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L'AUTEUR - 10/04/2007 Imprimer | Envoyer | Réagir

TOGO–FMI: A propos des consultations 2007


L’économie, disait François Hollande, alors jeune auditeur à la Cour des Comptes en 1980, « n’est pas une science exacte. Elle n’est que le reflet des grands choix politiques ».
Pour le premier secrétaire du parti socialiste, « la théorie économique se résume à des observations très concrètes ».

Aussi, notons-nous dans le cas du Togo, après quarante années de dictature incarnée par la junte militaire des Gnassingbé du père au fils, la plus dramatique que l’ Afrique aie connue depuis l’indépendance, que les choix politiques sont marqués par des décisions arbitraires en l’absence d’idéologie politique de développement humain . Les autorités étant arrivés aux affaires à la faveur des coups d’Etats militaires, et non pas la volonté populaire exprimée à travers des élections générales, et en l’absence de légitimité, la mauvaise gouvernance s’est installée durablement par le biais d’une politique de choix déconsidérés de tout apport de rentabilité, de croissance, d’investissement, ni retour sur investissement, et encore moins de plan d’amortissement concernant ces réalisations arbitraires.
N’abordons surtout pas la capacité d’autofinancement de l’Etat : il est en faillite financière, si on compare la comptabilité nationale à celle d’une multinationale du privé.

Le Togo est un petit pays de l’Afrique de l’ouest dont l’effectif de la population se situe entre 5 et 6 millions d’habitants. Depuis le processus de démocratisation entamé le 5 octobre 1990, près d’un million de la population a pris le chemin de l’exil, en s’éparpillant sur le continent, en Europe et en Amérique du nord.

Le PIB en 2006 est de 2.0 %, c'est-à-dire 1,158.8 Milliards de francs CFA (Mille cent cinquante huit Milliards et 800 Millions). La dette extérieure s’élève à 80.5 % du même PIB au cours de la même année, dont arriérés de 25.6 %, et le solde global (négatif) est de -2.8 % du PIB, toujours en 2006.
En 2004, le cumul dette extérieure + dette intérieure, représente 1,109.4 Milliards de Francs Cfa, contre 1,102.4 Milliards en 2003.

Le budget de l’Etat en 2006 était de 254.101.424.000 de Francs Cfa : (Loi de finance 2006 votée par l’assemblée nationale le 27 décembre 2005 présentant un déficit de 6.691.428.000 Francs Cfa).

Le budget de l’armée représente 25 % du budget de l’Etat en 2006, soit :63.525.356.000 de Francs Cfa : un véritable gouffre financer ! ! !

Tandis que les recettes en finances du gouvernement sont de 16.9 % en 2006, les dépenses courantes s’élèvent à 18.0 %.

Globalement, le train de vie de l’Etat est nettement au dessus de ses moyens, car sa gestion est rythmée au son de cloche de l’arbitraire comme norme de fonctionnement.

Les exemples sont multiples, et nous ne pouvons pas les énumérer tous. Cependant, regardons de près, la politique des grands travaux s’agissant de l’industrie touristique, le port et les aéroports, ainsi que le budget de l’armée, pour illustrer la faillite financière spectaculaire de l’Etat togolais en terme de réalisation, d’investissement à perte marqués par des décisions politiques dont l’arbitraire en est le fondement, afin de mieux comprendre ce que disent les experts dans leur rapport.

Pour augmenter la capacité d’accueil et d’hébergement nécessaire à l’essor de l’industrie touristique dans les années 80, le dictateur père s’est lancé dans la politique des grands travaux par la construction des hôtels Sarakawa et 2 février qui ont extrêmement étranglé l’économie nationale par ce qu’il convient d’appeler : l’étouffement budgétaire.

Ces grandes réalisations qui ont duré en moyenne 7-8 ans, et qui ont englouti le budget national durant cette période, ont pénalisé le développement des autres secteurs tels que : la santé, l’éducation, et les infrastructures publiques dont l’eau, l’électricité, les routes etc.
Notons, qu’après ces réalisations et en l’absence d’une véritable politique prospective en matière touristique, il n’y a eu aucun retour sur investissement, ni d’amortissement, alors que les échéances auprès des créanciers extérieurs se cumulaient par dizaines et centaines de millions.
Il faut savoir également que la plupart de ces hôtels qui sont les symboles tangibles de la dictature ambiante tournent à vide c’est dire, un déficit de clientèles à hauteur de 95 % des capacités de logement.

