Samedi 25 Mars 2017

Contactez-nous

Recherche :

Actualités

A la une

Editorial

Societe

Regions

Diaspora

Carnet

Politique

Economie

Sante

Education

Culture

Sports

Afrique

International

Repères

Opinions-debats

Revues de presse

Interviews

Portraits

Annonces

Emplois

Immobilier

Divers

Services

Archives

Newsletters

Abonnement

Publicite

Espace reserve

Qui sommes-nous ?

LIBERATION - 25/04/2005 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo: la succession d'Eyadéma entachée de violences


Des heurts dans les rues de Lomé hier soir à la clôture du scrutin présidentiel.

Par Thomas HOFNUNG

Annoncée depuis plusieurs jours, la confrontation violente entre le régime togolais et les partisans de l'opposition a démarré, hier soir, à Lomé, au terme de l'élection présidentielle. A la clôture du scrutin, des rafales d'armes automatiques ont retenti à plusieurs endroits de la capitale. «J'ai entendu des rafales de tir près de mon domicile», témoignait une ressortissante française, jointe par téléphone. Selon une source diplomatique occidentale, trois personnes ont été tuées par les forces de sécurité près d'un bureau de vote dans un quartier de la ville. Equipées de mitrailleuses, des Jeep sillonnaient les rues de la capitale. Des barricades de pneus en feu ont été érigées à Bè, l'un des fiefs de l'opposition. Les troubles ont éclaté lorsque les militaires sont venus chercher les urnes dans les bureaux de vote pour les emporter vers une destination inconnue. Le dépouillement devait démarrer hier à 17 h 30 (19 h 30, heure de Paris), les premiers résultats étaient attendus dans la nuit.

L'atmosphère était déjà lourde de menaces, quand les Togolais ont commencé hier matin à se rendre aux urnes, pour élire le successeur du général Eyadéma, décédé le 5 février. Trois candidats étaient en lice pour ce scrutin présidentiel : celui du régime, le fils du défunt président, Faure Gnassingbé ; celui de la coalition des six partis de l'opposition dite «radicale», Emmanuel Bob Akitani ; et Harry Olympio, un postulant de moindre importance. Avant le scrutin, les dirigeants de la coalition ont annoncé qu'ils refuseraient de reconnaître la victoire ­ selon eux, forcément frauduleuse ­ du candidat du régime. Devant la presse étrangère, Faure Gnassingbé, faussement détendu, a répondu : «L'opposition sent que la victoire lui échappe.»

«La caution Chirac». Devant les bureaux installés dans une école décrépite de la capitale, la foule exprimait sa colère, notamment contre la France, jugée responsable de la situation actuelle. «Tout ça, c'est à cause de Chirac ! Il cautionne la dictature», s'écriait une habitante de Lomé, Florenzia. A ses côtés, un jeune homme hurlait : «A partir de demain, on ne veut plus des Français !» Joël, un étudiant de 20 ans, a voté «pour le changement», pour Bob Akitani. «Depuis ma naissance, c'est la famille Eyadéma qui détient le pouvoir, on en a marre ! Si, ce soir, les nouvelles ne sont pas bonnes, ça va barder !», prévenait-il.

Partisan du fils d'Eyadéma, Emmanuel, un électricien de 25 ans, accuse la coalition de «racisme» : «Durant la campagne, elle a promis de renvoyer les gens du nord chez eux.» Sous les trente-huit ans de règne de feu Gnassingbé Eyadéma, son ethnie originaire du nord (les Kabiyés) a monopolisé les postes de responsabilité, notamment dans l'armée. Hier, les personnes qui affirmaient avoir voté pour son héritier disaient appartenir à cette communauté, qui représente environ 15 % de la population. «Du sud au nord, nous sommes tous des Togolais, voulait croire Dédé, une sympathisante de l'opposition. Les électeurs du RPT (Rassemblement du peuple togolais, au pouvoir, ndlr), ce sont ceux qui ont mangé sous le régime Eyadéma. Ils ont un ventre à la place de la cervelle !»

