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LETOGOLAIS.COM - 08/06/2006 Imprimer | Envoyer | Réagir

Tommy Sylvestre: le légendaire gardien de but togolais


Tommy Sylvestre fait partie de ces nombreuses et anciennes gloires du football togolais tombées dans l’oubli. Pétri de qualités, l’ancien gardien de but de l’Etoile Filante de Lomé et de la sélection nationale fut sacré meilleur gardien de but africain lors de la campagne du Togo à la 8e CAN à Yaoundé au Cameroun en 1972. Bien malheureux, ceux qui n’ont pas eu la joie et le bonheur de voir ce « goalkeeper- modèle » en action.

Tommy Sylvestre Géraldo fut un gardien de but à part. Il est le fruit d’une union entre une Congolaise et un Togolais ayant longtemps travaillé dans l’administration coloniale belge, il n’a connu le Togo qu’en 1956. D’une morphologie peu impressionnante, 1m74 pour 72 kg, l’enfant de Kinshasa a d’abord démarré dans le football comme joueur de champ avant de se reconvertir en gardien de buts. Formé à l’école de la rue, il signe pour « Africasport » de Bè, avant d’accéder au petit stade (terrainvi) à l’emplacement actuel du marché d’Attikpodji. Vite repéré par les dirigeants de l’Etoile Filante de Lomé, Tommy Sylvestre est appelé par un concours de circonstance à remplacer le portier titulaire blessé au cours d’une séance d’entraînement. Le suppléant qu’il fut, fit plutôt sensation. L’aube d’une prometteuse carrière sportive

A peine âgé de quinze ans, Tommy Sylvestre signe en 1964 pour l’Etoile Filante de Lomé. A l’entraînement, le jeune portier se fait remarquer par son sens de placement et ses arrêts décisifs. Mais il doit patienter car il y avait son aîné, un certain Galley Félix Tsé-Tsé, irréprochable dans les buts. Deux saisons plus tard, « Tsé-Tsé », également gardien de but de l’équipe nationale du Togo émigra à Marzagues en France. Plus de souci pour le staff technique de l’Etoile filante qui titularise son remplaçant, Tommy Sylvestre, à la grande satisfaction des dirigeants et supporters « étoilistes ». Travailleur acharné, le jeune portier finit par prendre des galons; il s’illumine lors de la VI e édition de la Coupe d’Afrique des clubs champions devenue la Ligue des champions. Agile et doté de bons réflexes, il contribue par ses arrêts à faire qualifier l’Etoile Filante de Lomé pour la finale disputée en 1969 face au Tout- Puissant Englebert (Mazembe) de la République Démocratique du Congo.

Laminés sur la marque de 5 buts à 0 au match-aller joué à Lumumbashi, les Bleus allèrent sauver l’honneur à domicile sous les yeux d’un public monstre composé de spectateurs venus trés nombreux des autres pays ouest-africains. Au Stade Omnisports de Lomé, à peine inauguré, toute la grande équipe de l’Etoile Filante de Lomé avec Julien Cadiry (ancien joueur à La Ciotat en France et pendant de longues années entraîneur à CAPO d’Owendo et à l’AS Sogara de Port- Gentil au Gabon), Gabriel da Silveira dit Adjévi, Apéti Edmond Kaolo (paix à leurs âmes), sans oublier Ephoévi-Ga Gilbert Robot II, Gaglo, Désiré Ananou (futur joueur de Herta 04 en Allemagne) et bien évidemment Tommy Sylvestre comme le dernier rempart, administra une bonne réplique à l’adversaire par le score de 4 buts à 1. Aujourd’hui, ce duel Etoile Filante de Lomé contre le Tout Puissant Englebert de Lumumbashi, se raconte toujours dans les chaumières par les témoins de l’époque.

Début de l’année 70, Hans Ganns, à l’époque secrétaire à l’ambassade d’Allemagne à Lomé et féru de football fait introduire son compatriote Gottlieb Goëller auprès des responsables sportifs togolais. Le contact noué, l’ingénieur en Travaux Publics et éphémère joueur cher les amateurs de Nuremberg, accepte de prendre les rênes de la sélection togolaise. Profitant de l’excellent travail effectué par les techniciens locaux (Oscar Anthony, Charles Ayivi Fandalor,Tossoukpè Togodo Désiré), le technicien allemand mit sur pied une sélection très entreprenante, composée des meilleurs éléments de l’Etoile Filante , de la Modèle, du Dyto et de l’Unisport.

Gardien de but titulaire, Tommy Sylvestre contribue à la première qualification du Togo à la CAN. Sur la pelouse du mythique National Staduim d’Accra, le « petit » Togo, plie sans rompre devant le Ghana. Solidaires et bien déterminés, Tommy Sylvestre et ses coéquipiers (Ohin Anyaku, Pindra Sawoè, Fiaty Arnold , Emmanuel Atsou, Ressort, Sokpoh Michel, Damawuzan Ayitégan, Luc Agbala, Kaolo, Mébounou Kpadé) administrèrent une leçon de football à la grande formation des Black Stars avec ses éléments comme Owusu, Oliver Acquah, Ibrahim Sunday, Malik Jabir, Robert Mensah .

