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LETOGOLAIS.COM - 10/06/2007 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo: « les partis de l’opposition sont enfermés dans un piège »


INTERVIEW de Mr Victor ALIPUI
Président du Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement (GRAD)*

Propos recueillis le 4 juin 2007 par Vénavino DALVES


LETOGOLAIS.COM : Après 9 mois de la mise en œuvre de l’accord politique global, les togolais restent dubitatifs. Le doute est-il fondé et partagez-vous également cette perplexité ?

Victor ALIPUI : Bien sûr, nous partageons cette perplexité. Contrairement à nos compatriotes qui restent dubitatifs, c’est-à-dire si vous comprenez par-là quel résultat concret peut-on attendre de cet accord, nous pouvons vous dire qu’au GRAD, nous savions déjà, lors du dialogue inter togolais et, après sa signature, qu’il se poserait de sérieux problèmes dans son application. Cet accord, dans l’enthousiasme général, est qualifié par les protagonistes de « globale ». Il n’est pas si global qu’ils veulent nous le faire croire pour deux raisons. Premièrement, tous les partis politiques togolais légalement reconnus n’étaient pas tous invités autour de la table de dialogue, et, il en est de même pour les organisations de la société civile. Un tri a été opéré pour n’inviter que le RPT et les partis d’opposition dits traditionnels pour se conformer, soi-disant, aux 22 engagements pris par le gouvernement avec l’Union européenne. Ce faisant, leur première préoccupation était de définir un cadre électoral en vue de l’organisation des élections législatives libres et transparentes. Deuxièmement, les problèmes politiques de fond qui sont à la base de la crise politique que connaît notre pays n’ont été traités que subsidiairement. En effet, ces problèmes sont nés du refus délibéré du pouvoir RPT, d’une part, d’engager sérieusement le pays dans la voie d’un processus démocratique crédible, et, d’autre part, de contribuer à opérer, lors du dialogue, des réformes constitutionnelles et institutionnelles indispensables à la refondation de l’Etat, et d’aborder, dans un esprit d’ouverture et de repentance, les évènements tragiques qui ont secoué notre pays suite au décès du Président Eyadema et à l’élection présidentielle du 24 avril 2005. Mais ces problèmes, comme vous le savez, ont tellement fait l’objet de marchandage et de chantage et ont conduit, finalement, dans un premier temps, à un « Accord politique de base » que deux partis politiques, l’UFC et la CDPA ont refusé de parapher. Il a fallu la facilitation du Président Blaise Compaoré pour aboutir à cet Accord politique global.

Cet accord comporte des insuffisances que le GRAD a déjà eu l’occasion de relever en son temps. Mais les plus importantes sur lesquelles il convient de revenir sont : premièrement, le fait que le Premier Ministre n’ait pas été nommé par consensus et son nom inclus dans l’accord avec des prérogatives bien définies par rapport à celles du Chef de l’Etat. Si bien qu’il ne dispose pas de marge de manœuvre nécessaire pour bien accomplir sa mission dans l’organisation des élections et le respect la feuille de route. Les initiatives qu’il prend ne sont pas bien perçues par nos populations. Ce qui explique l’impression que le commun des Togolais a de lui en disant qu’il sert simplement de caution au régime en place qui résiste au changement. La deuxième est que les réformes constitutionnelle et institutionnelles sont renvoyées à la prochaine législature. Si, dans ce cas, ce sont les dispositions constitutionnelles actuelles en matière d’amendement qui vont s’appliquer, il y a de fortes chances que ces réformes ne voient jamais le jour d’autant que c’est la règle de la majorité qualifiée qui s’appliquera. Même si l’opposition dispose d’une majorité dans la future Assemblée nationale, il n’est pas certain qu’elle ait cette majorité qualifiée nécessaire pour obtenir ces réformes là. Vous comprendrez, dès lors, les raisons qui font que les gens sont sceptiques ou dubitatifs quant à l’application effective de l’APG.


LETOGOLAIS.COM : Quelle est votre appréciation globale sur la mise en application de l’APG ?

