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LIBERATION - 21/02/2005 Imprimer | Envoyer | Réagir

Faure Gnassingbé, un héritier choisi avant sa mort par Eyadéma


Faure Gnassingbé, un héritier choisi avant sa mort par Eyadéma/Les événements depuis l'annonce du décès du président Eyadéma
(Liberation 21/02/2005)

Faure Gnassingbé, qui a annoncé samedi qu'il excercerait "provisoirement les fonctions de président" du Togo, est devenu à 39 ans le nouvel homme fort du pays après avoir été placé au centre du dispositif prévu par feu son père pour lui succéder au pouvoir.

Vingt-quatre heures à peine après l'annonce officielle du décès du président Gnassingbé Eyadéma, le 5 février, les députés togolais ont cherché à légaliser sa désignation à la tête du pays par l'armée, révisant à la hâte la Constitution pour lui permettre d'achever le mandat de son père.

L'armée lui avait officiellement "confié" le pouvoir et fait allégeance quelques minutes après l'annonce du décès du président Eyadéma.

Faure Gnassingbé a pour mère une femme Atakpamé, originaire de la région des plateaux du sud du pays, alors que le général Eyadéma était un Kabyé venu du nord du Togo. Le fils a suivi des études de finances et de gestion en France et aux Etats-Unis, où il a obtenu un Master en Business Administration (MBA), avant de rentrer au pays au milieu des années 1990.

"Faure", comme l'appellent communément ses proches, était ministre des Mines, de l'équipement et des télécommunications dans le dernier gouvernement nommé par son père.

Il était surtout le "grand argentier" et conseiller financier de son père, dans les domaines des phosphates, de la téléphonie ou de la prospection pétrolière. Il suivait les intérêts de la famille au sein de plusieurs entreprises "privatisées" et installées dans la zone franche de Lomé, dirigée par son frère Kpatcha Gnassingbé.

Homme discret, réputé habile, Faure Gnassingbé est considéré comme le chef du "clan des progressistes" au sein du Rassemblement du peuple togolais (RPT, parti présidentiel), dont il est également député pour la circonscription de Blitta (centre).

Outre l'armée, il peut en théorie compter sur le soutien de plusieurs ministres du gouvernement de son père: celui de l'Intérieur Akila-Esso Boko, de la Justice Katari Foli-Bazi, de la Communication Pitang Tchalla, ou encore du secrétaire général du RPT, Dama Dramani.

Faure Gnassinbé est le seul enfant du général Eyadéma a être entré en politique, à l'instigation de son père qui refusait que ses autres enfants, dont le nombre est estimé à au moins une cinquantaine, entrent dans l'arène publique.


Les événements depuis l'annonce du décès du président Eyadéma

Voici les principaux événements depuis l'annonce du décès du président togolais Gnassingbé Eyadéma, le 5 février:

- 5 FEVRIER 2005:

- Annonce du décès du président Eyadéma alors qu'il était évacué du pays pour recevoir des soins. Le gouvernement ordonne le bouclage des frontières.

- Le président français Jacques Chirac exprime sa "profonde tristesse" après la mort d'un "ami de la France" et "ami personnel".

- Le chef d'état-major annonce que l'armée décide de "confier" le pouvoir à Faure Gnassingbé, un des fils du président défunt. La Constitution prévoit qu'"en cas de vacance de la présidence de la République par décès (...), la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l'Assemblée nationale".

- Le président de la Commission de l'Union africaine (UA) dénonce "un coup d'Etat militaire".

- Le président de l'Assemblée nationale, Fambaré Natchaba Ouattara, arrive au Bénin d'Europe à bord d'un vol dérouté sur Cotonou.

- 6: La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) "condamne la prise du pouvoir" "par l'armée en violation des dispositions constitutionnelles".

- "Deuil national" de deux mois.

- Mise en alerte des troupes françaises dans la région.

- Faure Gnassingbé est élu président de l'Assemblée, après modification de la Constitution par les députés pour lui permettre de succéder légalement à son père.

- Faure Gnassingbé prête serment comme nouveau président de la République.

- Réouverture des frontières. Interdiction de toute manifestation de rue pour une période de deux mois.

- L'Onu appelle au respect de l'Etat de droit.

- L'UA affirme sa "détermination à imposer des sanctions" si "la légalité constitutionnelle" n'est pas rétablie.

- 8: Une délégation du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir) rencontre au Bénin le président déchu de l'Assemblée.

- 9: L'Union européenne "considère comme un coup d'Etat" la désignation de M. Gnassingbé et appelle à "une transition pacifique vers un régime démocratique".

- La Francophonie suspend le Togo.

- La CEDEAO exige "le retour de l'ordre constitutionnel" sous peine de "sanctions" et décide l'envoi d'une délégation.

- 10: Le président du Rassemblement pour le soutien de la démocratie et du développement (RSDD, opposition modérée), Harry Olympio, déclare avoir demandé l'application des accords de défense qui lient le Togo à la France.

- Washington appelle au respect du processus constitutionnel.

- 11: La France appelle le Togo à "mettre un terme à la transition" en cours en organisant des élections "libres et démocratiques".

- 12: Première manifestation importante à Lomé, à l'appel de six partis de l'opposition traditionnelle: quatre manifestants tués par les forces de sécurité, selon l'opposition, trois manifestants tués et trois personnes grièvement blessées, dont deux gendarmes, selon les autorités.

- Entretiens d'une délégation togolaise conduite par le Premier ministre Koffi Sama, dépêchée à Niamey, avec le Nigérien Mamadou Tandja, président en exercice de la CEDEAO.

- 14: La troisième journée "Togo mort" organisée par l'opposition est peu suivie à Lomé, sauf dans les quartiers de Bè et Dékon où un manifestant est tué par des gendarmes.

- Nouvelle "marche pacifique" de l'opposition traditionnelle le 19 à Lomé.

- 17: Faure Gnassingbé rencontre à Abuja le Nigérian Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'UA, qui réitère l'exigence d'élections "libres et transparentes".

- 18: Levée de l'interdiction de manifester.

- Conseil des ministres extraordinaire.

- Faure Gnassingbé annonce qu'une élection présidentielle sera organisée au Togo dans 60 jours et indiqué qu'il continuerait à exercer "provisoirement les fonctions de président de la République".


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De père en fils, le régime des Gnassingbé, ce clan qui a pris en otage le peuple togolais, n’a pas changé. Ni dans sa nature, ni dans ses méthodes de conservation du pouvoir à tout prix. Et pourtant, au lendemain du décès d’Eyadéma, suivi quelques heures plus tard de l’installation de Faure Gnassingbé au pouvoir par un quarteron d’officiers, et surtout après la parenthèse de sang de 2005, un brin d’espoir était né auprès d’une frange de la population. A raison, étant donné l’extrême jeunesse du successeur du vieux dictateur au pouvoir et plus encore de son discours sur sa volonté de trancher avec l’ère ancienne.


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