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LETOGOLAIS.COM - 15/02/2005 Imprimer | Envoyer | Réagir

La ligue togolaise des droits de l’homme


Les nouveaux habits d’un bastion de la liberté.

« Togo, Etat de terreur », « pays du culte de l’impunité », « Togo, règne de la répression », les institutions internationales rivalisent de créativité pour restituer l’état lamentable dans lequel se trouve aujourd’hui le pays en matière de respect des droits humains. La constance du travail des membres de la ligue togolaise des droits de l’homme dans un tel décor n’en prend que plus d’ampleur…

Par Franck Ekon

Préserver sa crédibilité, maintenir la cohérence de son discours dans la durée et surtout avoir la capacité de résister aux sirènes du dictateur Eyadéma, sont généralement des paramètres décisifs dans la vie des associations au Togo. Depuis les années 1990 où la libéralisation du paysage associatif a été arrachée au forceps au pouvoir, nombre de regroupements ont vu le jour dans le pays, certes avec des objectifs variés, mais sûrement avec le même zèle à occuper un environnement longtemps verrouillé par le régime. Avec le recul et l’expérience des péripéties successives du processus de démocratisation à la togolaise, l’enthousiasme des premiers jours a fait place à la lassitude pour les uns mais malheureusement au retournement de veste pour les autres.

La Ligue togolaise des droits de l’homme a, de son côté, poursuivi son petit bonhomme de chemin. Alternant l’extrême motivation de ses débuts avec des périodes de passage à vide consécutives au durcissement de la hargne répressive de la dictature dans les années 1993-1994, la LTDH a su conserver l’aura et le crédit de moralité qui en font aujourd’hui l’institution de défense des droits de l’homme la plus écoutée et la plus active dans le pays.
Le 4 octobre 2003, lors de son assemblée générale, la tonalité du discours rappelait à quelques nostalgiques les temps forts de la mobilisation de juillet 1990, date de création de la ligue. « Il faut renforcer l’engagement de la Ligue aux côtés des victimes des violations des droits de l’homme et œuvrer plus que jamais à la construction de l’Etat de droit au Togo », affirmait alors Akwei Adoté Ghandi, le nouveau président de la LTDH en prenant soin de mettre l’accent sur les incontestables reculades du Togo en matière des droits de l’homme.
« Les droits de l’homme se portent très mal au Togo et confinent à la terreur surtout en période électorale », précisait M. Akwei qui compte bien mettre ses vingt ans de militantisme syndicaliste à profit pour insuffler une nouvelle énergie à la ligue.

Longtemps minée par des querelles intestines générées par les fortes personnalités qui la composaient, la LTDH s’est progressivement dotée d’une ligne de conduite pragmatique, consolidée par les différentes équipes dirigeantes qu’elle a connues. De Joseph Koffigoh à Me Koffimessa Devotsu en passant par Me Jean Dégli, le parcours de la LTDH a connu des fortunes diverses allant des moments durs de la clandestinité de ses responsables à des jours de confrontation ouverte avec un pouvoir qui n’hésite pas à l’occasion à pourchasser ses membres. Face au Président Eyadéma et à ses collaborateurs qui ont réfuté jusqu’à son droit à l’existence, la LTDH a invariablement trouvé la réponse : raffermir la cohésion de ses membres et s’en tenir à la précision de la « feuille de route » telle que définie dès le départ. C’est certainement en cette recette que les animateurs de la ligue ont puisé la motivation pour transcender les difficultés inhérentes à la vie des associations au Togo.
Mais au-delà de ce facteur, c’est également dans le démarcage vis-à-vis du spectacle affligeant que donne aujourd’hui la Commission nationale des droits de l’homme( CNDH), qu’il faut rechercher les raisons du statut actuel de la ligue.
Alors que, sous l’effet conjugué des pressions de la dictature et du noyautage de son bureau par des membres du Rassemblement du peuple togolais(RPT) la CNDH se métamorphosait en aile marchante du parti au pouvoir, la LTDH s’employait à exorciser les démons de la division interne à défendre les victimes des abus du régime et à promouvoir réellement les droits de l’homme dans le pays.

1999 a pu fournir une vibrante illustration du fossé qui sépare désormais ces deux organisations : pendant que la LTDH se penchait sérieusement sur les rapports d’Amnesty international et de la FIDH, la CNDH se livrait de son côté à une glorification du pouvoir, prenant même publiquement position à deux reprises pour condamner des ONG internationales dont la crédibilité à travers le monde n’est plus à faire. Ce n’est donc pas un hasard si cette descente aux enfers de la CNDH a contextuellement coïncidé avec le mépris par lequel ses sorties sont désormais traitées. Dans cette comparaison de parcours, si le travail et la logique de la préservation de l’intégrité ont payé d’un côté, de l’autre on doit se résoudre à admettre la déliquescence dans laquelle les choses sont actuellement. A preuve, si le pouvoir continue à harceler les membres de la Ligue et à dénoncer ses rapports comme « mensongers et diffamatoires », il ne se cache même plus de ses étroites accointances avec les membres de la CNDH dont la nomination doit être soumise au vote d’une assemblée nationale exclusivement composée des suppôts du pouvoir !

Aujourd’hui, dans un environnement de démobilisation généralisée, les responsables de la ligue redonnent de la voix et rappellent que le chantier de la défense des droits de l’homme est loin d’être achevé ; si on se souvient que c’est principalement à l’instigation de certains de ses fondateurs que les jeunes togolais ont porté les premiers coups à la dictature, on comprend mieux la fièvre qui s’empare du pouvoir dès que la LTDH sort le bout de son nez. La stature actuelle de la ligue ainsi que les nouveaux défis envisagés en fonction du durcissement de la répression dans le pays constitueront-ils des vêtements trop grands pour elle ? Même si cette préoccupation fait sourire ses responsables, c’est de la qualité et de l’efficience des actions futures que dépendra la réponse à cette question.

La rédaction letogolais.com

Publié le 06/01/2004

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