Victor ALIPUI : Hormis ce que nous venons de dire, l’application de l’APG semble poser aussi des problèmes pour la simple raison, à notre avis, que le rapport des forces en présence est en faveur des partisans du RPT et de leurs alliés objectifs, CPP et PDR. Ils sont plus nombreux dans les instances de décisions : que ce soit au gouvernement, à la CENI et, en plus, ils contrôlent l’administration et ont, sans doute, l’appui de la hiérarchie militaire et certains pays étrangers. Au moment du dialogue inter togolais, le GRAD a eu à attirer l’attention de certains leaders sur cet élément fondamental si on devait aboutir à un accord politique qui s’appliquerait sans difficulté. Nous avions suggéré qu’il était indispensable que ce rapport fût équilibré en impliquant, par exemple, les Nations Unies dans ce dialogue d’autant que celles-ci avaient fait des recommandations quant à la manière de résoudre la crise togolais. Il aurait fallu, à cet effet, transformer les recommandations des Nations Unies en résolutions du Conseil de Sécurité assorties de sanctions à appliquer à ceux qui ne respecteraient l’accord signé. Bien sûr, ceci sous le contrôle d’un médiateur des Nations Unies détaché au Togo. Nos interlocuteurs nous ont affirmé que la bonne foi animait toutes les parties prenantes au dialogue et qu’aucun problème ne se poserait. C’est sans compter avec la ruse habituelle de ceux qui ne veulent pas le changement. Non seulement ils les ont conduits à vider l’accord de sa substance réel, mais aussi, pour ce qui en reste, ils dressent des embûches pour son application effective. Au regard de ce que nous venons de dire, si, comme nous le soutenons, pour une période de transition, le Premier Ministre avait été nommé par consensus et ses prérogatives définies par rapport à celles du Chef de l’Etat, l’application de l’APG aurait connu tout un autre sort. Le Chef de l’Etat ayant gardé toutes ses prérogatives constitutionnelles nous étions sortis du processus politique, du règlement politique de la crise qui, d’ailleurs, justifie le dialogue. En d’autres termes il pouvait alors nommer n’importe quel autre Togolais pour lui demander de former le gouvernement pour nous organiser les élections législatives sans s’occuper des vrais problèmes politiques. Le Premier Ministre actuel n’ayant pas été nommé dans les conditions que nous venons d’indiquer, n’a aucune autorité pour appliquer convenablement l’APG.


LETOGOLAIS.COM : Comment expliquez-vous les improvisations et les dysfonctionnements des instances tels que le gouvernement, la CENI et le Comité de suivi qui régissent l’APG ?

Victor ALIPUI : Les improvisations et dysfonctionnements proviennent, sans nul doute, du fait que ce gouvernement d’union nationale comprend des Ministres venant d’horizons divers et travaillent sous l’autorité de deux personnalités : le Chef de l’Etat qui conserve tous ses pouvoirs constitutionnels pour faire avancer les choses dans la direction qu’il veut ou les bloquer s’il le faut, et, le Premier Ministre qui n’a que le soutien de son parti ne peut pas agir. N’ayant pas obtenu de pouvoir réel dans l’APG, il aurait fallu qu’il obtînt au moins le soutien de ses compagnons d’armes d’hier de l’opposition pour pouvoir peser de tout son poids sur certaines décisions. Quand bien même il affirme qu’il s’entend parfaitement avec le Chef de l’Etat, nous pensons qu’il sait qu’aucun Togolais ne le croit. Nous avons, à certains moments, pensé qu’il allait saisir l’opportunité pour affirmer son autorité afin de nous démentir. Par exemple, lorsque l’inter syndical s’était présenté devant lui pour demander l’application de l’accord tripartite signé par le gouvernement précédent, il aurait pu instruire, à notre avis, le Ministre des Finances et de la Privatisation de s’arranger pour trouver les ressources nécessaires pour faire droit à la requête des syndicats. Il ne l’a pas fait. L’intersyndical s’est tourné vers le Chef de l’Etat pour poser le problème. Pour des considérations politiques, nous voulons dire, pour prouver que c’est lui qui détient le pouvoir réel, il a su trouver une solution avec le même Ministre des Finances en procédant même à une augmentation des salaires, au paiement d’une partie des arriérés de salaire et à la baisse du prix du carburant. Même si aujourd’hui ces mesures ne sont pas, pour l’essentiel, traduites dans la réalité, il y a eu dans l’immédiat des décisions qui ont calmé les syndicats. Ensuite il y a eu des problèmes au niveau de la CENI au sujet de l’utilisation des kits pour le recensement électoral. Une délégation de la CENI était partie pour les lui soumettre afin d’arbitrer, nous semble-t-il. Là aussi il a manqué le coche. A notre avis, il aurait pu user de toute son autorité pour trancher en faveur de l’utilisation des kits d’autant qu’il s’était engagé devant l’Assemblé nationale d’organiser des élections libres et transparentes pour éviter des lendemains de violences. Il n’a pas, là également, pris ses responsabilités. Il n’a trouvé mieux que de renvoyer le problème au Comité de suivi qui, finalement, a tranché en faveur de l’utilisation des kits. Nous ne voulons pas énumérer d’autres cas, car nous ne lui faisons pas un procès. C’est tout simplement pour tenter de répondre à votre question.

