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LETOGOLAIS.COM - 16/12/2007 Imprimer | Envoyer | Réagir

La France et la fable des droits de l’homme


TRIBUNE LIBRE
Par Armand ADOTEVI *

Répondant à l’invitation de son homologue Président de la République Française, le Président de la Libye séjourna en France du 10 au 15 décembre 2007 dans le cadre d’une visite officielle ouvrant droit à tous les usages protocolaires réservés à un invité de son rang.

D’aucuns se sont émus de ce que la durée de la visite officielle serait trop longue ; aussi, des cris d’orfraie fusèrent de toutes parts : Les emmerdeurs professionnels donnèrent de la voix, les donneurs de leçons s’invitèrent de façon tonitruante dans les médias, les leaders de l’opposition firent de la gesticulation, les socialistes s’époumonèrent, quelques députés s’agitèrent et la Secrétaire d’État aux affaires étrangères et aux droits de l’homme eut une poussée d’urticaire.

Motivant leur réprobation, les hâbleurs et consorts hypocrites qui s’offusquèrent du séjour du Président Libyen en terre Française usèrent constamment à [son] encontre des mots et expression : « terroriste, dictateur, instigateur de tortures, visite choquante» égrenant au passage une litanie de faits éminemment détestables auxquels pour ma part je raccroche la réserve qui suit : Si l’implication du Président Libyen était avérée dans les nombreux faits dont il est tenu au premier chef pour responsable, nul à ce jour n’en apporte la démonstration preuves à l’appui. Aussi, l’éventuelle responsabilité du Président Libyen dans la commission les faits dont s’agit ne saurait être considérée autrement que de contextuelle et politique.

Il est donc reproché au Président Libyen d’être l’inspirateur et/ou le financier de l’accomplissement de "faits violents par usage de moyens et mode opératoire ayant entraînés des pertes massives de vies humaines" à travers le monde. Dont acte !

Factellement, j’observe néanmoins que le Président Kadhafi a depuis quelques années, envoyé des signaux politiques extrêmement forts à la communauté internationale :

*Renoncement volontaire à l’armement nucléaire ;

*Mise à la disposition des -Organismes internationaux de contrôle- de tous ses stocks d’armes de destruction massive prohibées ;

*Abandon de tout recours au terrorisme comme moyen politique de revendication ;

*Indemnisation des victimes des attentats d’une part, de l’avion de l’UTA et d’autre part, de Lockerbie.

*Libération des infirmières Bulgares et du Médecin Palestinien-Bulgare.

Pour un prétendu « dictateur » ou soi-disant perçu comme tel, qui depuis plusieurs années a donné tant et tant de gages au monde entier, convenez qu’[il] a tout de même de l’allure !

En France, il est fait un usage absolument abusif du mot « dictateur » par les bien-pensants ainsi que par de nombreux journalistes incultes, empressés de servir du « dictateur » à tous :

Robert Mugabe Président de la République du Zimbabwe met en œuvre une nécessaire réforme agraire dans son pays, acculant de nombreux propriétaires terriens et autres exploitants agricoles blancs et ex-colons à une équitable redistribution des terres, l’ancienne puissance coloniale Britannique décide instamment toutes affaires cessantes que le Président de la République du Zimbabwe Monsieur Robert Mugabe est un « dictateur » à excommunier de la scène politique internationale !

Le Président du Venezuela Monsieur Hugo Chàvez qui organise un référendum dans son pays, le perd et le reconnaît est qualifié de « dictateur » ! Il est vrai que Monsieur Chàvez défie ouvertement les Etats-Unis d’Amérique sous administration Bush, et ne fait par ailleurs nul secret de son amitié indéfectible pour le Président Cubain Fidel Castro.

Le Président de la Fédération de Russie Monsieur Vladimir Poutine qui s’abstient de manipuler la constitution de son pays et respecte la limitation de son mandat de Président de la Fédération de Russie à deux mandats est qualifié de « dictateur » !

Madame la Secrétaire d’État aux affaires étrangères et aux droits de l’homme, Madame Rama Yade semble avoir l’émotion sélective (…) ! Ne fut-elle pas la présente silencieuse aux côtés du Président de la République Française en juillet 2007 en terre Sénégalaise [en l’occurrence son propre pays d’origine] lors du discours vexatoire que prononça Monsieur Nicolas Sarkozy à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar ?

Ne fut-elle pas la présente aphone aux côtés du Président de la République Française Monsieur Nicolas Sarkozy à l’occasion de sa visite officielle au Président de la République d’un pays d’Afrique Centrale dont les vertus démocratiques sont méconnues et qui demeure au poste de Président de la République depuis quarante (40) ans sans discontinuer !!!

Madame la Secrétaire d’État aux affaires étrangères et aux droits de l’homme, Madame Rama Yade n’est-elle pas membre d’un gouvernement au sein duquel l’on compte un Ministère de (sic) l’identité nationale ?

