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LETOGOLAIS.COM - 23/06/2003 Imprimer | Envoyer | Réagir

Une culture de la médiocrité....


La déliquescence de l’instruction et de l’éducation en général ne laisse personne insensible. Et pourtant certains ont raison de s’y complaire. Le plus douloureux est le chassé-croisé des parents, décidés à faire passer leurs enfants en classe supérieure, même s’ils ont des résultats passables.

Véritable système implanté depuis quelques-années dans le pays, la parade est devenue au fil du temps réglementaire… Norbert a été admis au cours moyen après 2 ans de classe inférieure. N’ayant pas pu obtenir le certificat d’études du premier degré (CEPD), il a été autorisé à entrer en sixième, l’année suivante ; il va donc préparer en même temps le passage en cinquième et le CEPD, c’est ce qu’on appelle « faire la septième ». Mais il n’a jamais pu obtenir le CEPD ni entrer en cinquième. Aujourd’hui, il apprend la maçonnerie. Roger a suivi, à quelques nuances près, le même parcours. Beaucoup plus chanceux, sans son CEPD, il est quand même entré en cinquième. C’est donc en deuxième année du secondaire qu’il va préparer le diplôme qu’il aurait dû obtenir deux ans plus tôt ! Ces ‘‘Norbert’’ et ces ‘‘Roger’’ abondent. Si pour certains l’aventure prend fin subitement, en cours de route, par manque de moyens –au sens large du terme–, d’autres arrivent à entretenir ce passe-passe jusqu’à la fin de leurs études secondaires. Aujourd’hui, il est possible d’entrer en seconde sans le brevet d’études du premier cycle, comme il est également possible de se présenter au baccalauréat (deuxième partie) sans avoir obtenu le probatoire (baccalauréat première partie). Pourquoi discréditer alors les enseignants ? Pourquoi les tient-on responsables de la baisse de niveau et plus savamment de la “secondarisation’’ des études universitaires et de la “primarisation’’ des études secondaires ?

Relever le niveau de l’éducation, c’est mettre fin aux institutions de dernière heure qui servent de fondement à la culture de la médiocrité. En définitive, on ne peut relever le niveau de l’éducation sans démanteler le réseau du passe-droit qui tend à se régulariser et à excepter le parcours ordinaire qui consiste à ne passer en classe supérieure qu’après un succès dans la classe inférieure. A vaincre sans coup férir, on triomphe…

La rédaction letogolais.com

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