En ce qui concerne la CENI, de par sa composition où les représentants du RPT et leurs alliés constituent la majorité et la timidité dont font preuve les représentants du CAR et de la CDPA, nous ne nous étonnons pas du cafouillage notoire que constatent, avec amertume, beaucoup de Togolais. Il a fallu l’intervention du facilitateur pour les obliger à informer la population de ses travaux par des conférences de presse. Même le chronogramme n’a été communiqué, aux partis politiques et à la presse, que le vendredi 23 mai 2007 après la sixième réunion du Comité de Suivi. Et, c’était pour nous informer que les élections législatives sont reportées au 5 août 2007. Cette échéance est-elle la bonne ? Comme dit la chanson « demain n’est jamais bien loin, laissons l’avenir venir, qui vivra verra ». Nous souhaitons vivement que ce soit la bonne date, mais nous appréhendons que cela ne soit possible. Car, ceci nous semble relever de l’improvisation. Matériellement et techniquement ils ne sont pas prêts.


LETOGOLAIS.COM : Les observateurs de la vie politique au Togo sont stupéfiés par le silence et la sorte d’apathie de la classe politique. Estimez-vous que les signataires de l’APG expriment suffisamment et avec conviction les aspirations du peuple togolais ?

Victor ALIPUI : Nous avons l’impression que les signataires de l’APG, surtout côté partis opposition, se rendent malheureusement compte que les partisans du RPT et leurs alliés les ont enfermés dans un piège. En acceptant de que soit formé un gouvernement d’union nationale, ils auraient dû, au moment du dialogue, poser certains préalables en ce qui concerne le pouvoir réel du gouvernement pendant cette période de transition. C’est-à-dire définir la configuration du gouvernement avec le rôle que chacun des Ministres doit y jouer. Il s’agit d’une question éminemment politique. Il y aura donc des Ministres d’Etat pour s’occuper des problèmes politiques et des Ministres technocrates ayant des attributions purement techniques. Pas plus de quinze (15) au total afin de rendre leur travail efficace.

Par ailleurs, il est dit dans l’accord, s’agissant de la cour constitutionnelle, que « les organes compétents procèdent à la recomposition de la cour constitutionnelle en veillant à ce que les personnes à nommer répondent aux critères de professionnalisme, de crédibilité et d’indépendance ». Pour un point aussi important que celui-là, hautement politique et très sensible vu les actes posés par cette institution aussitôt après le coup d’Etat du 5 février 2005 en acceptant, sans rechigner, les violations répétées de notre constitution, en commettant un parjure en prenant le serment du Chef de l’Etat imposé et en proclamant, sans vergogne, les résultats de l’élection présidentielle entachée de fraudes massives, le GRAD ne peut comprendre et ne comprendra jamais que des hommes politiques de l’opposition aient accepté dans l’accord que ce soit les organes compétents actuels qui procèdent à cette recomposition de la cour constitutionnelle.

Ignoraient-ils que ces organes sont toujours contrôlés par le régime actuel ?

Nous voilà, là où leur manque de vigilance a conduit le peuple togolais. Oui, lorsque nous voyons cette recomposition de la cour constitutionnelle, nous sommes animés d’un sentiment de dégoût. Nous voyons y figurer encore des magistrats qui ont perdu, aux yeux de la population, toute crédibilité. Et, en plus, elle se pose des questions sur leur compétence et leur professionnalisme réels. Ils auraient pu, par pudeur, ne pas présenter leur candidature. Par ailleurs, pour ce qui concerne les Présidents des CELI, il nous semble, là aussi, que l’opposition n’a pas été vigilante au moment du dialogue inter togolais et au moment de l’amendement du code électoral. L’article 28 du code électoral de la loi du 21 janvier 2005 prévoie, en effet, que c’est un magistrat des tribunaux de première instance qui préside la CELI. Mais le nouveau code du 7 février 2007 dispose que la CELI est composée, entre autres, de : un (1) magistrat, président, sans préciser le statut de ce magistrat. Or la plupart des magistrats qui sont appelés à présider les CELI, hormis quatre (4), sont du parquet et sont affectés aussitôt après la signature de l’APG. Ils dépendent du Garde des Sceaux. Ils ne peuvent pas, par conséquent, agir en toute indépendance dans leur rôle d’arbitre. Avouons franchement que tout cela, aussi bien pour la recomposition de la Cour Constitutionnelle que l’affectation des magistrats, constitue une insulte à l’intelligence du peuple togolais. Nous ne pouvons jamais l’admettre.

