à travestir l’histoire de notre pays, je dis tout simplement de nous produire des bandes sonores ou des documents originaux prouvant que leurs « héros de l’indépendance » avaient un seul instant prononcé le mot « indépendance » devant leurs maîtres français.
J’ai la conviction qu’informés, les leaders décédés du PTP et de l’UCPN se retourneraient dans leur tombe en apprenant les affabulations scandaleuses écrites à leur endroit.
Dans la réalité, en mal de légitimité, les usurpateurs du pouvoir au Togo depuis des lustres se devaient de vilipender les vrais combattants de la liberté et de l’indépendance au Togo.
Et, pour jouir du soutien indéfectible de l’étranger dominateur et conquérant qui ne leur ménage pas son appui pour qu’ils se maintiennent au pouvoir, ces usurpateurs doivent satisfaire outre mesure les desiderata de ces dominateurs et conquérants qui n’ont jamais pardonné au peuple togolais le vote historique du 27 avril 1958, fossoyeur de leur empire colonial en Afrique au sud du Sahara.
Ils ont beau falsifier l’histoire de notre pays, noircir la mémoire des véritables combattants de la liberté et héros de l’indépendance, attribuer à des hauts-faits qu’ils n’ont pas réaliser et dresser des couronnes à ceux qui ne le méritent pas, l’histoire togolaise, le récit objectif du vécu du peuple togolais, saura en temps opportun rejeter dans les poubelles tout ce qui relève de l’imposture.


LTG : Voulez-vous lancez un appel pour ranimer la flamme du combat pour la libération du peuple togolais ?

A.K.A : Parce que le combat pour le recouvrement de l’indépendance du Togo, pour son développement authentique par la modernisation industrielle, pour sa démocratisation à l’ombre de la liberté et la justice laisse à désirer, nous avons décidé avec des amis et camarades de fonder le Mouvement pour le Développement National (MODENA).
Il entend faire la politique autrement, sans haine et sans violence et dans la compréhension mutuelle.
Son manifeste « Togo débout pour le Développement » comprend le projet de constitution d’une société industrielle togolaise, le principe d’un Gouvernement d’union nationale de longue durée, fondé sur un Programme commun négocié par les partis politiques représentatifs de l’opinion.
Mais, avant d’en arriver là, compte tenu de la situation générale marquée par un blocage politique total au Togo, le MODENA préconise d’aller au-delà de l’Accord politique global (APG) pour négocier un Compromis politique global (CPG) consigné dans un Pacte National Togolais (PNT) et d’adopter le régime parlementarisme rationalisé pour la gestion efficace du pouvoir.
Nous appelons toutes les forces vives de notre pays à commencer par les partis politiques constitués à se pencher sur ces propositions faites par ne MODENA pour trouver l’issue qui s’impose une crise généralisée qui menace de nous emporter tous.
Elle a sa solution dans une véritable politique fondée des valeurs de liberté, de vérité et de justice, sur les principes d’union et de réconciliation et sur le système démocratique à l’ombre d’un Etat fort respectueux des droits de l’homme pour permettre aux Togolais de faire face aux terribles enjeux géopolitiques mondiaux et aux défis colossaux de la modernisation industrielle de leur société.


* Historien, Ancien ministre, Président du Modena

La rédaction letogolais.com

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