Le deuxième exemple est la construction d’un grand aéroport d’une capacité internationale à Niamtougou, un investissement extrêmement couteux et non amorti, qui a absorbé pendant quelques années une part signifiante du budget national en augmentant considérablement la dette intérieure.
De plus, le trafic aéroportuaire et l’ensemble des flux de voyageurs et marchandises de l’aéroport international de Lomé ne souffrent d’aucune saturation justifiant un tel choix politique en termes de réalisation. Et s’il y avait une telle nécessité, il suffirait d’agrandir les pistes d’atterrissage et de décollage.

Notons au passage que l’érection du nouveau terminal au port de Lomé à maintes reprises reportée, alors que les fonds étaient débloqués pour la réalisation des travaux, ont également alourdi la note salée de la dette extérieure qui représente 80.5 % du PIB qui est de 1,158.8 Milliards de francs CFA en 2006, soit 927 Milliards de Francs Cfa.

Enfin, le troisième exemple se situe au niveau du budget des forces armées togolaises, qui s’élève à près de 64 Milliards de Francs Cfa, soit le ¼ du budget de l’Etat, une charge importante pour l’économie nationale, d’abord par le traitement mensuel de 13.000 hommes sous le drapeau national, hors milices (2000 environ), auxquels il faut ajouter l’équipement c'est-à-dire, l’achat des chars d’assauts, des hélicoptères, des jeeps, des camions, des avions de chasse, des stages divers dans des académies militaires de guerre en Europe qui contribuent à alourdir excessivement la dette intérieure. C’est ce qui est dénoncé dans le rapport sous forme de « procédures exceptionnelles de dépenses discrétionnaires », auxquelles il faut mettre fin, et qui incluent également les achats de Boeing présidentiels, maintenance, réparation, locations d’avions, ainsi que les fonds secrets spéciaux de la présidence de la république.

A cela, il faut ajouter le financement et la construction du grand marché de Hédjranawé qui devrait remplacer celui d’Adawlato, qui n’a jamais été opérationnel, à cause du refus des acteurs économiques que sont les Nana-Benz d’abandonner la proximité des quartiers d’affaires et bancaires du centre ville de Lomé, au profit d’un isolement sans intérêts économique et stratégique pour satisfaire une décision arbitraire à laquelle elles n’étaient pas associées à l’avance, ni consentantes.

Voilà quelques exemples d’ investissements à fonds perdus, chantés à l’époque des faits sur les médias d’Etat comme un trophée de guerre à coups de slogans mensongers à la gloire du timonier national, le grand combattant suprême de la révolution, le Général-Président-dictateur Eyadema « bâtisseur » du Togo nouveau ?



Les Experts du FMI qui ont séjourné au Togo du 28 février au 13 mars 2007, ont produit un rapport accablant pour nos dirigeants, en faisant le constat d’un échec cuisant en ce qui concerne la gestion de l’Etat, ainsi que toute l’économie nationale. Il s’agit d’un véritable constat d’échec à l’actif des politiques successives conduites par la famille Gnassingbé père et fils depuis 1967, dont la conséquence est l’effondrement de l’édifice national, que tous les observateurs internationaux voyaient venir comme une déferlante, sauf le clan Gnassingbé qui régente le Togo d’une main de fer.

Dans ce document, l’accent est particulièrement mis sur le gaspillage énorme des ressources de l’Etat, que nous venons de voir plus haut dans la politique des grands travaux, le développement et la généralisation de la corruption à tous les niveaux des services de l’Etat, le tout couronné par la mauvaise gouvernance à outrance.

Si toutes les préconisations exprimées dans le document, révèlent un caractère obligatoire imposé à l’Etat par le FMI, il faut observer qu’elles sont toutes soumises à un court terme, et non à moyen, ni à long terme. C’est ainsi qu’il faut comprendre, qu’il y a urgence à sauver le Togo, dont l’économie pléthorique se retrouve dans un état agonissant depuis les sanctions économiques de 1993 par l’Union Européenne pour cause de déficit démocratique.

Il est surtout question de réformes dans tous les secteurs de la vie publique, réformes institutionnelles au niveau de l’Etat, notamment la justice afin de lutter contre la corruption, pour créer la confiance au niveau de l’investissement étranger dans notre pays. Réformes de l’économie nationale, en actualisant « le Document intérimaire de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté et la croissance de 2004 (DSRP-I), en identifiant les facteurs qui pénalisent la croissance et responsables de la pauvreté, le redressement des finances publiques, l’amélioration de la gouvernance budgétaire, le redressement du secteur financier, agricole, un meilleur accès à la santé et à l’éducation, la réhabilitation des infrastructures publiques dont l’électricité, l’eau, et les transports, ainsi que la mise en place d’un programme d’apurement des arriérés de créances vis-à-vis des bailleurs de fonds internationaux ».