Nous devons dénoncer ce comportement arrogant qui consiste à considérer toujours les autres comme des partenaires cadets. Les leaders de l’opposition ayant cru en la bonne foi des négociateurs du RPT lors du dialogue inter togolais, sont aujourd’hui au gouvernement et ne peuvent, évidemment, pas se plaindre. Le peuple qui les observe et les juge, dira, certainement, qu’ils n’expriment pas son aspiration profonde. Il dira la même chose sur d’autres points.


LETOGOLAIS.COM : Cet accord politique contient-il la dynamique favorise à l’alternance ou au changement de régime ?

Victor ALIPUI : Nous ne voyons aucun signe, aucune indication, qui nous permet de dire que cet accord peut conduire à une alternance ou à un changement de régime politique. Certes, les élections législatives en vue auraient pu le favoriser si, par exemple, le problème du découpage et le mode de scrutin étaient réglés de manière appropriée. Ce problème constituait l’une des pierres d’achoppement au cours du dialogue et pour cause. Car, autant que nous nous souvenions, pour le renouvellement de l’Assemblée nationale en 1985, le gouvernement avait décidé que les candidats à la députation volent de leurs propres ailes. Deux Ministres étaient chargés de faire une proposition de découpage électorale. La proposition faite par ceux-ci était, à vrai dire, équitable. En effet, il tenait compte de l’importance en population des régions ou des préfectures pour l’attribution des sièges. Cette proposition fut rejetée par le Chef de l’Etat, de peur que des éléments CUT ne se présentent en candidats indépendants et gagnent les élections. Et, qu’une fois élus à l’Assemblée nationale, ils se retrouvent pour former un groupe capable de renverser légalement le gouvernement et, par conséquent, le régime RPT. Le découpage fut refait pour tenir compte de cette préoccupation du Chef de l’Etat. Et, depuis nous traînons ce découpage inique, un découpage qui ne reflète nullement la réalité. Et nous supposons que certains partisans du RPT qui ont bonne mémoire le savent et ont tout fait pour maintenir le découpage actuel qui pourrait les favoriser.

Le GRAD est pour, en attendant que ce problème soit réglé de manière appropriée par une Assemblée constituante qu’il ne cesse de préconiser, le mode scrutin proportionnel de liste nationale pour mettre tous les partis politiques sur le même pied d’égalité, pour plus d’équité dans les circonstances actuelles. Si tel est le cas, nous pourrions nous aventurer pour dire que l’alternance politique est possible. Mais nous devons préciser, cependant, que le GRAD fait la démarcation entre alternance politique et changement de régime. Nous pensons, sans trahir l’aspiration profonde du peuple togolais, que c’est le changement de régime, le changement de système politique, si vous préférer, qu’il appelle de tous ses vœux. Pour opérer ce changement, au risque de nous répéter, nous proposons des élections pour une Assemblée constituante. Celle-ci doit élaborer une nouvelle constitution définissant les nouvelles règles du jeu démocratique dans le sens de changement de système politique


LETOGOLAIS.COM : Sur les actes posés à ce jour, ne sommes-nous pas dans la même configuration politique qui a régentée le Togo depuis plus de 40 ans: à savoir la dictature ?