«Bourrer les urnes». Hier, dès l'aube, de multiples incidents étaient signalés dans la capitale. Accusées de participer à des fraudes, des personnes ont échappé de justesse au lynchage par la foule en colère grâce à l'intervention des forces de l'ordre. A Adewi, un district réputé acquis au parti au pouvoir, un responsable de la Commission électorale confiait sous couvert d'anonymat : «Contrairement à ce qui était prévu, les délégués des partis d'opposition n'ont pas été admis dans les bureaux de vote durant deux heures, le temps de bourrer les urnes.» Un observateur étranger a, pour sa part, surpris un «électeur» de 14 ans qui venait de voter pour Faure Gnassingbé. De source diplomatique, on indiquait également que des milliers de bulletins préimprimés en sa faveur auraient été convoyés jusqu'aux bureaux de vote.

Hier soir, Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, a salué «la manière pacifique et ordonnée dont les Togolais ont participé en nombre» au scrutin.



Imprimer | Envoyer par email | Réagir à cet article

Page précédente
DERNIERES DEPECHES
Togo : Jean-Pierre Fabre dit NIET à Faure Gnassingbé
Ouverture vendredi à Yaoundé d’une réunion des pays de la zone franc
Togo : 35 milliards de francs CFA de bons de trésors vont être émis sur le marché de l’UEMOA
Togo : Un nouveau Cahier des charges pour Togocel pour améliorer ses réseaux G2/G3
Espace CEDEAO: Le Togo s’oppose à la limitation des mandats présidentiels à deux !
Togo: l’OIF rend son rapport sur l’organisation de l’élection du 25 avril
Présidentielle au Togo: dix jours pour régler les derniers problèmes
Togo: Présidentielle reportée au 25 avril à cause du fichier électoral bidonné ?
Togo: les fonctionnaires en grève
L’élection au Togo s’invite en justice à Bruxelles
Les autres dépêches...



OPINIONS-DEBATS

TOGO: JE DIS BRAVO, PRINCE GNASSINGBé! NON SEULEMENT PAR IRONIE...
En refusant de signer le protocole des chefs d'État portant limitation du nombre des mandats présidentiels à deux, protocole qui a cependant recueilli l'accord de 8 chefs d'État sur 10, Gnassingbé n'a rien révélé de neuf, ni de sa personnalité, ni de ses intentions que nous, je veux dire un certain nombre de Togolais, ignorerions. Je dis bravo ! non seulement par ironie, mais aussi parce qu’il aurait pu user d’hypocrisie et de la fourberie qu’on lui connaît et signer le protocole, pour n’en jamais tenir compte, comme tant d’autres fois. Par Sénouvo Agbota ZINSOU


PORTRAITS

TOGO-RéPRESSIONS MILITAIRES : QUI A TUé ALABI NADJINOUDINE ?

INTERVIEWS

LAURENT BIGOT, DIPLOMATE LIMOGé POUR AVOIR PRéDIT LA CHUTE DE COMPAORé
C’était il y a deux ans, en juillet 2012 : le diplomate français Laurent Bigot a fait scandale en annonçant la chute de Blaise Compaoré. Après le Burkina Faso, y aura-t-il d’autres pays où la jeunesse se révoltera ? Le cas du Togo nous vient immédiatement à l’esprit. Le clan Gnassingbé, ça fait près de 47 ans qu’il est au pouvoir.


REVUES DE PRESSE

FAURE GNASSINGBé: LE DIALOGUE à LA BOUCHE, LES ARMES ET GOURDINS CLOUTéS EN MAINS
De père en fils, le régime des Gnassingbé, ce clan qui a pris en otage le peuple togolais, n’a pas changé. Ni dans sa nature, ni dans ses méthodes de conservation du pouvoir à tout prix. Et pourtant, au lendemain du décès d’Eyadéma, suivi quelques heures plus tard de l’installation de Faure Gnassingbé au pouvoir par un quarteron d’officiers, et surtout après la parenthèse de sang de 2005, un brin d’espoir était né auprès d’une frange de la population. A raison, étant donné l’extrême jeunesse du successeur du vieux dictateur au pouvoir et plus encore de son discours sur sa volonté de trancher avec l’ère ancienne.


DOSSIERS

Togo: Les forces armées togolaises et le dispositif sécuritaire de contrôle (1&2)

La constitution togolaise (1)

La constitution togolaise (2)

La constitution togolaise (3)