Mercredi 13 Decembre 2017

Contactez-nous

Recherche :

Actualités

A la une

Editorial

Societe

Regions

Diaspora

Carnet

Politique

Economie

Sante

Education

Culture

Sports

Afrique

International

Repères

Opinions-debats

Revues de presse

Interviews

Portraits

Annonces

Emplois

Immobilier

Divers

Services

Archives

Newsletters

Abonnement

Publicite

Espace reserve

Qui sommes-nous ?

LE MONDE - 23/03/2005 Imprimer | Envoyer | Réagir

Au Togo, l'opposition reste désunie en dépit d'une candidature unique à l'élection présidentielle


A un mois de l'élection présidentielle du 24 avril, la situation prend une tournure paradoxale au Togo. Tandis que six partis de l'opposition dite radicale ont désigné, après des discussions laborieuses, un candidat unique en la personne d'Emmanuel Bob Akitani (74 ans), des voix discordantes se font entendre en son sein.

Cette désunion contraste avec la sérénité du parti au pouvoir dirigé par Faure Gnassingbé (39 ans), candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT, l'ancien parti unique) et fils de feu Gnassingbé Eyadéma, resté au pouvoir pendant trente-huit ans.

Faure Gnassingbé fait toujours figure de chef de l'Etat, alors qu'il n'a occupé le poste que trois semaines. Dans les cérémonies officielles, il dispose de plus de gardes du corps que le président par intérim, Abbas Bonfoh ; il occupe la résidence présidentielle de son père et utilise l'avion du chef de l'Etat défunt pour consulter les dirigeants africains.

M. Bonfoh apparaît mal à l'aise. Lorsque des journalistes étrangers l'interrogent, il demande l'autorisation de répondre au premier ministre... avant de répéter la litanie officielle : "J'exerce vraiment mon magistère. C'est une vraie mission de conduire le pays aux élections."

Discret, fuyant la presse, Faure Gnassingbé attend son heure. Dans le fief de la famille Gnassingbé, dans le nord du Togo, les partisans du RPT sont sûrs de la victoire. "C'est bien que l'opposition participe au scrutin, le président Faure en sortira renforcé et plus légitime aux yeux de l'opinion publique internationale ", estime un homme d'affaires proche de la famille Gnassingbé. "La dernière fois - lors de la présidentielle de 2003 -, l'opposition dans son ensemble avait fait un peu moins de 40 % des voix et le Vieux - Gnassingbé Eyadéma -, 57 %. Cette fois, Faure fera peut-être un peu moins, mais c'est tant mieux", ajoute-t-il.

En revanche, dans le camp de l'opposition, on croit peu à une victoire le 24 avril (des législatives sont également prévues à cette date) et les militants de base regrettent que le choix se soit porté sur "un vieil homme sans carrière".

La figure emblématique de l'opposition togolaise, Gilchrist Olympio (68 ans), vit en exil en France depuis 1999 et ne peut donc se présenter à l'élection, la Constitution exigeant que tout candidat "réside sur le territoire national depuis douze mois au moins" avant le scrutin. Craignant pour sa sécurité, le président de l'Union des forces du changement (UFC, le principal parti d'opposition) a fait un rapide passage à Lomé ce week-end pour "investir" son candidat.

"Nous allons procéder à la réconciliation nationale et jeter les bases d'un développement économique et social", a-t-il déclaré en guise de programme avant de s'en retourner au Ghana. De l'avis des observateurs, le fils de Sylvanus Olympio, premier président du Togo assassiné en 1963, était l'un des rares opposants à avoir une chance contre le fils de son vieux rival.

Ingénieur de formation et premier vice-président de l'UFC, le principal mérite de M. Akitani est de s'être présenté contre le général Eyadéma en 2003. Discret, parlant très doucement, il avait recueilli un tiers des suffrages, selon les résultats officiels très contestés.

Le manque de charisme de M. Akitani a poussé d'autres responsables de l'opposition dite modérée ou constructive (celle qui a participé au régime précédent) à sortir du bois. Nicolas Lawson, homme d'affaires et président du Parti du renouveau et de la rédemption (PRR), a annoncé sa candidature, comme le propre neveu de Gilchrist Olympio, Harry Olympio, plusieurs fois ministre et président du Rassemblement pour le soutien à la démocratie et au développement (RSDD, opposition). "L'opposition traditionnelle s'est royalement plantée de candidat. M. Akitani ne peut pas représenter l'opposition plurielle et encore moins la jeunesse", estime Harry Olympio. Parallèlement, certains dirigeants manipulent des groupuscules de jeunes sur leur nom tout en soutenant officiellement le candidat unique.