Victor ALIPUI : A l’allure où évolue notre situation politique, nous constatons que ceux qui se sont emparés du pouvoir le 5 février 2005 ne peuvent que tout faire pour le conserver et le consolider. Ils ont organisé l’élection présidentielle du 24 avril 2005 dans les conditions que vous savez, et M. Faure Gnassingbe a été déclaré vainqueur. Ensuite, tout a été mis en œuvre pour légitimer son élection tant sur le plan national qu’international. La manière dont la CENI organise actuellement les prochaines élections législatives n’inspire confiance à personne. En effet, elle qui est chargée de nous conduire à des élections libres et transparentes ne fait pas preuve de transparence. Elle risque de faire jouer l’effet de surprise en confirmant la date du 5 août 2007 même si toutes les dispositions ne sont pas prises à cet effet, en évoquant, comme à l’accoutumé, des arguments de vide juridique. Si les choses se passaient ainsi, ce sera pour nous dire que, restez tranquilles, le chien aboie la caravane passe et la dictature continue. Nous souhaitons vivement que le bon sens qui est la chose la mieux partagée entre les hommes, mais qui devient de plus en plus une denrée rare dans notre pays, prévale afin de nous éviter des lendemains de violences.


LETOGOLAIS.COM : Le processus électoral ne se déroule pas dans la transparence; dés lors le prochain scrutin législatif du 5 août 2007 ou à toute autre date pourra-t-il refléter la volonté réelle des togolais?

Victor ALIPUI : Non. En un langage sibyllin, mais aussi en langage clair, nous dirons que le prochain scrutin du 5 août ne saurait refléter leur volonté réelle nonobstant les efforts que déploient certaines institutions internationales telles que l’Union européenne et le PNUD qui nous accompagnent pour assurer sa transparence. Ce que nous pouvons craindre, à juste titre, est que nous évoluons vers une sorte de pouvoir clanique héréditaire du fait que, la hiérarchie militaire, pour des raisons qui lui sont propres, ait imposé au peuple togolais un des fils du feu Président Eyadema. C’est autour de lui que le pouvoir s’organise. Même contraint par la communauté internationale et des manifestations populaires ici au Togo de démissionner, il reviendra, sans état d’âme, se faire élire frauduleusement. Si, par ailleurs, nous nous rappelons la phrase qu’il a prononcée lors de son élection comme président du RPT, que son père lui dit « si on a le pouvoir il ne faut jamais le laisser s’échapper, sinon vous ne le rattrapera jamais », est bien symptomatique de sa vision du pouvoir. A partir de ce moment, vous comprendrez aisément qu’il mettra tout en œuvre pour conserver le pouvoir ad vitam aeternam, c’est-à-dire pour toujours.

Tout en prétendant qu’il consolide la démocratie dans son pays, en prenant certaines mesures bien visibles dans ce sens, il se gardera bien de prendre celles qui menaceront le fondement de son pouvoir, c’est-à-dire les vraies réformes constitutionnelles et institutionnelles qui conduisent à la vraie démocratie. Nous l’avons bien constaté lors du dialogue inter togolais. Ses partisans n’ont pas cédé sur ces réformes. Ils les ont renvoyées aux calendres grecs, à plus tard. Ils organisent les élections législatives dans des conditions qui sont loin de garantir leur transparence et leur crédibilité. Ils vont les gagner et proclamer après, sur tous les toits qu’ils ont légitimement le pouvoir. Et le processus de normalisation se poursuivra. Donc, comme vous le voyez, les tenants du pouvoir, avec la complicité d’une partie de l’élite politique et intellectuelle, comme ce fut le cas dans le passé, nous embarquent dans un navire qui conduit droit à la dictature ou, peut-être, à une monarchie constitutionnelle. Nous devons rester vigilants et barrer la route à une telle éventualité.


LETOGOLAIS.COM : Sans être des rabats joies, peut-on affirmer que l’APG et les élections ne sont pas la solution pour la sortie de crise au Togo ?

Victor ALIPUI : Oui, le GRAD l’a dit plusieurs fois. On ne règle pas une crise comme la nôtre qui a poussé des racines solides depuis dix sept (17) ans que nous avons commencé notre processus démocratique par des élections comme celles qui sont envisagées. Sinon pourquoi les autres élections qui l’ont précédée n’ont pas réglé la crise ? Il faut être réaliste. Après avoir compliqué cette crise suite au décès du Chef de l’Etat en organisant la violation éhonté de notre constitution pour valider un coup d’Etat perpétré pour imposer un de ses fils, après que la cour constitutionnelle ait commis un parjure en prenant son serment, après qu’on ait organisé l’élection présidentielle qui s’est soldée par de nombreux morts, de nombreux blessés et des milliers de réfugiés et des destructions massives de biens, ce n’est pas décent de proclamer que l’APG a mis un terme à la souffrance, aux rancoeurs, aux frustrations des Togolais Autant il avait suscité beaucoup d’espoir chez certains de nos compatriotes parce qu’il avait pris en compte certaines de leurs préoccupations, autant constatent-ils aujourd’hui que la manière dont les vrais problèmes de sortie de crise doit être résolue n’est pas prévue.

