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AFRIC HEBDO - 12/01/2007 Imprimer | Envoyer | Réagir

Les malentendus du Panafricanisme


Du panafricanisme à l’Union Africaine d’aujourd’hui en passant par l’Unité Africaine de jadis, la géopolitique africaine ne manque pas de soulever des interrogations les plus déconcertantes. Considérée comme l’idéologie de l’unification du monde noir de souche africaine dans son combat contre l’asservissement des peuples de souche noire-africaine par les nations conquérantes de souche européenne et les peuples arabes envahisseurs, le panafricanisme surgit de la Caraïbe, s’inspirait du panaméricanisme bolivarien : décidé à unifier l’Amérique hispanique sous un seul sceptre pour lui éviter de tomber sous la coupe des impérialistes nord-américains dominateurs, le panaméricanisme bolivarien qui s’était malheureusement vite accommodé de l’esclavage des Noirs retint néanmoins l’attention de quelques intellectuels et penseurs noirs de la Caraïbe.

Sa démarche consistant à œuvrer pour un réaménagement en sens unitaire de l’Amérique du Sud servait d’exemple aux pères fondateurs du panafricanisme conçu comme l’idéologie de la libération, de l’unification et de l’indépendance des peuples du monde négro-africain.
A ce titre, forts d’une réalité africaine marquée par la domination des peuples noirs par l’esclavagisme et le colonialisme des Etats arabes et des nations de souche européenne, les fondateurs du panafricanisme ne pouvaient le concevoir que comme une arme appelée à œuvrer à l’unification du monde négro-africain débarrassé voire africain de toutes sortes de domination raciale.

Ce qui n’était pas le cas du temps de l’Organisation de l’unité africaine (OUA, de 1963 à 2000, et encore moins actuellement avec la constitution sans socle fédérateur solide de l’Union Africaine depuis l’an 2000.

DES REALITES HUMAINES CONTRASTEES DE L’AFRIQUE.

Continent noir, peuplé uniquement de populations noires, l’Afrique l’était encore probablement il y a quelques cinq mille ans avant la naissance du Christ aux vues des recherches anthropologiques les plus sérieuses qui reconnaissent qu’il y vingt mille ans, la Terre semblait n’être peuplée que par des peuples à peau noire.
Mais, à la suite de cette gigantesque course à l’appropriation des terres par les populations organisées en hordes armées que fut le peuplement de notre planète avec les invasions suivies de massacres et disparitions des populations entières voire des peuples entiers, les réalités démographiques africaines sont telles qu’elles se présentent aujourd’hui : un écrasante majorité de populations noires représentant plus des quatre cinquièmes des quelques 870 millions d’habitants qui habitent aujourd’hui le continent africain.
Appellation difficilement acceptée par les populations à peau blanche habitant également l’Afrique, le concept de continent noir s’impose néanmoins au regard des réalités humaines : si l’Afrique sub-saharienne reste sans conteste aucun le domaine du peuplement noir, le Sahara et l’Afrique septentrionale sont eux-aussi le siège de puissantes communautés noires qui, en Algérie, en Egypte, en Libye, au Maroc et en Tunisie sans oublier la Mauritanie, représentent selon les pays 25 à 60% de la population.
Pour des raisons historiques notamment l’invasion et la domination des populations noires d’Afrique par les conquérants arabes et berbères venus de l’extérieur, les populations arabo-berbères acceptent difficilement d’être assimilées aux Africains.
Avec des élites au regard plutôt tourné vers le Makrech (l’Est) et qui récusent d’être identifiées comme des Africains, les populations arabo-berbères, ne pouvaient pas se sentir concernées par le panafricanisme : pour elle, le panafricanisme, assimilé au pan-négrisme, libérateur des Noirs d’Afrique du joug des dominateurs étrangers, ne peut qu’être antagonique du panarabisme.
Premier malentendu majeur, le panafricanisme n’a pas droit de cité chez les populations arabo-berbères des pays de l’Afrique septentrionale et les penseurs et politiques sub-sahariens, partisans convaincus du panafricanisme, ne devaient pas s’étonner de ne pas trouver de correspondants en Afrique septentrionale


