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LE NOUVEL OBSERVATEUR - 22/07/2005 Imprimer | Envoyer | Réagir

Amnesty International dénonce le rôle de la France


Un rapport d'Amnesty dénonce la répression au Togo depuis la mort du président Gnassingbé Eyadéma et critique le rôle joué par Paris dans ce pays.

Dans un rapport publié mardi 19 juillet, Amnesty International dénonce la répression au Togo depuis la mort en février 2005 du président Gnassingbé Eyadéma et critique le rôle joué par la France dans ce pays.
Ce rapport, intitulé "Togo: l'histoire va-t-elle se répéter ?", analyse les atteintes aux "droits fondamentaux" dans les jours qui ont précédé et suivi l'élection présidentielle du 24 avril 2005 qui a permis à Faure Gnassingbé de succéder à son père Gnassingbé Eyadéma, président de ce pays pendant 37 ans.
Selon Amnesty International, ces exactions ont incité plus de 30.000 Togolais à trouver refuge au Bénin et au Ghana, deux pays limitrophes.
L'organisation humanitaire indique n'avoir pu établir "un bilan exhaustif" des morts, mais avoir pu recenser "une liste de 150 noms".
Le rapport souligne que "le total est bien plus élevé, car de nombreux témoignages ont fait état de corps non identifiés déposés à la morgue ainsi que de cadavres enterrés sans avoir été enregistrés au préalable dans les hôpitaux ou à la morgue".
Le 13 mai 2005, la Ligue togolaise des droits de l'homme livrait un bilan provisoire de 811 morts.

Aide militaire française



Compte-tenu de la "gravité" des informations recueillies, Amnesty réclame notamment la mise en place d'une commission d'enquête internationale, et demande aux pays accordant une aide militaire au Togo, "notamment la France", de s'assurer que les transferts en matière militaire, de sécurité et de police ne soient "pas utilisés contre la population civile".
Amnesty International rappelle que le ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier avait jugé le 26 avril le scrutin au Togo globalement satisfaisant "malgré un certain nombre d'incidents".
Deux jours plus tard, le commissaire européen à l'Aide au développement, Louis Michel, s'était déclaré "fortement préoccupé par les violences et les exactions commises à l'encontre des civils, dans le contexte de l'élection présidentielle".

Reconnaissance

Amnesty "estime qu'il est temps que la France tire les leçons des récentes violations des droits humains commises par les forces de sécurité togolaises et exige que la promotion et la protection des droits humains deviennent une priorité des relations entre la France et le Togo".
L'organisation demande également au gouvernement français de "reconnaître sa part de responsabilité dans la crise des droits humains dans laquelle le Togo est plongé et d'agir pour mettre fin à ces atrocités".

Le Nouvel Observateur 21/07/2005

NOUVELOBS.COM | 21.07.05

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