L’APG contient des lacunes. Ceci est fait à dessein pour ne pas résoudre ces vrais problèmes. Les problèmes constitutionnels et institutionnels, l’épineux problème de l’impunité et de réconciliation nationale sont renvoyés à plus tard. Le GRAD a déjà fait des propositions, comme vous le savez, pour une véritable sortie de crise en confiant à une Assemblée constituante élue à un mode de scrutin proportionnel de liste nationale pour permettre la représentation, sur une base d’égalité, des différents partis politiques de notre pays, et aussi la mise en place de différentes commissions consultatives pour l’aider dans l’élaboration d’une nouvelle constitution. Il s’agit notamment : commission consultative des forces armées et de sécurité, commission consultative du corps judiciaire, commission consultative des organisations de la société civile et des mouvements des jeunes. Il faut prévoir en plus deux autres commissions : commission économique pour dresser le bilan économique et financier du pays et une commission vérité et réconciliation pour traiter les problème d’impunité et définir les modalités de réconciliation nationale. Un tel schéma qui doit aboutir à l’élaboration d’une nouvelle constitution approuvée par référendum avec, subséquemment, l’organisation des différentes élections qu’elle aurait prévues, nous semble-t-il, nous permettrait de sortir de la crise. Tout ce développement pour dire que l’APG et les élections législatives, ne sauraient constituer une solution définitive à la crise.

D’ailleurs, tout le monde commence à émettre des doutes sur le déroulement du processus électoral. Les improvisations, le manque d’informations précises, les blocages du fonctionnement normal de la CENI et l’ingérence de certaines autorités politiques dans ses affaires, les difficultés signalées au sujet de l’initialisation des kits et la formation des agents électoraux, Par ailleurs l’APG a demandé la recomposition de cour constitutionnelle, ce qui vient d’être fait. Et comme nous l’avons déjà dit, c’est une grosse insulte à notre intelligence en reconduisant certaines personnalités qui se sont discréditées. Même, en revenant sur la composition de la CENI, nous reconnaissons, là également, certains visages de gens bien connus. Quand bien même on leur fera porter des masques, les Togolais les reconnaîtront aisément, qu’ils ont été bien ceux qui se sont discrédités en proclamant de faux résultats. Toutes ces choses commencent par exaspérer les Togolais. Ni l’APG ni les élections ne nous laissent pas voir une sortie possible de la crise. Ils ne répondent pas à la volonté réelle des Togolais. Ils veulent un véritable changement, une rupture avec un passé qui leur a laissé de très mauvais souvenirs. Le GRAD, par ses réflexions et ses actions, contribuera à ce changement en travaillant avec les autres organisations de la société civile ayant la même vision lui.


LETOGOLAIS.COM : La population, la société civile et la diaspora sont totalement absentes de la gestion de la crise togolaise. Comment expliquez-vous la mise à l’écart de ces acteurs et ressources indispensables pour que le Togo sorte de l’impasse ?

Victor ALIPUI : La société civile et la diaspora ne sont pas du tout absentes dans la gestion de la crise. Elles interviennent, mais en rangs dispersés. Elles ont été particulièrement actives au plus fort de la crise, c’est-à-dire au moment du décès du Chef de l’Etat et le coup d’Etat qui s’en est suivi et l’élection présidentielle frauduleuse du 24 avril pour légitimer M. Faure Gnassingbe imposé au peuple togolais par ce coup d’Etat. Elles ont vigoureusement condamné ces évènements qui ont coûté la vie à des centaines de nos compatriotes et contraint des milliers à l’exil. Ce que nous pouvons dire, et c’est la vérité, c’est que les organisations de la société civile ne sont pas organisées pour pouvoir peser de tout leur poids. Peut-être, s’il elles l’étaient, elles auraient réclamé leur participation au dialogue inter togolais en exerçant les pressions nécessaires sur les autorités politiques dans ce sens, et faire prévaloir leurs points de vue sur nos problèmes et les défendre sans esprit partisan. Elles auraient, de ce fait, joué le rôle primordial des organisations de la société civile. Et, sans doute, on aurait abouti à un accord vraiment différent de l’APG.