C’est aux vues de ce chantier herculéen voué d’avance à l’échec, que le Togo pourra conclure un accord FRPC (Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance) avec le FMI pour accéder au rang des PPTE c'est-à-dire : Pays Pauvres et Très Endettés, ce qui permettra au Togo de bénéficier d’un allègement de la dette, et à terme, son effacement.
(Dossiers DSRP-I / FRPC / PPTE, initiés par de Edem Kodjo, Premier Ministre 2005-2006)

A ce sujet, il est à noter que le régime dictatorial du Général-Président Lansana Conté, avait bénéficié du programme FRPC en 2001 en Guinée, pour descendre au rang des Pays Pauvres et Très Endettés : 160ème sur 177, mais aussitôt suspendu en 2002, pour cause de non respect des échéances de la dette publique extérieure. Ce qui n’est pas surprenant, car la bonne gouvernance ne se décrète pas, c’est le résultat d’une longue pratique qui aboutit à l’expérience c'est-à-dire la maîtrise budgétaire.

L’urgence des défis que les experts du FMI recommandent vivement aux autorités togolaises, est « d’atténuer les risques macroéconomiques » qui déséquilibrent l’ensemble des sociétés d’Etat, du phosphate à la filière cotonnière pour favoriser le rétablissement des relations financières avec les bailleurs de fonds. Pour cela : « les autorités togolaises admettent eux-mêmes qu’ils auront recours à une assistance extérieure ».

En conclusion, il parait urgent d’identifier le message fondamental que les Experts du Fonds Monétaire International voudraient faire passer au terme leur mission de consultations 2007 au titre de l’Article IV au Togo du 28 février au 13 mars 2007.

C’est bien clair et précis que la sanction est tombée. Lorsqu’on fait une analyse financière et politique du rapport, il apparaît de la façon la plus simple au monde, que les défis à relever sont tellement énormes et quasiment impossibles à réaliser, que si d’aventure, l’équipe en place arrive à les surmonter, elle retomberait aussitôt dans le gouffre financier qu’elle a créée elle-même, comme en Guinée-Conakry où la situation est identique.

POURQUOI LE POUVOIR ACTUEL N’Y ARRIVERA PAS ?

« A l’observation des faits concrets », en citant de nouveau François Hollande, il est à noter que : Du moment où les institutions de la république fonctionnent à l’envers, et nécessitent d’être « réformées » comme le préconise le rapport des Experts du FMI, l’Etat Togolais s’apprête à faire « un nouveau choix politique » non justifié : le création du SENAT, pour alourdir d’avantage la dette intérieure.

L’économie est la résultante des règles de gestions rigoureuses et surtout des pratiques démocratiques pour créer un environnement de développement et de prospérité. L’ensemble des choix stratégiques impulsés par la politique au service de l’économie pour créer et amplifier la croissance, favorisent les investissements étrangers en vue de la création des richesses nationales. Cet ensemble est déterminé par ce qu’on appelle : les indicateurs économiques qui sont très révélateurs d’un environnement politique stable, pour l’investissement des bailleurs de fonds internationaux. Cela passe par la démocratie, le respect des droits de l’homme, l’existence d’un vrai parlement, le respect du suffrage universel, l’indépendance de la justice et surtout, le respect de l’alternance, car un pays sans alternance depuis 40 ans, constitue déjà par cette carence, un indicateur défavorable pour l’investissement et le développement.

Autrement dit, le FMI pose la problématique du blocage de l’alternance comme facteur déterminant pour relever les défis économiques.
Cela ne servirait à rien de se maintenir au pouvoir pour replonger tout le pays dans un nouveau retard à travers de nouvelles sanctions qui vont le pénaliser d’avantage durant des décennies. Bref, l’alternance symbolise par elle seule, l’ouverture, le changement, le feu vert de tous les indicateurs économiques attendus par le FMI, la Banque Mondiale, l’Union Européenne, les Holdings, et la plupart des investisseurs internationaux pour accompagner les nouveaux Dirigeants arrivés aux affaires grâce à l’alternance pour bâtir un véritable projet de développement au Togo. En un mot, il nous est préconisé suite au diagnostic du FMI, une alternance par les urnes pour s’en sortir en dernier recours, le Togo de « la danse de Saint Guy » qui n’en finit pas depuis 40 ans.

Paris, le 06 avril 2007
Par Tido BRASSIER



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