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LE MONDE - 21/05/2005 Imprimer | Envoyer | Réagir

"Nous voulons la constitution d'un gouvernement démocratique"


Propos recueillis par Philippe Bernard

Gilchrist Olympio, chef historique de l'opposition togolaise, en exil, vous avez déclaré que vous n'entreriez pas dans le gouvernement d'union nationale que dit vouloir former Faure Gnassingbé. Pourquoi participez-vous à la réunion d'Abuja, qui porte précisément sur cette perspective ?

Ceux qui croient que nous allons discuter de notre entrée dans le gouvernement du "petit Eyadéma" -Faure Gnassingbé- se trompent. Nous allons parler de la crise humanitaire provoquée par l'afflux de réfugiés fuyant la répression. Nous allons demander au pouvoir s'il accepte la compétence de la Cour pénale internationale pour juger ceux qui, lors de l'élection présidentielle, ont fait sortir les troupes de combat pour tuer des civils désarmés. Nous allons exiger aussi de consulter les procès-verbaux électoraux authentifiés, qui ne nous ont jamais été communiqués.


L'heure est-elle encore à la contestation de l'élection présidentielle du 24 avril ?

Faure Gnassingbé n'a pas gagné l'élection : il a été élu par moins de 10 % des voix et a tué 800 personnes. Il faut reprendre le processus électoral, non plus sous l'autorité du gouvernement togolais, mais d'une commission électorale indépendante appuyée par l'Union africaine -UA-, l'Union européenne -UE-, les Etats-Unis et le Canada. L'organisation d'une nouvelle élection présidentielle est la condition sine qua non de notre participation à un gouvernement de transition. Il s'agit de se donner six mois pour rendre possible la tenue d'une élection libre : révision transparente des listes électorales, réforme constitutionnelle et de la législation sur les médias. Le respect d'un cahier des charges doit être garanti par des partenaires extérieurs et prévoir la présence d'une force militaro-policière de l'UA afin d'assurer la liberté du vote.


L'armée togolaise laissera-t-elle s'accomplir un tel scénario ?

Le passage à une armée nationale et républicaine est un enjeu primordial. Beaucoup de gens servent aujourd'hui dans l'armée pour des raisons économiques. La réduction des effectifs doit s'effectuer très progressivement, avec des compensations financières et sous le contrôle de la communauté internationale. Le recrutement doit aussi changer, avec un plan de formation et une modification des missions. La police doit être équipée pour s'occuper des problèmes quotidiens, non pour tuer.


En multipliant les exigences, n'allez-vous pas au-devant d'un échec ?

Nous allons précisément à Abuja pour éviter ce scénario. Tout ce que nous voulons, c'est la constitution d'un gouvernement démocratique. Il en existe en Afrique. Le Togo ne deviendra pas le Danemark du jour au lendemain. Ce que nous refusons, c'est de marcher à reculons.


Le conflit ne risque-t-il pas de dégénérer en opposition ethnique entre le Nord acquis au pouvoir et le Sud favorable à l'opposition ?

Nous craignons effectivement que les événements ne dégénèrent en lutte ethnique. Ceux qui tuent les opposants appartiennent à 80 % à la tribu de M. Eyadéma. Il n'est donc pas étonnant que, dans l'imagination populaire, les tueurs soient des Kabyés. Mais l'opposition Nord-Sud est une invention de Gnassingbé Ier -le général Eyadéma- que la France a très bien adoptée. Il avait fondé son pouvoir sur l'armée et le tribalisme. La réalité est qu'il n'existe pas d'entités monolithiques. Certains dirigeants de mon parti sont du Nord.


Les Togolais ne sont-ils pas las de l'éternel affrontement entre la famille Olympio et la famille Gnassingbé ?

Le débat politique togolais n'est pas une affaire de familles. Les jeunes voient leur avenir hypothéqué par "Eyadéma bis" . Si j'avais 20 ans, je serais sur les barricades comme eux. Que le leader soit moi ou un autre change peu. Mais la réalité est que beaucoup de mes amis ont été tués et que, pendant des années, il n'y a pas eu beaucoup de candidats pour faire la guerre à Eyadéma.

Article paru dans Le Monde du 20.05.05

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