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LETOGOLAIS.COM - 22/08/2002 Imprimer | Envoyer | Réagir

Dégénérescence du pouvoir d'Eyadéma: l’avenir du Togo se joue dans la confusion


La vie politique s’est activée au Togo grâce à la ‘’rébellion” du député Dahuku Péré et à la défection de l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo. Tout le monde constate que le régime est dans ses derniers jours. Analyse souvent hâtive qui feint d’ignorer la capacité de résistance du RPT. L’opposition en profite pour se réorganiser. Tous les protagonistes se préparent pour les joutes électorales en 2002. Ce qui échappe à tous les observateurs, c’est le scénario qui permettra à ce pays d’en finir avec sa longue crise.

Le débat politique s’enrichit. Pourtant depuis cinq mois, il n’existe plus de cadre de concertation formel entre le pouvoir du général Eyadèma et l’opposition démocratique. Le dialogue intertogolais appartient au passé. On n’en a plus que les réminiscences de la Commission électorale nationale indépendante et du code électoral dont l’ensemble de l’opposition exige le rétablissement. Les pressions internes sur le régime sont si fortes que plus personne ne fait plus appel à la communauté internationale.

L’échec de la facilitation a sonné le glas de la communauté internationale dans la médiation politique au Togo. C’est de manière assez autonome que l’Union Européenne continue à réclamer la reprise du processus électoral, indispensable à la reprise de la coopération. Les Togolais pensent que le départ du général l’année prochaine ne doit plus faire l’objet de négociation quelconque. Le garant de la “parole de militaire” donnée en juillet 1999, le Président Jacques Chirac, se chargera de rappeler à son ami qu’il est réellement arrivé au terme de son long règne. Il faudra ensuite que des élections se tiennent et que la page soit définitivement tournée.

LES AMBITIONS A L’INTERIEUR ET AUTOUR DU RPT
Que veut le duo Péré – Kodjo? Au lendemain du départ spectaculaire d’Agbéyomé Kodjo, l’opposition dans toutes ses tendances a commencé à se poser des questions sur la tournure que prennent les affaires à Lomé. Les réformes réclamées par Péré et les défis lancés par l’ex-chouchou du dictateur présentaient pour tous les prémices d’une révolution de palais. “Un coup tordu”, avait dit un dirigeant de l’opposition. Ceux qui ne veulent pas que le départ du vieux dictateur entraîne des dégâts chercheraient à prendre de court l’opposition traditionnelle; susciter à l’intérieur des populations de la sympathie pour certains des caciques du régime qu’on pense récupérables. Des colombes pour adoucir les mœurs!

Au fond, les divergences qui ont émergé à partir de février dernier ne sont que des manifestations naturelles de l’autodestruction programmée du RPT. La preuve a été faite que cette formation politique, la plus vieille du pays, ne représente rien en dehors de l’homme Eyadèma. Or ce dernier a brillé pendant les quatre décennies de pouvoir par sa capacité à faire et à défaire des hommes autour de lui. De 1994 à 1999, lorsque l’opposition prit part au pouvoir législatif (CAR et UTD), Dahuku Péré alors président de l’assemblée pluraliste apparaissait comme le successeur désigné d’Eyadèma. On trouva les moyens de faire de lui un courtisan comme les autres. C’est aussi parce que le parcours d’Agbéyomé Kodjo le prédisposait au dauphinat qu’on l’a affaibli pour ensuite l’éjecter. La monarchie en place à Lomé est organisée de telle sorte que personne ne connaît l’organigramme politique du système. De hauts responsables – au point de vue institutionnel – ne représentent rien dans les protocoles réels. A l’intérieur du RPT, même si on sait qu’on est à quelques mois de la retraite du “patron”, personne n’ose afficher de prétention successorale.

ELECTIONS OU REVOLUTION?
Dommage que les tentatives de regroupement et de cohésion de ces derniers mois au sein de l’opposition démocratique n’aient permis d’ouvrir un débat franc sur la question. Le CAR, la CDPA et l’UFC ont tenté de partager le pouvoir – avant de l’avoir conquis – sans y parvenir. Question d’approche tactique et de leadership. Ce problème démontre que l’opposition prend de l’âge. Ceux qui se plaignent de ce que l’union globale n’ait pas eu lieu n’ont pas compris grand-chose aux donnes réelles sur le terrain. Il y a une stratégie qui se dessine.

Il aurait été bon pour l’ensemble de la classe politique que les acteurs ne se limitent point à des cas ponctuels d’intérêt à résorber. Le problème fondamental du moment se rapporte à l’alternance politique. Au sein des états-majors des partis, on est bavard sur la question sans parvenir à insuffler la dynamique grâce à laquelle le changement interviendra.

L’opposition s’enrichit des idées des réformateurs du RPT. Elle ne s’allie pas pour autant à ces nouveaux venus de la contestation, de peur de l’inconnue. Le seul dénominateur commun c’est que tout ce monde appelle à la “mobilisation”. Le peuple togolais est très sollicité sur la question sans savoir réellement ce qu’on attend de lui.

POUR QUI SONNE LE GLAS….
De toutes les façons on a l’impression lorsqu’on sillonne les routes du Togo, quand on écoute les gens parler, en observant les gendarmes et militaires dans les encoignures des cités, qu’il y a un branle-bas. Les réflexions se poursuivent dans les partis et au sein des organisations de citoyens pour que, enfin, cette dernière occasion soit la bonne. Trop de choses se font par à-coup. On ne tire aucun profit de la situation délétère, des découragements et des interrogations qui fusent çà et là. On note néanmoins une peur morbide qui renvoie à l’après soulèvement de 1990. Les Togolais attendent de faire de succulentes omelettes sans casser des œufs. “Plus d’effusion de sang, il y a eu assez de sacrifice”, ces sermons se font entendre partout et on invoque plus que jamais le bon Dieu.

Les prochaines semaines sont très indécises. L’opposition “légaliste” attend des élections qui ne risquent pas de se dérouler normalement. Les autres sont convaincus que rien ne se fera dans la légalité. Alors on attend de voir.

letogolais.com



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