L'opposition, en plus de ses divisions héritées des manipulations du général Eyadéma, souffre d'une absence totale de programme. Avec la mort d'Eyadéma, elle a perdu son principal argument de campagne : "le changement".

"L'histoire montre qu'Eyadéma est mort de sa belle mort et que ce n'est pas l'opposition qui l'a poussé hors du pouvoir", souligne l'ancien premier ministre Edem Kodjo, président de la Convergence patriotique panafricaine (CPP, opposition modérée).

"Dans l'opposition, les gens se moquent des programmes, le débat reste très primaire, ajoute-t-il. L'opposition radicale a tout faux parce qu'une élection se gagne en rassemblant, pas en excluant."


Alexandre Jacquens
Article paru dans l'édition du 24.03.05

Imprimer | Envoyer par email | Réagir à cet article

Page précédente
DERNIERES DEPECHES
Togo : Jean-Pierre Fabre dit NIET à Faure Gnassingbé
Ouverture vendredi à Yaoundé d’une réunion des pays de la zone franc
Togo : 35 milliards de francs CFA de bons de trésors vont être émis sur le marché de l’UEMOA
Togo : Un nouveau Cahier des charges pour Togocel pour améliorer ses réseaux G2/G3
Espace CEDEAO: Le Togo s’oppose à la limitation des mandats présidentiels à deux !
Togo: l’OIF rend son rapport sur l’organisation de l’élection du 25 avril
Présidentielle au Togo: dix jours pour régler les derniers problèmes
Togo: Présidentielle reportée au 25 avril à cause du fichier électoral bidonné ?
Togo: les fonctionnaires en grève
L’élection au Togo s’invite en justice à Bruxelles
Les autres dépêches...



OPINIONS-DEBATS

TOGO: JE DIS BRAVO, PRINCE GNASSINGBé! NON SEULEMENT PAR IRONIE...
En refusant de signer le protocole des chefs d'État portant limitation du nombre des mandats présidentiels à deux, protocole qui a cependant recueilli l'accord de 8 chefs d'État sur 10, Gnassingbé n'a rien révélé de neuf, ni de sa personnalité, ni de ses intentions que nous, je veux dire un certain nombre de Togolais, ignorerions. Je dis bravo ! non seulement par ironie, mais aussi parce qu’il aurait pu user d’hypocrisie et de la fourberie qu’on lui connaît et signer le protocole, pour n’en jamais tenir compte, comme tant d’autres fois. Par Sénouvo Agbota ZINSOU


PORTRAITS

#TOGODEBOUT : MOBILISATION MONSTRE DE LA DIASPORA DE BASTILLE à RéPUBLIQUE à PARIS

INTERVIEWS

LAURENT BIGOT, DIPLOMATE LIMOGé POUR AVOIR PRéDIT LA CHUTE DE COMPAORé
C’était il y a deux ans, en juillet 2012 : le diplomate français Laurent Bigot a fait scandale en annonçant la chute de Blaise Compaoré. Après le Burkina Faso, y aura-t-il d’autres pays où la jeunesse se révoltera ? Le cas du Togo nous vient immédiatement à l’esprit. Le clan Gnassingbé, ça fait près de 47 ans qu’il est au pouvoir.


REVUES DE PRESSE

FAURE GNASSINGBé: LE DIALOGUE à LA BOUCHE, LES ARMES ET GOURDINS CLOUTéS EN MAINS
De père en fils, le régime des Gnassingbé, ce clan qui a pris en otage le peuple togolais, n’a pas changé. Ni dans sa nature, ni dans ses méthodes de conservation du pouvoir à tout prix. Et pourtant, au lendemain du décès d’Eyadéma, suivi quelques heures plus tard de l’installation de Faure Gnassingbé au pouvoir par un quarteron d’officiers, et surtout après la parenthèse de sang de 2005, un brin d’espoir était né auprès d’une frange de la population. A raison, étant donné l’extrême jeunesse du successeur du vieux dictateur au pouvoir et plus encore de son discours sur sa volonté de trancher avec l’ère ancienne.


DOSSIERS

Togo: Les forces armées togolaises et le dispositif sécuritaire de contrôle (1&2)

La constitution togolaise (1)

La constitution togolaise (2)

La constitution togolaise (3)