L’ignominie que constitue le test ADN auquel est dorénavant soumis tout enfant d’immigrés désirant rejoindre [ses] parents pourtant régulièrement établis en France n’a éveillée nulle émotion chez Madame Rama Yade !

La poule qui chante le plus haut n’est pas celle qui pond le mieux !

Ne dénombre t-on pas un nombre de condamnations incalculables infligés publiquement à la France en matière diverses et ce depuis plusieurs années par la -Cour Européenne des droits de l’homme- à l’unanimité de la composition de ses membres siégeant ?

Les centres de rétention administrative en France à l’exception de celui situé dans la ville de Lyon (Rhône) ne sont-ils pas des lieux où toutes les [voix] autorisées reconnaissent sans ambages qu’il y a atteinte manifeste à la dignité humaine et manquements graves au respect des droits humains ?

La France n’est-elle pas couramment condamnée par la -Cour Européenne des droits de l’homme- en raison de l’état inhumain et particulièrement dégradant des prisons Françaises ?

Par une décision en date du 26 avril 2007, la -Cour Européenne des droits de l’homme- n’a-t-elle pas encore condamnée la France pour l’ensemble de [ses] défaillances dans la procédure d’asile à la frontière en violation de l’article 13 de la [Convention] ?
Les brutalités récurrentes dont sont l’objet en quelque occasion des membres de communautés étrangères en France ont-elles suscitées l’émotion de Madame Rama Yade ?

En France, sur de simples présomptions nullement étayées par des preuves irréfutables au cours des débats, des magistrats professionnels statuant en matière criminelle par devant une juridiction spéciale n’ont-ils pas condamnés un prévenu à … perpétuité ?!

En France, des personnes issues de minorités ethniques dites visibles ne sont-elles en quelque circonstance victimes d’arbitraire incontestable et d’outrages en tous genres en raison de la seule couleur de leur peau ?

En France, qui pourrait valablement soutenir qu’il n’y a pas la mise en œuvre d’une forme de politique de criminalisation rampante de l’immigration visant insidieusement les populations en provenance des pays d’Afrique ?

J’avoue avoir eu la faiblesse de trouver le propos ci-après savoureux lorsque à l’Unesco le Président Libyen Monsieur Mouammar Kadhafi indiqua à son auditoire, qu’en France, s’agissant des limites posées à l’immigration en provenance des pays d’Afrique, je cite (sic) : « avant de parler des droits de l’homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits ».

Répondant à une question posée à l’Assemblée Nationale par le député socialiste Arnaud Montebourg, le Ministre des affaires étrangères, l’impétueux Bernard Kouchner cru pouvoir répondre que le Président Kadhafi est (sic) "pitoyable" s’agissant de son interrogation relative au respect des droits de l’homme en France. Me souvenant que Monsieur Bernard Kouchner fut au cours de la dernière campagne pour l’élection présidentielle membre du Comité de campagne de la candidate socialiste, qu’il fut en outre, chargé par la candidate socialiste d’animer l’un des thèmes de [sa] campagne électorale, que néanmoins quelques jours seulement après la victoire du candidat UMP, l’impétueux Bernard Kouchner vira de bord en acceptant le poste ministériel que lui offrit le vainqueur du camp adverse, c’est à bon droit que l’on peut se poser la question de savoir : Qui est donc (sic) … "pitoyable" ?

J’avoue n’avoir pu réprimer un sourire à la lecture de la réponse que fit le Président du Congo Brazzaville Monsieur Denis Sassou Nguesso à Monsieur François Soudan de l’hebdomadaire JEUNE-AFRIQUE au cours d’une interview récente. Question de FS de J.A : « Rama Yade, la Secrétaire d’État aux droits de l’homme, se dit désormais disposée à vous rencontrer pour parler … des droits de l’homme ». Réponse de DSS : « Vous savez, j’ai déjà vécu soixante-cinq ans sans la voir alors … ».

La France n’a-t-elle pas activement contribuée au maintien au pouvoir dans de nombreux pays d’Afrique d’expression française, de dinosaures contre la volonté de leur peuple ?

Je n’éprouve strictement nulle sorte de sympathie pour le fantasque et folklorique Monsieur Mouammar Kadhafi dont le pays la Libye maltraite avec rudesse, expulse et emprisonne les noirs africains qui transitent par la Libye pour rejoindre clandestinement l’Europe. Mais la France si alerte à donner des leçons de droits de l’homme à la terre entière, serait mieux inspirée en balayant devant sa propre porte.

Comme le dit l’adage : La profession de lâche et d’hypocrite a de merveilleux avantages ; cependant, l’humilité ne précède t-elle pas la gloire ?
En France, l’on nous étourdie avec les droits de l’homme, une main sur le cœur et l’autre main sur le tambour !

Madame et Messieurs les -faiseurs de contorsions- continuez donc de nous assourdir avec la farce des droits de l’homme en France.


Par Armand ADOTEVI
*Juriste d’affaires
ado_hoff.consulting@yahoo.fr

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