Comme vous le savez, il existe, cependant, une coordination dénommée CASCOST (Coordination des Associations de la Société Civile et des Syndicats du Togo). Elle a, à ne point en douter, l’ambition de devenir une puissante organisation pour pouvoir exercer, dans l’avenir, les pressions dont nous parlions. Malheureusement, il faut reconnaître que CASCOST est minée par ses contradictions internes. Les gens y sont venus pour diverses raisons : soit pour des intérêts personnels comme, par exemple, pour s’en servir pour une ascension sociale, soit pour des buts inavoués pour la transformer en mouvement politique. Le GRAD qui est membre de CASCOST, ne s’inscrit nullement dans cette logique. Bien au contraire, s’il devenait un membre actif, il compte œuvrer à sa restructuration, avec un bon leadership, afin de lui assurer un bon fonctionnement. De ce fait, il deviendra un instrument efficace et capable de contribuer à l’avènement d’une véritable démocratie et d’un véritable Etat de droit. A cet égard, elle inspirera l’action des acteurs politiques et des autorités politiques dans cette direction. Mais comme nous avons eu l’occasion de le dire déjà en d’autres circonstances, si cette restructuration s’avérait difficile, voire impossible, alors, mais alors seulement nous envisagerons de créer, avec les organisations de la société civile qui ont la même vison que le GRAD, un réseau pour oeuvrer à la réalisation de ces objectifs là. Dans cette perspective, nous associerons, bien évidemment, les mouvements de la diaspora qui n’ont jamais cessé de dénoncer les dérives de notre système politique.



LETOGOLAIS.COM : Dans le processus en cours il est apparent que les partisans de l’alternance politique se font balader dans les négociations. Ne pensez-vous pas que certains cadres, techniciens ou hauts fonctionnaires à la retraite (à l’exemple des adhérents du GRAD, initiative150 et autres…), devraient s’investir d’avantage dans la vie politique et venir en renfort aux mouvements politiques en manque de ressources de hauts niveaux ?

Victor ALIPUI : C’est exact que ceux qui veulent l’alternance politique se font balader comme vous dîtes. Nous pensons qu’ils n’ont pas une stratégie claire de conquête du pouvoir. Ils énumèrent dans leurs programmes respectifs ce qu’ils feraient en arrivant au pouvoir. Un catalogue de projets en somme. Souvent ces programmes se ressemblent et, des fois s’apparentent à ceux qu’appliquent déjà, sans succès, les tenants du pouvoir RPT. Ce qui est certain, que nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper, est que si l’alternance politique intervenait demain, ils seront aussi pris en charge par les institutions de Bretton Woods – FMI et Banque mondiale – pour la gestion économique et financière. Ils n’auront pas la marge de manœuvre nécessaire pour réaliser leurs programmes. Car, à court terme et à moyen terme, ils seront confrontés aux énormes problèmes d’assainissement qui nécessiteront des mesures d’austérité draconiennes. Ils doivent avoir une autre vision, une vision de progrès. C’est-à-dire que pendant qu’ils imposent ces mesures et ces sacrifices, ils doivent être en mesure de donner des perspectives aux gens, une contrepartie en somme. Ils doivent leur dire que demain sera meilleure à condition que nous nous mettions au travail dans une conception économique qui vise essentiellement l’indépendance, c’est-à-dire que le pays doit compter d’abord sur ses propres moyens et non sur l’aide financière internationale qui a conduit le pays à l’endettement.

C’est pourquoi, au GRAD, plutôt que l’alternance politique, nous parlons de changement de système qui implique la remise en cause système actuel sur tous les plans : politique, économique, social, culturel etc. Il faut le choix d’un système qui permet le progrès et l’émancipation des populations de notre pays. Un choix qui sera basé, en grande partie, sur l’utilisation de nos potentialités actuelles dans tous les domaines, notamment les ressources humaines et les matières premières. Nous avons la capacité de les mettre en valeur grâce à nos propres moyens dans le cadre d’une stratégie qui vise la recherche, comme nous venons de le dire, d’une véritable indépendance. Il va sans dire que cette stratégie sera une stratégie de rupture d’avec la néo colonisation de notre pays.


