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RFI - 14/02/2005 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo: Le pouvoir est au pied du mur


Après les manifestations du 12 février durement réprimées par les forces de l’ordre, les partis de l’opposition maintiennent la pression en relançant un mot d’ordre de «Togo mort» pour la journée du 14 février. Sur le plan international, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) exige du gouvernement togolais des réponses rapides à ses injonctions.


Les partis de l’opposition au Togo n’en démordent pas ; ils veulent faire reculer le pouvoir du RPT (Rassemblement du peuple togolais), parti présidentiel, sur les choix anticonstitutionnels qui ont conduit le fils du général président défunt Gnassingbé Eyadéma au pouvoir. En hommage aux trois personnes tuées par les forces de l’ordre, lors de la manifestation du 12 février, ils ont lancé un nouveau mot d’ordre d’une journée de «Togo mort». Contrairement aux deux premières journées de grève, les 8 et 9 février, celle-ci semble être mieux suivie. Mais une nouvelle victime est à déplorer, abattue par des gendarmes. Selon le ministre de l'Intérieur, les gendarmes encerclés par des manifestants auraient cherché à se dégager en faisant usage de leurs armes et tuant un des manifestants. En tout cas dans les quartiers de Bè et de Dékon, les services et commerces sont restés fermés. Ailleurs dans Lomé les activités sont restées timides. Le mot d’ordre est diversement suivi.

Cette contestation intérieure trouve un écho favorable auprès de la communauté internationale qui exige un retour rapide à la légalité constitutionnelle au Togo et refuse de reconnaître le nouveau pouvoir en place à Lomé. La Cedeao qui est le chef de file de cette ligne intransigeante avait reçu au Niger, le 11 février, une délégation du gouvernement conduite par Koffi Sama, le Premier ministre à qui a été remis les exigences de l’organisation. De retour à Lomé, la délégation a communiqué au président contesté les injonctions de la Cedeao, appuyée par l’Union africaine et l’Union européenne. La Cedeao attend une réponse rapide au plus tard le 15 février pour envisager éventuellement de prendre des sanctions contre le régime de Lomé, précise un communiqué du secrétariat général de cette organisation à Abuja au Nigeria.

« La Cedeao a décidé, nous allons voir la possibilité de faire ce que la Cedeao demande » , a déclaré le général Seyi Mémène, le président de la Commission de Défense de l’Assemblée nationale togolaise, à la tête d’une délégation gouvernementale togolaise reçue le 14 février par le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. La délégation togolaise était composée du ministre des Affaires étrangères, Kokou Tozoun et du chef d’état-major de la marine, le colonel Adegnon Fogan. Le général Seyi Mémène a déclaré à la presse qu’il était porteur d’un message verbal de Faure Gnassingbé et qu’il était aussi venu recueillir « des conseils d’un chef d’Etat avisé qui connaît parfaitement les problèmes du Togo ».

La Cedeao demande un retour à l’ordre constitutionnel avant la révision expresse qui offre la présidence de la République au fils du président défunt. Elle tient à l’organisation d’un intérim présidentiel légal qui devrait déboucher sur une élection présidentielle transparente. En cas de refus des autorités togolaises, la Cedeao se réserve le droit de déclencher des mesures de sanctions fermes. Pour l’UA, « la seule issue pour la paix et la stabilité au Togo réside dans le retour à la légalité constitutionnelle », précise un communiqué de l’organisation panafricaine qui déplore également la répression policière qui a fait trois morts lors de la manifestation du 12 février à Lomé.

De nombreux mouvements associatifs sont apparus en Europe, dont les plus actifs, le Comité de vigilance pour la démocratie au Togo, ou Initiative 150, (la coalition contre le coup d’Etat au Togo), organisent des manifestations dans les grandes villes françaises et européennes. Un site internet « letogolais.com » relaie également toutes les informations concernant

Didier Samson
Article publié le 14/02/2005

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