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LIBERATION - 24/02/2005 Imprimer | Envoyer | Réagir

«C'est Faure Gnassingbé qui a les clés des comptes à Zurich»


(Liberation 24/02/2005)

Quasiment inconnu avant la mort de son père, le général-président Eyadéma, Faure Gnassingbé apparaît aujourd'hui comme l'homme qui détient les clés de la crise au Togo. Avant de prendre manu militari les rênes du pouvoir, le 5 février, cet homme de 39 ans n'avait jamais fait parler de lui. Le titre de l'article consacré à son investiture dans le quotidien Togopresse est à cet égard éloquent : «Faisons connaissance avec le chef de l'Etat.» Mais son règne pourrait être de courte durée. La Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) exige sa démission avant d'abroger les sanctions instaurées contre Lomé. Hier, l'Union européenne a exigé le «retour sans délai à l'ordre constitutionnel et légal» au Togo.

«Missions discrètes». Quand les Togolais évoquent Faure, c'est sans animosité contre sa personne. «Il n'est pas mauvais. Hormis la manière dont il est arrivé au pouvoir, je ne peux pas dire qu'il a démérité», souligne l'un des principaux opposants. Jusqu'à son accession au trône, Faure Gnassingbé était le ministre des Mines, de l'Equipement et des Télécommunications. Il partait souvent en voyage «pour des missions discrètes», explique un proche du pouvoir. Mais il était surtout chargé de gérer les affaires de son père. Autrement dit, les finances du pays. «On n'a rien contre lui, il n'a rien à faire là, c'est tout», estime un responsable de l'opposition.

Technocrate. Si l'on en croit sa biographie officielle, Faure Gnassingbé a fait des études supérieures de gestion à Dauphine à Paris et à l'université George-Washington aux Etats-Unis. Ce parcours universitaire explique sa réputation de «technocrate» et de «bon gestionnaire». Pour certains, il jouit d'une image de rassembleur en raison de son pedigree : sa mère est du Sud, son père du Nord, et il a été élu député de Blitta, dans la région centrale du pays.

Dans les cercles du pouvoir, sa nomination est tout sauf une surprise. «Il n'est pas exagéré de dire qu'il y avait un consensus autour de son nom. Cela faisait longtemps que le remplacement de Fambaré Natchaba Ouattara à la tête de l'Assemblée était discuté», explique le ministre de la Communication, Pitang Tchalla. La Constitution prévoyait un intérim de deux mois maximum du chef de l'Assemblée en cas de décès du chef de l'Etat. Au lendemain de la mort du «Vieux», Natchaba a été destitué à la va vite pour faire place à Faure. «Le casting était déjà prêt, mais Eyadéma est mort trop tôt», résume un diplomate.

Faure Gnassingbé est perçu par certains observateurs comme «la caution civile des militaires». Sans grande expérience politique et sans pouvoir. Pour toute référence militaire, sa biographie officielle mentionne son passage comme élève au lycée de Saint-Cyr. «Il ne fait pas ce qu'il veut, il n'a pas les mains libres» : tel est le leitmotiv entendu à Lomé. «Une marionnette ? C'est mal le connaître et mal connaître le Togo», rétorque Pitang Tchalla, dans une allusion au rôle que jouait Faure auprès de son père. «Eyadéma disparu, on découvre aujourd'hui dans les allées du pouvoir, des éléments plus durs, appuyés sur des réseaux financiers, dont des réseaux mafieux. Mais c'est Faure qui a les clés des comptes de Zurich», confie un diplomate.

Modernistes. Alors que les portraits de son père sont encore placardés dans les ministères, Faure aura du mal à incarner un quelconque renouveau. Même s'il est, au sein du Rassemblement du peuple togolais au pouvoir, comme le chef de file des modernistes. Selon le ministre de la Communication, «Faure est là pour respecter la voie tracée par le défunt Eyadéma». Une voie qui apparaît aujourd'hui comme une impasse.

Par Virginie GOMEZ

jeudi 24 février 2005

Lomé envoyée spéciale

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