LETOGOLAIS.COM : La situation togolaise est des plus inquiétantes (Impunité, conflit à la tête de l’Etat, déliquescence, compromission des élites, pauvreté; crise énergétique, etc.). Par quelle voie (ou voix) le peuple togolais peut-t-il faire entendre raison à la communauté internationale, au clan des Gnassingbé et leurs alliés ?

Victor ALIPUI : Nous ne croyons pas qu’il appartient à la communauté internationale d’opérer le changement auquel aspire le peuple togolais. Nous devons faire un « plaidoyer pro domo », c’est-à-dire nous devons être notre propre avocat, défendre notre propre cause. La communauté internationale peut, tout au plus, nous appuyer dans certains de nos actions, surtout dans le sens du progrès et de transfert de technologie. Toutes ces préoccupations que vous énumérez, impunité, conflit à la tête de l’Etat, déliquescence, compromission des élites, pauvreté crise énergétique, et nous pouvons bien en citer d’autres. Oui toutes ces choses malsaines doivent nous amener à une prise de conscience. Nous devons nous poser la question pourquoi ces choses arrivent dans notre pays et qui font croire à certains – les superstitieux – que c’est une malédiction. Non, ce n’est pas une malédiction. Nous devons, selon nous, apprendre à dire non lorsque nous sommes convaincus que cela ne va pas dans l’intérêt de notre pays et de nos populations, plutôt que d’acquiescer, de se résigner et de se plaindre. Lorsque nous nous taisons et ne réagissons pas, les autres penseront que nous sommes d’accord et nous entraîneront dans leur délire en nous imposant des situations incompatibles avec nos mœurs et notre tempérament. Nous devons combattre tout ce qui ne va pas dans la bonne direction. C’est un devoir citoyen.

Nous nous étonnons, par ailleurs, que certains de nos compatriotes se préoccupent du soi-disant conflit au sommet de l’Etat. Il ne faut pas détourner l’attention des Togolais des vrais problèmes qui sont aujourd’hui la crise énergétique et la pénurie d’eau. Ceux là qui sont en conflit au sommet de l’Etat savent bien que les Togolais n’ignorent pas les circonstances dans lesquelles ils sont arrivés là. C’est un problème, en ce qui nous concerne, est d’ordre purement familial et doit être réglé en famille ou par ceux qui les imposés aux Togolais. Chaque maison a son histoire dit un nom péda : "SIDEMEHO". Nous pensons qu’il s’agit d’une pure diversion pour s’attirer des sympathies.


Propos recueillis le 4 juin 2007 par Vénévino DALVES

La rédaction letogolais.com

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* A PROPOS du GRAD et ses objectifs

Le Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement (GRAD) s’est constitué au lendemain du coup d’Etat du 05 février 2005 pour proposer aux autorités et aux partis politiques togolais des solutions de sortie de crise basée sur le dialogue et la réconciliation. A cette fin, le GRAD a lancé, sur les médias, des appels de modération à la population. Il a adressé des memoranda aux autorités togolaises, aux ambassades et aux institutions internationales, notamment à l’Union Africaine (UA) et à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il a rencontré les autorités en charge de l’organisation de l’élection présidentielle. Formellement constitué le 07 août 2005 et enregistré le 18 août 2005 au Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation, le GRAD milite à travers tout le pays afin d’apporter à tous les Togolais le message des principes de la démocratie, de l’avènement d’un Etat de droit, du respect des droits humains et de la non-violence.

Le GRAD est résolu:
- à accompagner et, au demeurant, à initier toutes les réformes nécessaires au changement de système politique ;
- à faire naître un puissant mouvement de masse capable de canaliser l’espoir et l’aspiration de la majorité des Togolais en vue d’opérer méthodiquement un véritable changement politique pour l’unité, la démocratie et le progrès ;
- à sensibiliser et à impliquer les jeunes dans l’action citoyenne en les amenant à accepter les principes de la démocratie, de la non-violence, la culture du travail et de l’effort ;
- à mettre en œuvre un programme pouvant contribuer à l’avènement d’un véritable Etat de droit et d’une démocratie authentique, conditions nécessaires de stabilité et de paix indispensables au progrès économique et social et culturel.

Le GRAD mène des activités de recherche et poursuit des actions de facilitation du dialogue et de promotion de la démocratie et du développement au Togo. A cet effet, le GRAD dispose de onze (11) commissions et d’une équipe de chercheurs consultants qui travaillent sur les conditions de la reconstruction nationale togolaise dans les domaines politique, juridique, militaire, économique, social et culturel.


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