L’OUA OU LE TOMBEAU DU PANAFRICANISME

Dans un monde où les intérêts des grandes puissances commandaient la division des peuples envahis, conquis et dominé en de petits Etats à opposer les uns aux autres, pour mieux les exploiter, la volonté des panafricanistes sincères et convaincus de prôner dès le lendemain des indépendances la réunification de l’espace africain en sens unitaire suscitait la méfiance voire l’hostilité des forces et puissances hostiles à la libération, à l’indépendance et à la modernisation industrielle de l’Afrique.
Contre l’idée de la formation immédiate des Etats-Unis d’Afrique, fondés sur un programme de politique générale dans tous les domaines y compris l’Economie, la Défense et la Sécurité et dotés d’institutions fédérales appropriées, les nations impérialistes d’Europe et d’Amérique du Nord ont vite manœuvré, jouant les amours-propres des dirigeants africains acquis à leur cause et hostiles aux prétentions de leurs collègues pressés de les jeter dans la poubelle de l’histoire.
Parce que les chefs des nouveaux Etats indépendants d’Afrique étaient loin de s’accorder sur le principe d’une unification immédiate de la carte politique africaine héritée de l’ère coloniale, l’astuce trouvée à la conférence constitutive de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), en mai 1963, à Addis Abeba, en Ethiopie, fut de les rassembler sur le plus petit dénominateur commun à savoir la lutte pour la libération des territoires africains encore sous la domination du colonialisme et du racisme et le principe de coopération entre des Etats indépendants et souverains.
De plus, à la première Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OUA, tenu au Caire, en Egypte, en juin 1964, fut adoptée une résolution érigeant en dogme le principe de l’intangibilité des frontières héritées de l’ère coloniale en Afrique.
Quoiqu’il ne soit pas interdit nulle part dans la charte constitutive de l’OUA la possibilité pour des Etats africains indépendants et souverains de décider librement de se rassembler en fédération d’Etats, la voie semblait grandement ouverte à la consolidation des nouveaux Etats et à l’émergence progressive chez leurs dirigeants du sentiment national antagonique du panafricanisme.
Deuxième malentendu majeur, voici donc une organisation dénommée Organisation de l’unité africaine et chargé ainsi de promouvoir l’unification des pays africains, qui, près de quarante années durant, de 1963 à 2000, s’évertua au contraire à œuvrer pour consolider les divisions entre les pays du continent.
Et, l’unité renvoyée aux calendes grecques, place à la tentative ce construction de l’Union Africaine avec des Etats suffisamment consolidés pour être désormais jaloux de leur indépendance et de leur souveraineté.


L’UNION AFRICAINE CONFRONTEE AUX MAUX DE LA DIVISION

Réaliser l’union entre des Etats dont les pays restent encore solidement arrimés aux basques de nations dominatrices et conquérantes qui, à l’heure de a mondialisation les ont intégrés dans l’espace économique mondialisé et dont les politiques étrangères sont répondent des considérations différentes voire antagoniques n’est sûrement pas une entreprise facile.
Entre les Noirs d’Afrique et les Arabo-Berbères, les grandes embrassades amicales voire fraternelles cachent de sérieuses animosités et de profondes inimitiés qui résultent d’un passé fait de conflits sanglants : la condescendance des uns vis-à-vis des autres se manifeste encore aujourd’hui par des attitudes qui frisent le mépris voire le racisme.
Ainsi, pour l’observateur averti des relations inter-raciales dans les pays de l’Afrique septentrionale et même dans les régions sahélo-sahariennes, le racisme anti-noir reste d’actualité. D’une part, les populations noires de peau sont confinées à des activités asservissantes et aux fonctions les moins rémunératrices et les moins honorables; de l’autre, les Maures et Touareg à peau blanche ne sont nullement disposés à accepter de se soumettre à l’autorité des administrateurs et autres fonctionnaires à peau noire.
Ce racisme rampant, source de tensions récurrentes dans des pays comme la Mauritanie, le Mali, le Niger et de conflits armés avec des massacres et tueries notamment au Soudan constitue un défi colossal pour les bâtisseurs de l’Union Africaine.
De plus, définir l’unité africaine comme la synthèse de l’africanité et de l’arabité relève de l’imposture : les Arabes résidant sur le continent africain se veulent dominateurs et conquérants des Négro-africains appelés à s’intégrer à leur aire culturelle considérée comme supérieure aux civilisations de l’Afrique noire et, de plus, ils ont leur regard à jamais tournés vers leurs frères d’Asie tout aussi méprisants et racistes vis-à-vis des Noirs.
La vraie union voire l’unité véritable ne se conçoit qu’entre des entités qui s’estiment mutuellement et, toute autre approche allant plutôt dans le sens de l’embrigadement d’une partie par l’autre pour élargir son influence voire ses moyens d’action est vouée à l’échec.
Conçue comme moyen pour les dirigeants des Etats du continent africain de transcender les frontières de leurs pays, héritées de l’ère coloniale en vue d’un réaménagement en sens unitaire de l’espace géographique africain pour réaliser sa modernisation industrielle, l’union voire l’unité africaine reste une nécessité à l’heure de la mondialisation libérale asservissante.
Son succès passe inéluctablement par une profonde préparation intellectuelle des élites dirigeantes de tous les peuples dont le continent africain est aujourd’hui le lieu de résidence afin que les nombreux malentendus nés des écueils de l’histoire soient définitivement surmontés et que l’Afrique soit la terre de tous ses habitants sans distinction de race, d’ethnie et de religion.


Atsutsè Kokouvi AGBOBLI.
In AFRIC’HEGO, magazine togolais d’information et d’analyses générales.

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