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AFRIC'HEBDO - 06/08/2007 Imprimer | Envoyer | Réagir

Réponse au Président Nicolas Sarkozy



En visite plutôt de travail à Dakar, au Sénégal, le président Nicolas Sarkozy, le nouveau président de la République Française, s’est permis de s’exprimer solennellement, le jeudi 26 juillet dernier, sur le devenir de l’Afrique.
Pour la raison simple que dominée et exploitée depuis des lustres par l’extérieur dominateur et conquérant avec la complicité inconsciente de certains de ses enfants égarés, l’Afrique offre au monde le spectacle de la pauvreté et de la misère.

DES PROPOS SANS AUCUNE JUSTIFICATION HISTORIQUE

S’adressant à cet effet, principalement à la jeunesse africaine comme si elle est et reste la seule dépositaire du destin des Africains, il a choisi le cadre de l’université Cheick Anta Diop. Et pour cause.
Feu le grand frère Cheick Anta Diop, formé à l’école des chercheurs et historiens européens et noirs-américains antiracistes et préoccupés à redresser l’histoire des peuples noirs falsifiée par les historiens européens à connotation idéologique eurocentriste, colonialiste et raciste avérée européens et que j’eus l’honneur d’avoir connu personnellement, était le chantre incontesté de la Renaissance Africaine.

Il la concevait non au regard d’un quelconque passé glorieux des seuls Noirs-Africains mais au vu de la contribution essentielle des Noirs d’Afrique et de l’Asie à la l’émergence et à l’éclosion de la civilisation universelle notamment en Afrique du Nord-Est (Egypte, Soudan et Ethiopie actuels), en Asie Occidentale et en Asie du Sud.

Et ce, dans un but déterminé : que les Noirs Africains d’aujourd’hui, psychologiquement traumatisés, intellectuellement affaiblis et moralement fragilisés par la domination étrangère sachent qu’ils ont en eux toute l’intelligence nécessaire pour se réarmer psychologiquement, intellectuellement et moralement afin de construire des sociétés industrielles modernes et prospères fondées sur la science, les techniques et les technologie novatrices dont ils sont tout aussi capables que les autres peuples d’en être les promoteurs.

Comme pour contrer à l’université Cheick Anta Diop les dures vérités révélées par notre illustre grand frère sur les sources noires africaines de la civilisation occidentale et du progrès de l’Europe à travers la Grèce Antique, fille de l’Egypte Pharaonique de souche originelle noire, le président français pourtant suffisamment âgé pour avoir une meilleure connaissance de la vraie histoire de l’humanité dont celle des peuples africains est passé du côté de la planche dans son discours : ressassant les poncifs peu glorieux de l’ancienne ethnologie coloniale, renvoyés longtemps déjà dans les poubelles de l’histoire, il peut se permettre de déclarer pour ce qui concerne l’Afrique, que « l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé », que « le problème de l’Afrique, ce n’est pas de s’inventer un passé plus ou moins mythique pour s’aider à supporter le présent mais de s’inventer un avenir avec des moyens qui lui sont propres » et, dans le même temps, reconnaître que « la colonisation fut une grande faute », la traite négrière et l’esclavage « un crime contre l’humanité » tout en refusant l’idée d’une quelconque repentance, pour affirmer de façon péremptoire sans aucune démonstration que « la colonisation n’est pas responsable des toutes les difficultés actuelles de l’Afrique » qui « a sa propre part de responsabilités dans son propre malheur. »


DES PROPOSITIONS PEU NOVATRICES

En se rabattant sur sa propre conception de la politique d’aide de la France à l’Afrique, le président français donne sa propre vision plutôt bizarre de la Renaissance africaine, « cette Renaissance, je suis venu vous proposer que nous l’accomplissions ensemble parce de la Renaissance de l’Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l’Europe et la Renaissance du monde »
Et d’ajouter que « ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est l’avènement de l’Eurafrique, ce grand dessein commun qui attend l’Europe et l’Afrique », « ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance, c’est l’alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit meilleure ».

Un catalogue d’intentions qui, manifestement, laisse tout simplement à désirer.
En revenir à l’Eurafrique, un concept forgé en partie, selon les propos tenus au Bundestag ouest-allemand, en 1953, par Konrad Adenauer, le tout premier chancelier de l’Allemagne Fédérale, pour arrimer l’Afrique riche en ressources naturelles à l’Europe, ne fait pas sérieux pour la simple raison que les Africains ne veulent pas que leur continent soit le hinterland de l’Europe.
L’Eurafrique était loin d’être conçue comme une communauté de destin unissant les Africains et les Européens, leurs dominateurs.

Réduire la coopération entre l’Afrique et la France voire avec l’Europe à une alliance entre la jeunesse africaine et la jeunesse française relève de la méconnaissance du profond désir de développement et de démocratisation que ressentent toutes les classes et couches sociales africaines exploitées à satiété par les forces et puissances étrangères dominatrices et conquérantes.
Compte tenu de l’importance cardinale du continent africain pour le monde, on attendait du nouveau président de la République Française la proposition aux pays africains d’influence française, d’une alliance stratégique de la France et de l’Europe pour assister les Africains dans la modernisation véritable et la démocratisation effective de leurs sociétés.

Ce n’est guère le cas et les rares élites africaines conscientes des grands enjeux mondiaux et des défis de la modernisation industrielle de leur société à l’heure de la mondialisation étouffante n’ont le choix que de se battre pour réaliser par l’unité une véritable communauté africaine de destin capable de sortir les Africains de l’ornière.

Atsutsè Kokouvi AGBOBLI.

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