L’ogre ghanéen vaincu devant son public et sur ses installations, la bande à Goëller est présente à Yaoundé au Cameroun. Une entrée réussie dans la compétition faite d’un nul de trois buts partout, face au Mali avec ses illustres joueurs, Salif Keita alias Domingo, feu Bakoroba Touré, Kidian Diallo, Karounga Keita. Deux buts à zéro devant les Lions indomptables du Cameroun, pays organisateur et le
nul d’un but partout face aux Harembees du Kenya, vont contraindre les poulains de Goëller à faire leurs valises dès le premier tour.

La prestation togolaise restera tout de même dans les mémoires. Avec ses quatre réalisations, Kaolo fut l’une des grandes vedettes de la compétition. Sans perdre de vue la bonne prestation en défense de Hermann Hounkpati Ressort et les arrêts décisifs de Tommy Sylvestre. Les exploits de l’ancien portier d’Africasports de Bè, lui valurent une sélection dans les rangs de l’équipe africaine pour un match de gala organisé à l’époque au Brésil par la FIFA.Mais pour garder les bois, le coach algérien Rachid Mekhoufli, lui préféra le portier tunisien Sadok Sassi alias Attouga. Une décision que le héros de Yaoundé, accepta avec fair-play.

Deux ans plus tard, peu après la réforme sportive de 1974 intervenue au Togo, le gardien Tommy Sylvestre émigre en Côte d’Ivoire. Il fera les beaux jours du Stade et du Stella, deux formations de la ville d’Abidjan avant de raccrocher en 1982. L’ancien portier de la sélection togolaise de football, se reconvertit en Représentant commercial en s’occupant de la distribution d’équipements sportifs pour le compte la firme italienne Pantofola d’Oro.

Malgré ses cheveux grisonnants, Tommy Sylvestre Geraldo a toujours gardé ses allures d’éternel jeune. En évoquant sa carrière sportive, le coéquipier de feu Kaolo parle avec émotion de son premier match international disputé en 1966 face à l’Asante Kotoko de Kumasi et de la 8efinale de la Coupe africaine des clubs perdue devant l’équipe congolaise de Tout-Puissant Englebert de Lumumbashi.

Toujours discret, Tommy Sylvestre avoue avoir espéré jouer jusqu’à 40 ans comme le goal italien Dino Zoff. Qu’est-ce que le football togolais vous a apporté ? Rien du tout, répond sans détour l’ancienne gloire des années 70. Peu de gens reconnaissent en moi, ce que j’ai apporté à ce football.. De la lignée des « joueurs patriotes » Tommy Sylvestre et les joueurs de sa génération ont mouillé le maillot national et rendu d’énormes services à la nation. C’était l’époque de la formule « Restez sagement à la maison » instituée par les autorités qui progressivement va tuer le foot national togolais. Avec la dissolution des clubs et la mise sur pied d’une « réforme sportive ». S’étant trop contentés des « chaudes poignées et félicitations creuses », les anciennes gloires du foot togolais ont accompli le devoir national, mais en se faisant voler leur jeunesse.

Porter la tunique de son pays, est un devoir sacré qui mérite de la reconnaissance. Tommy Sylvestre et ses coéquipiers seraient-ils venus un peu plutôt au sein du monde sportif ?Jusqu’à la fin des années 70, les équipes togolaises étaient redoutables et intraitables devant leurs adversaires de nombreux pays de la sous –région. Des pays comme le Nigeria, le Burkina, le Mali, le Cameroun, tenaient difficilement devant le « petit » Togo, considéré comme un village blotti entre le Ghana et le Bénin. On s’en prenait à eux lorsqu’ils évoluent chez l’adversaire ( la sélection togolaise fut molestée au cours d’une rencontre internationale disputée à Lagos )…

Avec la dégradation graduelle qui dure dans le monde du sport au Togo, l’on tend à vouloir tromper le public sportif à travers l’équipe nationale. On assiste à la veille d’une échéance sportive internationale, au limogeage du technicien qui fut à la tâche pendant les rencontres éliminatoires et à son remplacement par un autre. Alors que le véritable salut du sport national, réside dans la mise en place d’une stratégie rigoureuse, d’une véritable restructuration par la base. En la matière, le pays dispose de connaisseurs aptes. Pourquoi ne pas réanimer la flamme du sport de masse ? Et faire appel aux anciennes gloires pour y veiller ? Elles sont oubliées, marginalisées.

Des jeunes qui entendent faire carrière dans le sport, le meilleur portier africain lors de la CAN 72 leur enseigne d’avoir la tête sur les épaules, d’être appliqués à la tâche. Comme pour leur indiquer la voie à suivre, Tommy Sylvestre a été formateur des jeunes gardiens inscrits à l’Académie Planète Foot de Lomé dirigée par le Français Dominique Cionci. Pour doper le moral des jeunes qui ont pour prétention de s’illustrer dans les buts, la presse sportive africaine fait recours au tiroir aux souvenirs, en évoquant le parcours sportif de l’ancien portier international du Togo.

A son poste, Tommy Sylvestre a marqué le public sportif africain des années 60 et 70. Il fait partie de la génération des grands gardiens africains à l’exemple du Tunisien Sadok Sassi Attouga, du Congolais Robert Kazadi, du Ghanéen Robert Mensah. Membre de l’Association des anciens joueurs du Togo, l’ancien portier étoiliste fait partie également du collectif international des associations oeuvrant pour l’épanouissement du football dont le monde.

Par Ekoué Satchivi

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